Coraline
le 16/06/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Un univers qui étonne par sa beauté lugubre, entre féérie et angoisses.
Film américain d'animation fantastique, de Henry Selick
Avec : Dakota Fanning, Teri Hatcher, Jennifer =aunders
Date de sortie : 10 juin 2009
Distribué par : Universal Pictures International France
Pour enfants à partir de 10 ans
Durée : 1h40
Synopsis :
Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien... mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère est pleinement disponible, son Autre Père prend la peine de lui mitonner des plats exquis, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s'entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d'élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais ce rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l'Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d'imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie Famille...
Critique : Allez le voir avec de la joie au coeur : pour les enfants et les plus grands enfants téméraires !
Henri Selick, ami de Tim Burton avec lequel il partage les mêmes goûts, signe une perle noire de l'animation sur laquelle il a passé quatre ans : deux ans de préparation et 18 mois de tournage. Toutefois, il se place à la suite de nombreuses autres adaptations de Coraline, au départ un conte pour enfant de Neil Gaiman (2003) : un court-métrage, un spectacle de marionnettes et une comédie musicale. De plus, il ne dévie pas vraiment de son domaine spécialisé, l'animation confrontée à la réalité. Ces dernières années, il a réalisé deux films qui sont passés inaperçus, James et la pêche géante et Monkeybone, mais il vise juste avec Coraline en impressionnant par son utilisation habile de la technique stop motion (image par image, sa technique préférée) en 3D.
Coraline est une jeune adolescente qui découvre une réalité parallèle en passant par une porte secrète de sa nouvelle maison. L'intrigue aurait certes pu être plus originale, car elle suit la trame d'un conte classique et reprend la même ambiance étrange et à donner la chair de poule que l'on trouvait dans ses précédents films. Cette fable sur le fossé entre les générations ne manque pas de charme malgré son rythme un peu lent qui porte à la rêverie.
L'innovation vient surtout de l'utilisation brillante de l'artisanat et de la haute technologie
L'expressivité étonnante des personnages, avec des yeux cousus en boutons, les rend attrayants : ce sont des figurines en silicone, mousse de latex et résine montées sur des armatures métalliques très bien travaillées. La fabrication de la moindre figurine mobilisait 10 personnes durant 3 à 4 mois... Le visage de Coraline peut accomplir très exactement 207 =33 mouvements et le personnage de Coraline a été décliné en 28 figurines de tailles diverses, dont la plus grande mesurait 24 centimètres ! C'est elle, la gentille ado sympathique et débrouillarde, doit faire face à ses parents trop occupés dans le vrai monde et la mère qui devient comme Cruella d'enfer dans l'autre monde. Tout comme la jeune fille délaissée dans Le jardin secret, elle découvre un nouveau monde par une petite porte, un monde où tout est transfiguré. Les lys du jardin sont des dés à coudre en silicone, retournés et peints à la main ! Le tout reste un peu trop cliché et manichéen puisqu'il met en évidence la famille américaine dysfonctionnelle, un thème déjà trop traité au cinéma.
Cependant, l'aspect visuel superbe et spectaculaire (la maison de l'autre monde, qui ressemble au manoir hanté de La famille Addams) en fait une sorte de cauchemar merveilleux dans lequel certains aimeraient vivre longtemps, sinon toujours. Le pacte qu'elle conclut avec sa méchante mère fait penser à une scène du Labyrinthe avec David Bowie qui disparaît après avoir proposé un pacte diabolique.
Fourmillant de références psy, comme le tunnel utérin, il offre une interprétation à plusieurs niveaux qui séduit parents comme enfants et réalise un des plus grands fantasmes de l'enfance : changer de parents ! On peut voir Coraline comme un film pour enfants dont la noirceur étonne et qui prend sa place à côté d'Alice au pays des merveilles et Le voyage de Chihiro. Ce divertissement plein de magie transporte de surprise en surprise en étonnant sans cesse. Les amateurs de « gothique acidulé » comme on le voit dans Beetlejuice et Les noces funèbres de Tim Burton par exemple, où l'humour se mêle au macabre, reconnaîtront la réalisation la plus aboutie de Selick, quinze ans après L'étrange Noël de M. Jack. Attention, quelques scènes assez traumatisantes risquent de ne pas convenir aux moins de 8 ans, et le film ne se destine qu'aux enfants les plus téméraires.
Note : ![]()
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