Hôtel Woodstock
le 22/10/2009 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Une manière réaliste et originale de replonger dans l'atmosphère du concert de Woodstock de 1969 en envisageant les problèmes de logistique.
Hôtel Woodstock, Etats-Unis, 2009, 2h00
Titre original : Taking Woodstock
Comédie dramatique, de Ang Lee
Avec Emile Hirsch, Demetri Martin, Liev Schreiber
Date de sortie cinéma : 23 septembre 2009
Distribué par : Universal Pictures International France
Synopsis:
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
Critique :
Ang Lee, le réalisateur du très apprécié "Le secret de Brokeback mountain" filme le bonheur que l'on vit loin des autres, dans la montagne, mais aussi le bonheur que l'on vit toujours à l'écart de la société qui n'approuve pas toujours la philosophie peace and love, mais en même temps, il sait filmer le bonheur que l'on peut vivre dans la frénésie de la foule, comme dans ce film. Les deux films se complètent donc et se répondent.
"Hôtel Woodstock" est une oeuvre qui présente une petite histoire dans l'Histoire, en réussissant à nous faire replonger dans cette ambiance trouble d'un événement musical et social majeur de 1969, en abordant un angle intéressant, pas tant l'angle culturel de la drogue, du mouvement hippie et de la musique que celui des problèmes de logistique causés par ce grand phénomène de foire qu'a été Woodstock, le "sinistre", comme on l'a appelé.
En ce sens, ce film volontairement réaliste, qui ne jette pas de poudre aux yeux, illustre bien la fatigue, les désagréments et la pollution de la foule, cette marée humaine qui fait des ravages et puis s'en va, comme on le fait depuis des millénaires partout sur la planète, avec des moments plus intenses comme celui-là.
Cet événement, on le comprend en voyant le film, a changé à jamais la vie des organisateurs par les efforts déployés pour accueillir tout le monde bon gré mal gré, alors que le concert lui-même leur a peut-être passé sur le dos comme de l'eau sur le dos d'un canard. Cette foule jeune, inconsciente (qui rappellera peut-être à certains spectateurs leur jeunesse insouciante) et droguée, ne faisait attention à rien, ni au futur, ni à ce qu'elle laissait derrière, mais ces jeunes des années 1960 ont tout de même changé le monde par leur révolution, et l'apothéose fut sans doute Woodstock.
A un certain moment, il y a intrusion du fantastique par un effet visuel détonnant, le seul de tout le film, la vague dans la foule - ce petit moment intéressant passé, le reste est surtout le récit d'une catastrophe humaine et écologique. Toutefois, il s'agit d'une catastrophe que l'on montre avec humour, le documentaire se teintant alors de comédie zen et cool et pourtant réaliste, faisant sourire en illustrant ces "lendemains de veille" si humains.
Le manque de punch dans l'intrigue reste tout de même assez flagrant, que ce soit dans la tentative d'analyse de la relation entre le jeune homosexuel et ses parents, conservateurs, à demi-morts, ou dans l'analyse de l'amour libre, des effets de la drogue, le portrait du jeune homme perturbé revenu du Vietnam qui retrouve la joie de vivre dans ce déchaînement de passion et de vulgarité occasionnelle (les bains de boue, etc.) Tout ce qui aurait pu être intéressant reste survolé d'une manière trop superficielle pour être convaincante, on a filmé la foule plutôt que l'humain d'une façon assez tiédasse, et cela, même pour les concerts de musique que l'on ne voit jamais, qui ne sont qu'un vague écho de quelque chose qui se passe plus loin, et le récit d'un trip d'acide, trop mielleux.
L'interprétation, de la même manière assez molle, laisse à désirer, sauf celle d'Emile Hirsch que l'on retrouve avec plaisir après "Into the wild", et d'Imelda Staunton, sa mère Russe et caractérielle.
"Hôtel Woodstock", s'il propose bien une belle vue d'ensemble du phénomène, comporte toutefois des scènes d'une longueur interminable : cela devient une sorte de documentaire décousu parce qu'il n'a pas vraiment de fil conducteur précis, et pourtant, cela devait être une prétendue oeuvre de fiction. Les amateurs de musique et du mouvement peace and love pourront tout de même pardonner ces lacunes et ajouter ce film à leur collection pour mieux connaître le phénomène selon un point de vue différent.
Note : ![]()
1 commentaire(s)
Je suis d'accord avec toi, avis mitigé pour ce film qui aurait pu être beau visuellement (mais le découpage de l'écran en 4 plans de caméra n'apporte rien finalement...) et qui aurait pu être soit un bel hymne à la tolérance (façon brokeback moutain), soit le récit d'une époque humoristique et historique via un chemin parsemé de rencontres hautes en couleur (façon forrest gump), mais qui au final est tout et rien à la fois et ne laisse pas un souvenir impérissable. Dommage.
par Emilie, le 2009-10-22 20:20:00
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'

