Clones

le 03/11/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Sorte de film de science-fiction au sujet intéressant traité de façon superficielle pour un résultat du style film d’action.

Clones

Clones, Etats-Unis, 2009, 1h25
Titre original : The surrogates
Science-fiction, de Jonathan Mostow
Avec : Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike
Date de sortie : 28 octobre 2009
Distribué par : Walt Disney Motion Pictures France

 

 

Synopsis :

Deux agents du FBI enquêtent sur le meurtre mystérieux d'un étudiant, qui semble lié à l'homme qui a contribué à mettre au point une invention qui s'est imposée dans toute la société : les gens peuvent désormais acheter des versions robotisées d'eux-mêmes, des doubles sans défaut qui, commandés à distance, effectuent leurs tâches à leur place et leur permettent de vivre par procuration sans quitter le confort et la sécurité de leur domicile.
Cette révolution technologique soulève beaucoup de questions, dont la première va vite devenir préoccupante : dans un monde d'apparences qui est réel, à qui peut-on faire confiance ?

 

Critique :

Jonathan Mostow, le réalisateur de plusieurs films intéressants et particuliers comme "U-571", "Breakdown" et le moins appréciable (mais moins condamnable) "Terminator 3" a déjà été en meilleure forme. Comme film d'action, sa dernière réalisation, "Clones" passe assez bien, surtout avec les excellents effets spéciaux réalisés par, entre autres, ILM en plus des nombreux rebondissements. Toutefois, le genre principal restait la science-fiction et de ce point de vue, tout laisse à désirer. La mise en scène efficace provoque certes un effet coup de poing en pleine figure, et on aime la tentative de critique sociale. Toutefois, l'aspect clippé, trop beau, trop faux, donne des résultats peu convaincants. 

 

Cette critique sociale devient acide : on pointe du doigt la société où les apparences prévalent, mais cela ne nous apprend rien de nouveau. Oui, on le savait déjà, tout le monde voudrait être plus beau, plus jeune et en sécurité. Comme dans le film "Le cobaye" (1991), où un savant utilisait un simple d'esprit pour le rendre plus intelligent, on veut devenir meilleur grâce à la technologie. "Clones" a des relents des années 1990, tant sur le plan du thème traité que sur un plan visuel.


Le principal problème de "Clones", c'est qu'il reprend un sujet déjà trop traité en prenant à l'assaut des portes défoncées. Il part sur une idée qui n'est pas très originale : la technologie qui prend trop de place dans nos vies. Le sujet a été disséqué et recraché mille fois. En plus, le film a le mauvais goût de finir d'une façon improbable, trop facilement. Dans l'ensemble, on ne marche pas dans ce scénario tordu, avec plein d'incohérences, qui bifurque dans tous les sens et pose la question lassante "qui est qui ?". En plus, il est impossible d'adhérer à ce scénario car on pense aux conséquences pratiques d'un point de vue logistique. Comment imaginer que chaque être humain d'une grande ville puisse vivre enfermé pendant que son clone sort ? Cette question très importante ne semble pas du tout préoccuper le réalisateur, qui s'est surtout concentré sur la mise en scène et les effets visuels.


En revanche, le scénario rajoute un sous-thème parfaitement humain, ce qui lui donne une once de crédibilité en réussissant à nous intéresser vaguement : la perte d'un enfant. Mais cela n'a pas non plus le mérite de l'originalité. Ce scénario se contente de suivre le modèle cliché du gros film d'action : "on sauve l'humanité - on part à la recherche des méchants - on arrête tout à la dernière seconde - c'est une nouvelle vie qui commence sur les ruines de l'ancienne, une nouvelle humanité." De quoi faire penser aux spectateurs qu'ils ont déjà vu cela quelque part...

Du point de vue interprétation, Bruce Willis confirme son talent (assez limité dans le genre) pour des rôles qui nécessitent une volonté d'opposition à la manière du "héros contre le monde, qui doit agir le plus rapidement possible pour ne pas que l'on disparaisse tous". Il s'agit d'action plus que d'introspection, et il ne se renouvelle pas vraiment en répétant ses performances de la série "Piège de cristal" par exemple. En tout cas, il reste moins convaincant que Will Smith dans "Je suis une légende" ou même Tom Cruise dans "La guerre des mondes", qui ont au moins l'allure d'hommes qui se sentent seuls au monde, déboussolés. Les autres acteurs du film, désincarnés, semblent sous-employés, il est presque gênant de constater que Radha Mitchell, Ving Rhame et surtout James Cromwell en sont réduits à des rôles secondaires sans relief.


En bref, toutes les idées intéressantes, comme celle d'un monde où la criminalité a disparu, ne sont pas assez exploitées. Les dialogues minimalistes sont ceux d'une série B, ce qui n'arrange rien. Si l'on compare avec la BD "Clones" de Robert Venditti, on constate que les écarts sont importants et ce n'est pas à l'avantage du film. Dans la BD par exemple, on voit un futur noir, impressionnant et sinistre ; dans le film, le futur est propre, trop parfait et artificiel, ce n'est pas ce que l'on a besoin de voir. De plus, le crime est plus subtil dans la BD car personne n'avait été tué, ce qui ajoutait du mystère. Là, on a droit à la totale, des cadavres grotesques avec les yeux qui pleurent du sang. Ces scènes de victimes sont à peu près tout ce qui impressionne dans le film, en plus des êtres humains qui vivent à l'écart dans des réserves, résistant à la technologie, comme des sortes de Mormons du futur. Mais les personnages manquent de personnalité et sont mal définis : si au moins ils avaient eu le mystère des personnages dans « The matrix », si on avait trouvé un autre Morpheus entraînant, tout aurait été différent.


Vivre par procuration, un vaste sujet qui offrait des possibilités infinies... Et pourtant, "Clones" ne choque pas et sera vite oublié, contrairement à "District 9". Il ne propose pas de réflexion vraiment dérangeante, comme dans "Blindness". En somme, un film d'action efficace mais sans grande profondeur, au style visuel qui fait songer vaguement à "I, robot", dans lequel on n'y trouve pas une immersion dans le cauchemar de la société des apparences : on n'est ni agréablement, ni horriblement surpris, seulement légèrement diverti.

 

Note :

 


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