The Box
le 10/11/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une œuvre de science-fiction inquiétante, thriller glaçant le sang avec une intrigue densifiée par la réflexion philosophique.
The box, Etats-Unis, 2009, 1h55
Science-fiction, thriller, de Richard Kelly
Avec : Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella...
Date de sortie : 04 novembre 2009Distribué par : Wild Bunch Distribution
Synopsis :
Norma et son époux mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient 1 000 000 $, mais cela entraînerait la mort d'un inconnu...
Critique :
"The box", nous offre la chance de voir un film de science-fiction avec beaucoup d'ambition, et peut-être même un peu trop, ce qui le rend assez chargé. Comme thriller de science-fiction, il est encore plus réaliste et dérangeant que ce que l'on a pu voir cette année, et pourtant, décidément, le film de science-fiction qui tourne à la satire sociale en dénonçant les travers de notre société à la dérive fait fureur, comme on a pu le voir avec "District 9" et "Clones".
Richard Kelly, le réalisateur du très inquiétant "Donnie Darko", un film en même temps humain et sympathique, adapte une nouvelle fantastique de l'écrivain très prolifique Richard Matheson : il s'agit d'une nouvelle de 1970, "Button, Button", que l'on a utlisée pour un épisode de "La Quatrième dimension" dans les années 1980.
Ce film de science-fiction grandiose, glacé et phénoménal, répond bien à l'objectif d'un film futuriste : faire réfléchir sur le devenir de l'être humain, et quelle réflexion ! La mise en scène, assez classique, s'avère appropriée pour ce type de scénario qui diffuse un message profond et philosophique. Ce qui est intéressant, c'est que l'on part du domaine familial, intimiste, que l'on reste modeste en proposant des décors de famille moyenne, dans une ville moyenne américaine, pour en arriver à une leçon qui touche à toute la race humaine, avec des images évoquant le film "Stargate" de traversée entre deux mondes. Même s'il semble typiquement américain, comme la série "La Quatrième dimension" justement, où malgré les sujets très diversifiés et tournés vers l'au-delà, l'on ne dépassait jamais les limites de la petite ville américaine typique, "The box" propose une réflexion philosophique à la Jean-Paul Sartre, et l'on apprécie la touche à la française lorsque des propos de "Huis clos"", la pièce existentialiste que l'on traduit en anglais par "No exit" (un message que les personnages voient s'afficher sur la vitre de leur voiture, glacée), sont remis au devant de la scène. En effet, il y a deux façons d'entrer dans la dernière pièce, libre ou pas libre. Apparemment, ces deux-là ne seront jamais libres après avoir appuyé sur ledit bouton...
Surtout, ce qu'on a compris, car Norma l'enseigne à ses élèves, c'est que l'enfer, c'est les autres. Mais le film pose surtout la question problématique de l'individualisme - même si l'enfer, c'est les autres, penser seulement à soi et à sa petite famille devient aussi un enfer aux conséquences graves. Il pose la question du lien que l'on a avec les gens que l'on ne connait pas et s'interroge aussi pour savoir si l'on connait vraiment les gens... Eh non...
Les personnages, même les personnages secondaires, ont du relief et de la profondeur. La performance de Cameron Diaz nous fait encore plus apprécier son talent si l'on voit de quelle façon elle sait interpréter tous les rôles et passer d'un genre à l'autre quand on l'a vue dans "The mask" et "There's something about Mary", deux comédies déjantées. Ici, elle campe une femme de 35 ans, handicapée et qui boîte à cause de son pied suite à une erreur médicale : la question de la vie avec un handicap se pose également, ajoutant une épaisseur supplémentaire à l'intrigue.
Si les personnages présentés sont des gens moyens, le film les montre toutefois dans toute leur complexité. Frank Langella étonne et met mal à l'aise en jouant le rôle d'un homme qui a été frappé par la foudre, revenu pour une étrange mission, un personnage tout à fait énigmatique, à peine humain. Il rappelle par son attitude glacée sont rôle de Dracula dans le "Dracula" de John Badham en 1979. Toutefois, il est vrai que cette histoire est un peu embrouillée et peu crédible : comment peut-on vraiment vivre avec la moitié du visage manquante, arrachée par la foudre ? La tendance de ce film à en faire un peu trop devient plus évidente. Le film pourrait aussi ne pas plaire à ceux qui cherchent plus d'action et moins de philosophie, qu'ils trouveront dans "Clones".
Le film n'est pas du genre "vite emballé", il prend tout son temps pour arriver à une fin qui est heureusement encore mieux que ce que l'on espérait : une fin époustouflante et tout à fait originale. Malgré ses superbes effets spéciaux, son intrigue serrée et intelligente, ses personnages bien définis, "The box" pourrait perdre quelques esprits moins attentifs en chemin, parce que ce film emprunte de trop nombreux chemins. Mais pour ceux qui arriveront à suivre, il est vrai que cette histoire glace le sang dans les veines. Non, nous on ne ferait jamais ça, évidemment...
Note : ![]()
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