Micmacs à Tire-Larigot
le 10/11/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Plongée dans un univers qui réveille notre âme d'enfant par sa poésie et ses inventions, superbe visuellement mais dont la recette intrigue/personnages n'est pas au point...
Micmacs à Tire-Larigot, France, 2009, 1h44
Comédie de Jean-Pierre Jeunet
Avec : Dany Boon, André Dussollier, Nicolas Marié...
Date de sortie : 28 octobre 2009
Distribué par : Warner Bros France
Synopsis :
Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...
Critique :
Dans "Micmacs à tire-larigot", on retrouve tous les éléments-clés du cinéma de Jeunet qui fait des films tout à fait personnels, en ne se préoccupant pas de ressembler aux autres (surtout pas), à la manière de Tim Burton, en enchantant par sa poésie destinée surtout aux grands qui aiment les films ressemblant à des films pour enfants. La réunion joyeuse de tout ce qu'aime Jeunet, comme les belles couleurs sombres et jaunes, les personnages particuliers, les décors bricolés font que l'on ne peut s'empêcher d'être attiré et de se dire qu'on voudra toujours voir les films de Jeunet, tant qu'il en fera, même si c'est un plaisir un peu coupable.
Comme toujours, il nous offre à voir un autre Paris, un Paris particulier, avec ce même univers visuel riche et complètement original, avec des images bien travaillées selon un filtre de couleurs, même si l'on aimerait qu'il se renouvelle un peu.
Les personnages sont un peu trop rapidement esquissés, et comme ils sont très nombreux, on ne peut les apprécier à leur juste valeur. De plus, quelques moments assez grossiers et lassant ponctuent le film, qui l'éloignent d'un public pour enfants en se destinant aux grands enfants à cause des plaisanteries de mauvais goût, assez lourdes. On aimerait que le film parte un peu plus à l'aventure au lieu de se limiter à une série de micmacs peu crédibles que l'on aura vite oubliés.
De plus, il est regrettable de constater qu'il y a peu de véritable émotion car il s'agit d'une suite d'actions visant à venger la mort du père : cette série d'aventures parait souvent sans but véritable. Les personnages un peu trop caricaturés, comme les méchants, qui sont comme il se doit sans coeur, offrent un portrait sans subtilité : celui d'André Dussolier par exemple. Le casting de rêve avec Dany Boon devrait pourtant permettre au film de décoller mais la sauce ne prend pas. En tout cas, Dany Boon est tout aussi à l'aise avec son rôle de Ch'ti que son rôle de doux simplet et on aperçoit en plus Yolande Moreau, en ayant l'impression de l'avoir trop vite croisée.
Les références cinématographiques montrent à quel point Jeunet aime le cinéma en montrant des extraits de "Casablanca" par exemple ; il enrichit ses films de plusieurs univers comme le fait Tarantino. Il restitue ainsi la nostalgie du cinéma d'antan, mais avec des moyens hi-tech, cela fait toute la différence. Les costumes, les décors des années 1950 sont tout à fait réussis, mais on a trop fait attention à la forme en oubliant le contenu.
Ainsi, "Micmacs à tire-larigots" pose quelques problèmes par son intrigue trop simple, beaucoup plus qu"Un long dimanche de fiançailles" où l'aspect tragique permettait des sentiments humains plus sincères que la surprise et l'amusement de ces micmacs ! Le film est en somme la réplique un peu trop parfaite de "La cité des enfants perdus" avec le même groupe de personnages marginaux. Les décors fascinants renvoient à ceux de "Labyrinthe" ou "Le parfum" où l'architecture artisanale étonne puisqu'on a du mal à imaginer que des êtres humains puissent vraiment vivre là.
Au final, un cadeau surprise, si l'on compare à d'autres films, mais qui s'inscrit bien dans la continuité des films de Jeunet ; un film servi par un scénario léger, un peu trop léger, auquel on pardonne quand même, trop heureux de retrouver un Dany Boon en pleine forme. Et puis le charme qui s'en dégage fait penser à l'atmosphère de village du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain", un charme auquel on ne saurait résister.
Note : ![]()
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