Twilight 2 - Tentation
le 19/11/2009 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !La saga se poursuit en assurant une continuité : mi-film sentimental, mi-film d'action et quelques traces de film de vampires...
Twilight, Etats-Unis, 2009, 2h10
Aventure fantastique/Romance de Chris Weitz
Avec : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner
Date de sortie : 18 novembre 2009
Distribué par : SND
Synopsis :
"Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé." Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prends des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l'ambigüité des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre..."
Critique :
"Twilight 2" dont le sous-titre pourrait être "ce que le coca light est au coca classique : même goût mais en plus sucré quand l'essentiel manque", a au moins l'avantage, s'il n'est pas fidèle à la mythologie du vampire, de suivre fidèlement la trame du livre de Meyer. Le changement de réalisateur du premier opus (Catherine Hardwicke) au deuxième, ne se remarque même pas. C'est Chris Weitz qui a pris en mains le projet avec brio, après avoir été le producteur du film pour ados "Une nuit à New York" en 2009 (amusant dans le genre) et le réalisateur du très sympathique "A la croisée des mondes - la boussole d'or" en 2007. En tout cas, le problème ne vient pas du choix du réalisateur puisque le projet était dans ses cordes : "Twilight" est justement un film pour ados vaguement sombre.
Sirupeux, le film l'est, car il se déroule surtout autour d'une histoire sentimentale où l'on aborde de façon plus ou moins détournée des problèmes de couple que les humains ont avec les vampires, qui ressemblent étrangement à ceux qu'ont les humains avec les humains, comme la peur de l'engagement, celle de décevoir l'autre, le rejet, l'impossibilité de vivre ensemble dans la durée, la jalousie, le doute sur ses sentiments, les problèmes qu'on a avec la belle-famille, etc. Par accident, l'un des fiancés est un vampire, un beau mec au visage étoilé sous le soleil (d'un romantisme à pleurer) : ce n'est pas l'élément central du récit mais plutôt un de ses sous-thèmes noyé dans le kitsch. L'autre sous-thème serait le contrôle que l'on a sur soi-même en exposant les réactions disproportionnées des vampires et des loups-garous et leurs conséquences irréparables.
L'exploit de "Twilight 2" est d'avoir réussi à créer un produit 100% édulcoré sans aucune subtilité, auquel on a retiré LA PEUR pour plaire à un public d'adolescents, un élément qui devait être le moteur principal du film de vampires, du moins le croyait-on. L'évolution du film de vampires de 1922 avec le « Nosferatu » de Murnau jusqu'à... cela semble donc stupéfiante !
L'intensité dramatique presque nulle n'arrange rien à l'affaire : tout cela est aussi dramatique que de se rendre compte qu'il pleut en sortant de chez-soi et qu'il faut ouvrir le parapluie, bien que ce point soit amélioré vers la fin quand il se passe enfin quelque chose. Les ancêtres vampires, qui font vaguement penser à toute l'histoire de la famille des vampires inventée par Anne Rice, donnent un peu de consistance au film mais ces vieux vampires ont l'air de frimeurs trop maquillés comme les poseurs de la cour au 17ème siècle et il est difficile de croire qu'ils aient à affronter l'éternité.
En bref, "Twilight 2", tout comme le premier, se présente comme l'apothéose du cheesy en matière de film de vampires ; les dialogues à l'eau de rose avec le mot "âme" sont vraiment tirés directement d'une oeuvre littéraire de supermarché. Et pourtant, l'interprétation intéressante de Kristen Stewart n'est pas à blâmer, elle se débrouille bien dans les scènes d'amour comme d'action, en ayant le don de passer partout facilement, comme une adolescente typique mais à la différence qu'elle est amoureuse d'un vampire. De plus, on a le plaisir de revoir Dakota Fanning en petite fille vampire et pourtant très mature et décidée, qui, si elle n'égale pas Kirsten Dunst dans "Entretien avec un vampire" a beaucoup de charme et fait une belle surprise trop vite entrevue à la fin. Etrangement, elle est la seule du groupe de vampires qui ne donne pas envie de rire et se moquer.
Comme avec les regrettables "Underworld", on en est revenus à la confusion avec tout, les vampires doivent absolument se battre contre d'autres mythes qui lui ressemblent, comme le loup-garou (même chose dans les "Underworld" avec les Vampires et les Lycans), alors que les autres mythes n'ont ni la beauté, ni l'humanité du vampire et que cela fait une énorme différence.
La mise en scène de Weitz, apparemment sans recherche, rend tout un peu délavé mais propice à raconter l'histoire des adolescents - de l'adolescence, faudrait-il dire, une adolescence comme Bella boudeuse, désespérée, trop romantique, suicidaire, incertaine, etc. de sorte que l'on y trouve un portrait véridique de l'adolescence encore plus réussi que dans "L.O.L."
Les nombreux passages à vide dans le scénario font que l'indifférence naît à propos du fait que Bella sauve Edward ou pas - et pour faire quoi, continuer tout le temps à essayer de s'embrasser avec des interruptions, se dire des petits mots mielleux, puis se séparer tragiquement, etc ? Certes, tout le film est placé sous la protection de "Roméo et Juliette" mais tellement dilué que l'histoire a perdu de la saveur. Heureusement, les décors sylvestres sont toujours superbes et montrent un univers presqu'irréel, les beaux jeunes hommes torse nu semblent constituer le point central du film tandis que des clichés énormes se font voir : on a fait passer le vampire pour un séducteur : on le voit arriver dans la high school au ralenti, comme on pourrait le voir dans "Beverly Hills 90210".
Les fans voudront absolument savoir la suite, c'est une réussite pour les adorateurs du roman, mais c'est Bram Stoker qui se retournerait dans sa tombe ! "Twilight 2" manque de finesse et de profondeur, se glorifie d'un scénario à la guimauve et en tant que kitsch vampirique, il surpasse "The rocky horror picture show" avec ses oeillades enflammées, ses baisers contrariés et la demande de mariage à la Jane Austen à la fin. Délivrez-nous du mal !!!
Note : ![]()
1 commentaire(s)
Hum... comment dire ?
Nul votre article
Un brin de jalousie peut etre
Anymway votre avis on s'en fou completement
par Vanessa, le 2009-11-22 21:32:00
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