Avatar (par Josee)
le 01/01/2010 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Du spectaculaire très imaginatif du style "jamais-mais-jamais-vu sur une intrigue trop légère"
Avatar, Etats-Unis, 2009, 2h41
Science-fiction, aventure, de James Cameron
Avec : Sam Worthington, Zoe Saldana et Sigourney Weaver
Date de sortie : 16 décembre 2009
Distribué par : Twentieth Century Fox France
Voir aussi la critique de Meryl
Synopsis :
Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...
Critique :
Certes, il ne s'agit pas du film le plus discret de l'année, mais plutôt celui qui arrive à la fin de l'année comme la cerise sur le sundae, très juteuse en effet, et en plus en 3D. Et pourtant, on peut aussi voir ce film comme une production à la grosse tête, qui ne passe littéralement plus dans la porte, mais à la hauteur de ce que l'on attendait... enfin, d'un certain point de vue, tant que l'on aime le cinéma comme un spectacle visuel avant tout, sans espérer qu'il nous raconte une histoire comme dans les livres. Formidable, gigantesque, "plus que tout", "Avatar", le nouveau film de James Cameron, fait un cadeau de Noël tout à fait réjouissant, on est bien servis. Surenchérissant avec des effets spéciaux magiques du tonnerre faits par la ILM et WETA, le réalisateur a signé le film de sa carrière, après nous avoir fait patienter plus de 10 ans, depuis l'époque de son dernier film "Titanic" (1997). Cette fois aussi, il a su voir grand et viser juste.
Si dans le premier, il avait effectué un retour vers un événement historique du début du XXème siècle, dans "Avatar", il se tourne vers le futur de 2154, un futur qui finalement, n'est pas si lointain, un futur où l'homme et la machine ne feront plus qu'un, ce qui est presque déjà le cas ! En ce sens, "Avatar" pose donc des questions tout à fait pertinentes. Puisque l'on est impressionné à n'en plus finir par ce que l'on voit, comme si on avait ouvert la boîte de Pandora pour y trouver non pas des choses inquiétantes, mais un monde merveilleux indescriptible. On en oublie presque l'intrigue qui devient secondaire tant que le spectacle grandiose se poursuit. "Tout ce qui est dit au lieu d'être montré est perdu pour le spectateur", disait Hitchcock. Car cette intrigue, il faut bien l'avouer, n'est pas beaucoup plus complexe que celle des derniers films de Luc Besson où Arthur visite les Minimoys, sauf que les créatures rencontrées sur la planète Pandora sont beaucoup plus hostiles.
D'autres univers comme celui du "Seigneur des anneaux" proposaient une mythologie plus complexe et plus riche. La technologie arrive aussi à remplacer la magie, mais en faisant cela, elle crée sa propre magie. Les Na'vis, et Jake Sully (le marine) dans son avatar, font la guerre, l'amour, crient, courent partout et volent, mais que peut-on apprendre sur eux ? Les dialogues sont souvent absents, ce qui fait que notre curiosité à propos de ces créatures fascinantes n'est jamais satisfaite, et c'est bien dommage. Quelques spectateurs à l'esprit curieux qui n'étaient pas là pour manger du popcorn et voir un film par année pour s'amuser pourraient se demander si on ne les prend pas pour des idiots.
Evidemment, il y a là une histoire d'amour à faire frissonner (de beaux moments sous l'arbre de la sagesse avec des lianes mauves luminescentes) des moments d'action formidables qui rappellent la guerre avec les créatures hybrides dans "Le seigneur des anneaux - Les deux tours", des histoires touchantes comme celle que vit Jake avec sa créature volante à laquelle il s'unit pour la vie après que celle-ci ait essayé de le tuer, etc. En plus, Cameron, il faut l'avouer, a laissé de côté la violence et le gore outrancier que l'on voit trop souvent, il a parlé du respect de l'environnement, que l'on doit aimer et qui nous le rend en étant superbe et reposant, comme le plus beau des cadeaux : c'est là l'autre question pertinente que son film pose après des films environnementaux de cette année comme "Le syndrome du Titanic" par exemple.
Toutefois, malgré ces bonnes intentions, l'on doit constater qu'il manque un message moral pour l'humanité comme on en trouvait un dans "2012" ; Cameron ne fait que nous dire "aimez-vous les uns les autres", et c'est un peu trop facile, l'on ne peut pas s'en sortir avec cette morale simpliste. L'action d'"Avatar" touche moins que celle de "District 9" par exemple, car tout ce qui s'y passe semble trop loin, pas nécessairement dans le temps mais sur un plan moral - le message qui passe n'est pas assez détaillé pour pouvoir nous toucher, on a l'impression d'être dans un beau film qui a peu à voir avec notre réalité alors que dans "District 9", on se sentait mal à l'aise comme si cela arrivait dans la réalité.
Le film pose aussi, mais de façon détournée", la question du handicap et des rêves de ceux qui doivent vivre avec des limitations, ce qui permet de comprendre Jake et son désir de s'évader de tout cela en "passant de l'autre côté" pour devenir vraiment son avatar.
De plus, les personnages sont caricaturés au maximum, et sans aucune subtilité : "le jeune héros amoureux", "le colonel pas cool et sans humanité, humilié à la fin", "le jeune Na'vi mâle dominant, agressif et borné qui veut tuer Jake sans autre forme de procès", "la responsable de laboratoire caractérielle et méprisante" (Sigouney Weaver que l'on est ravis de retrouver mais dont on voyait mieux la personnalité dans "Ghostbusters" ou "Alien", c'est selon).
L'émotion restait malgré tout plus marquante dans "Titanic", où le drame et la tension s'avéraient insoutenables, ce que l'on ne ressent pas ici malgré l'énergie déployée pour nous impressionner.
Malgré tout, il faut applaudir devant ce mastodonte, puisqu'il s'agit de 2h41 (trop pour les jeunes enfants, "le mieux est l'ennemi du bien") qui passent comme un rêve et nous rappelle ce qu'est le vrai cinéma, un spectacle qu'il vaut le coup de voir en salles. On n'a jamais rien vu de tel, mais c'est surtout de la poudre aux yeux.
Ce space opera d'envergure fait penser, on ne peut s'empêcher de le dire", à un "Star wars" boosté au maximum avec les dernières technologies, aussi dépaysant que "Stargate - la porte des étoiles", mais l'enchantement est assez superficiel, cela ne vaut pas le cadeau de Noël très riche que l'on avait avec "Le seigneur des anneaux" chaque année quand on avait envie de vivre dans ce monde.
Note : ![]()
1 commentaire(s)
Je trouve ce film gégnal 100/100
par Aiboudi, le 2010-01-15 12:09:00
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