Paranormal Activity

le 01/01/2010 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Entre cinéma-vérité horrifique simple et diaboliquement efficace et/ou arnaque honteuse…

Paranormal Activity

Paranormal activity, Etats-Unis, 2009, 1h26
Epouvante-horreur, fantastique, « faux documentaire » de Oren Peli
Avec : Katie Featherston, Micah Sloat, Amber Armstrong
Date de sortie : 02 décembre 2009
Distribué par : Wild Bunch Distribution



Synopsis :

Un jeune couple suspecte leur maison d'être hantée par un esprit démoniaque. Ils décident alors de mettre en place une surveillance vidéo durant leur sommeil afin d'enregistrer les évènements nocturnes dont ils sont les victimes. Les images récupérées de septembre à octobre 2006 ont été montées en un film de 86 minutes, "Paranormal Activity".



Critique :

Poursuivant sur la lancée de [REC], "Paranormal activity" a fait fureur aux Etats-Unis, ce qui laisse songeur : l' « œuvre » mise sur l'idée de faire un film authentiquement maison où l'amateur est roi comme sur youtube, mais sur grand écran. Le problème, c'est qu'il n'y a pas vraiment matière à faire un long métrage avec quelques timides manifestations prétendument anormales. L'essentiel du scénario se résume à quelques claquements de porte, des traces de pas dans de la poudre détectante attrape-fantôme que le super courageux boyfriend ghostbuster a laissée sur le sol (si, si, ce fantôme aussi laisse des traces de pas comme un yéti !) et une scène finale qui, il faut l'avouer, est tout de même renversante, tant qu'on a laissé de côté depuis longtemps la possibilité de crédibilité de cette histoire... à dormir debout !

Enfin, tout dépend du point de vue, "Paranormal activity" n'a pas sa véritable place au panthéon des films d'épouvante dont l'histoire présente des fantômes. Seuls les néophytes (ce qui fait peut-être beaucoup de monde) peuvent être effrayés par cette version très très diluée et pauvre de la série des "Poltergeist" qui nous firent frissonner dans les années 1980, et il est presque gênant de faire la comparaison. Mais ce qui peut intéresser, ce sont les questions détournées que pose l'intrigue, l'histoire de ce couple qui traverse une sorte de crise majeure où le démon devient comme une sorte de troisième personne qui menacerait leur équilibre.

Cette volonté d'amateurisme demeure certes louable : il est captivant de voir ce que l'on peut faire avec peu de moyens et des éléments bien placés. Les effets de surprise au milieu de la mise en scène minimaliste, sans effets spéciaux et avec un nombre réduit de personnages, en plus d'un décor unique (une maison confortable typique qui déploie pour l'occasion tout le bazar de la maison hantée avec des bruits de porte, robinet qui coule, sauf que ce n'en est pas une) ne sont que plus efficaces. Sauf qu'il ne faut pas trop s'y connaître pour vraiment apprécier : pour se laisser prendre, il faut oublier les points de comparaison comme "L'exorciste" (1973) ou "L'exorcisme d'Emily Rose" (2005), à glacer le sang.

Mais quelques moments incluent des tours de force bien imaginés et diaboliquement effrayants, comme la photo dans le grenier, brûlée aux extrémités, montrant la jeune fille dans sa première maison, enfant, une touche de génie qui a de quoi dérider les plus blasés, et pourtant, c'est tout simple.

Tant que l'on n'attend pas une grande histoire avec des effets spéciaux du tonnerre, on peut être séduit par ce film pour ados qui fait peur et qui en revient au cinéma de l'épouvante pure provoquée par ce qui est inquiétant et laisse de côté le gore agressif des horribles slashers movies qui abondent sur nos écrans en laissant de dégoûtantes traînées de sang. Pur et blanc, ce film l'est... Deux fins différentes ont apparemment été imaginées : en France, on voit une fin plus perturbante où le mal a pris le dessus sans que les forces de l'ordre réussissent à le contrôler, et une jeune fille devenue monstruosité donne le coup final. L'autre, la version nord-américaine, présente l'intervention des policiers mais trop tard évidemment. Ainsi, les lettres blanches sur fond noir racontent les derniers "faits troublants". Qu'il y ait vraiment eu intervention du surnaturel comme on voulait le faire croire dans "The Blair witch project", bien plus sombre, il y avait ici une volonté d'originalité par un film direct, hors des normes, qui fait au début rire et progressivement, cause de réels frissons même si l'on veut s'en défendre.

Certes, ce n'est pas un vrai documentaire, l'ensemble comporte de nombreuses répétitions mais le dispositif de caméra de surveillance nous plonge en plein dans l'angoisse des protagonistes, malgré leur interprétation plutôt nulle (c'était probablement le but). En tout cas, on a bien répondu à la question : que se passe-t-il quand on dort ? Somnambulisme, observation angoissée, morbide et agressive de son conjoint, etc. De quoi laisser rêveur... et nous rappeler que, comme expliqué dans "L'exorcisme d'Emily Rose", les miracles arrivent à 3 heures de l'après-midi et les apparitions démoniaques, à 3 heures du matin : de quoi donner envie d'essayer de tester notre maison pour faire aussi un film maison !

Note :


1 commentaire(s)

un film nullisisme; le vrai film de peur c'est l'exorciste les autres une plaisanterie!
par richard, le 2010-03-31 16:40:00

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