In the Air
le 18/01/2010 - par Vince Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !"Make no mistake your relationships are the heaviest components in your life. All those negotiations and arguments and secrets, the compromises. The slower we move the faster we die. Make no mistake, moving is living."
Titre original : Up in the air.
Sortie en France : 27 janvier 2010.
Réalisé par : Jason Reitman (Juno, Thank you for smoking).
Avec : George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick.
Décidément, Jason Reitman aime disséquer les maux dont souffre l'Amérique d'aujourd'hui, reine déchue d'un monde qui peut maintenant vivre sans elle. Après Juno et Thank you for smoking, In the air, même s'il traite beaucoup de philosophie de vie et des relations entre individus, n'est pas sans lancer quelques piques à un système économique au bord du précipice. Explications.
Synopsis
Ryan Bingham, alias George Clooney, quarante ans et quelques, a pour profession de voyager d'un bout à l'autre des États-Unis afin de licencier des employés à la place de leurs véritables patrons, trop peureux pour le faire. Il voyage 90% du temps et n'est donc jamais vraiment chez lui, nulle part. Mais ça ne semble pas le gêner, bien au contraire : il n'a ni femme ni enfant, et n'est que faiblement attaché à sa famille. Son seul vrai "chez lui" est donc là-haut, up in the air. Lorsqu'il ne vire pas les gens, il anime aussi quelques conférences où il expose son choix de vie, sa philosophie, son leitmotiv : ne pas s'attacher aux gens jusqu'au point de ne plus pouvoir les quitter, au risque de ne plus pouvoir bouger. Car pour Ryan, bouger, c'est vivre. Sauf qu'au fur et à mesure des rencontres et des évènements, l'idée qu'il se fait de la vie et des liens affectifs va être entièrement remise en question...
Critique
Ce cher George sait décidément tout faire. Braqueur de haut vol dans la trilogie Ocean's, séducteur invétéré dans Intolérable Cruauté, et même bouseux de fond de panier dans O'brother, Le Sexiest man alive arrive encore et toujours à nous surprendre et signe une prestation magistrale. Mais au delà de la stricte performance d'acteur, il arrive à faire passer avec finesse, légèreté et humour tout ce que le scénario, à la fois simple et riche en idées, veut nous faire comprendre.
Le réalisateur et co-scénariste signe en effet un double exploit en traitant avec brio deux sujets, pourtant bien différents. Le premier, c'est la déroute économique de l'Amérique, et par extension celle de tout l'Occident. Tous ces employés que Ryan Bingham doit virer sont incarnés par des personnes ayant vraiment perdu leur job quelques mois seulement avant le tournage : Le rendu en est aussi touchant qu'authentique. Ce n'est pas du Michael Moore, mais le capitalisme ultra-libéral prend quand même un bon coup de savate. Et l'hypocrisie (à la fois hilarante et scandaleuse) de ces types dont le boulot est de licencier sur commande ne fait qu'en rajouter...
Mais au-delà du portrait plein de détachement et d'autodérision d'un pays à la dérive, Jason Reitman donne une vraie leçon de vie à ce Ryan Bingham, et au spectateur par la même occasion. D'abord sûr de son idée qu'il ne faut pas trop s'attacher aux gens pour pouvoir vivre vraiment, Clooney va lentement être placé devant ses propres contradictions par la force des évènements, mais avec grande finesse, sans que le scénario en devienne lourd et prévisible. Aidé par les jolies prestations d'actrices de Vera Farmiga (Les Infiltrés) et Anna Kendrick, Jason Geitman arrive à donner à son film une portée incroyable, menant le spectateur par le bout du nez vers une fin géniale, intelligente sans être moralisatrice, cohérente sans être prévisible, triste sans l'être vraiment.
Après une année 2009 riche en bon gros navets, il fait bon commencer 2010 de la sorte : un beau film, drôle, touchant et plein de finesse, de la trempe de Whatever works. Dès le 27 janvier, courrez le voir au ciné, car In the air pourrait très bien crever le plafond aux prochains Golden Globes.
Note : 5/5
2 commentaire(s)
Comment vous avez fait pour voir le film alors que l'avant première n'est pas encore programmée? Vous assistez aux projections presse?
par Zac, le 2010-01-19 18:32:00
MAJ : Le film vient de recevoir le Golden Globe 2010 du meilleur scénario, au nez et à la barbe de District 9, Inglourious Basterds ou encore Démineurs. Quant aux prix du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur, attribués à Avatar et J. Cameron, je préfère ne pas en parler...
@ Zac : oui, je suis allé à une projo presse.
par Vince, le 2010-01-20 16:09:00
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