Shutter Island (Par Vince)
le 25/02/2010 - par Vince pour CineQuaNon Il y a 12 commentaires. Réagissez vous aussi !Un thriller dans lequel Martin Scorsese nous prouve une fois encore qu'il est un grand virtuose ! A voir et revoir !
Long-métrage américain. Genre: Thriller psychologique
Réalisé par Martin Scorsese
Adapté du roman de Dennis Lehane
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley
Distribué par Paramount Pictures France
Durée: 2h15 - Sortie en France: 24 février 2010
Note:
" Is it better to live as a monster, or die as a good man? "
Synopsis
Nous sommes en 1954, au large de Boston. Sur le bateau à destination de Shutter Island, deux U.S. Marshalls : Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio) et son nouvel équipier Chuck Aule (Mark Ruffalo). Leur mission, se rendre dans l'hôpital psychiatrique de l'île, où sont internés les plus grands psychopathes meurtriers du pays, et enquêter sur la mystérieuse disparition (comprendre évasion, tant l'hopîtal ressemble à une prison) d'une des patientes. Sauf qu'une fois sur l'île, le personnel soignant et les psychiatres qui dirigent l'établissement sont loin d'être coopératifs et ne font rien pour faire avancer l'enquête. Teddy Daniels, qui n'est pas né de la dernière pluie puisqu'il était présent lors de la prise du camp de Dachau par les alliés, se doute que quelque chose se trame et que tout le monde, y compris les patients, cache un terrible secret.
Alors que nos enquêteurs font de leur mieux pour échapper à l'étroite surveillance des locaux afin de trouver des documents confirmant leur théorie, une terrible tempête s'abat sur l'île et la désorgansation générale va leur permettre de pénétrer dans le bloc C, quartier hautement sécurisé, où les pires psychopathes sont gardés. Parmi eux, de vieux démons du passé trouble de Daniels, qui cache lui aussi un terrible secret...
Critique
On n'en doutait plus, mais il en a quand même remis une couche, au cas où. Après Les Infiltrés, Aviator ou encore Gangs of New York, Martin Scorsese nous prouve encore qu'il est un virtuose. À chaque fois, c'est la même recette, la même empreinte du maître, mais pourtant, il ne se répète jamais. Car il sait adapter son regard de génie à chaque genre auquel il s'attaque. Et son interprétation du thriller psychologique de Dennis Lehane va vous faire cogiter un moment, tant elle est complexe.
Complexe, mais aussi extrêment fluide et cohérente. C'est en cela que réside le tour de force. Mille détails sont présents tout au long du film et vous laissent perplexe. On s'y perd même parfois. Mais ne vous y trompez pas : tout est fait pour que vous vous y perdiez, pour que vous ne sachiez plus qui est fou, qui est sain d'esprit, qui connaît la vérité et qui la cherche. C'est à vous rendre dingue. Et le pire, c'est que vous aimerez ça.
Scénario brillant donc, mais pas seulement. Les acteurs sont excellents, Leo le premier, qui prend le visage de la folie de manière encore plus saisissante que dans Aviator. Les scènes de suspense sont Hitchcockiennes et donnent un très bon rythme au film, au point que vous ne verrez pas les 2h15 passer.
À votre sortie de la salle, il vous faudra mouliner un moment pour comprendre vraiment la fin, aussi géniale qu'inattendue, un peu à la manière des Infiltrés. Et là, vous vous rendrez compte qu'il existe différents niveaux de lecture pour chaque scène, preuve que les apparences sont trompeuses. Tellement que vous ne pourrez pas résister à l'envie de courir le revoir, pour le voir différemment, justement. Du début à la fin, Scorsese et Leo vous prennent par la main tel un petit enfant naïf et crédule. Ils vous donnent gentiment les fragments d'un énorme puzzle, pièce par pièce. Et une fois le travail fini et l'intrigue résolue, ils prennent votre puzzle et le retournent d'un coup sec, dévoilant une perspective complètement nouvelle et dont vous n'aviez soupçonné l'existence pendant deux bonnes heures. Vous avez dit génie ?
CineQuaNon vous a fait découvrir Shutter Island
Retrouvez CQN par ici
Retrouver aussi la critique de Shutter Island par Ted
12 commentaire(s)
J'ai rarement été aussi d'accord avec une critique de film.Je l'ai trouvé passionnant et n'ai qu'une envie c'est d'aller le revoir. Que penser de la dernière rplique : "il veut mieux mourir comme un homme bon que vivre comme un monstre" C'est évident. Mais par rapport au film, qu'est-ce qu'il veut nous dire de plus?
Eclairez-moi svp
par Francis Lorge, le 2010-02-26 00:46:00
Pour moi cette dernière phrase est la clef du film. Andrew Laeddis (DiCaprio) a encaissé le scénario habilement monté par ses medecins de plein fouet. Le traitement a fonctionné, il est maintenant conscient (à raison) d'avoir tué sa femme et d'avoir imaginé toute cette histoire d'enquête pour fuir une réalité sordide et lui trouvé une explication réconfortante.
Pourtant, lorsque son thérapeute atitré (Lester Sheehan) vient s'assoir à ses côtés à la toute fin du film, Andrew Laeddis se comporte comme si le "traitement" n'avait en fait pas fonctionné puiqu'il redémarre la conversation sur le thème
"Chuck, il faut que nous nous échappions de cette île,...ils sont tous contre nous etc". Le spectateur, au même titre que l'équipe médicale du centre s'en trouve attristé car cela signifie que le traitement par la manière douce a encore une fois échoué. Le seul moyen de guérir Andrew Laeddis désormais, c'est de lui effacer la mémoire afin qu'il puisse vivre en paix et surtout qu'il cesse de présenter un danger pour ses codétenus.
Pourtant, et c'est bien normal, un énorme doute nous envahi alors... Et si cette île était effectivement le donjon de torture qu'avait imaginé Andrew. La dernière phrase du film vient alors apporter la précision qui nous permettra de dormir sereinement : " Is it better to live as a monster, or die as a good man?" Cette petite phrase résume sans équivoque le raisonnement de Andrew Laeddis.
Raisonnement qui une fois compris par le thérapeute Lester Sheehan provoque chez lui la stupeur et le laisse sidéré assis sur les escaliers. Andrew Laeddis a bien toute sa tête. Il sait bien que son histoire d'enquête et de complot est une chimère. Il a seulement pesé le pour et le contre. Et pour lui, mieux vaut mourrir comme un homme bon (= mourrir en Teddy Daniels, l'alter ego qu'il s'est crée) que de vivre comme une bête (=vivre en Andrew Laeddis, bien conscient de sa folie, devant chaque jour
pleurer le drame de sa vie et essayer de vivre avec tout en risquant des rechutes). Il décide donc, temporairement guéri et conscient de sa folie, d'aller mourrir en homme bien. Pour être tout à fait exact, il décide d'aller tuer l'homme bien en même temps que le monstre. Car l'effacement de sa mémoire tuera les deux en même temps et laissera la place à un homme nouveau.
par Letosage, le 2010-03-01 00:10:00
Pour moi cette dernière phrase est la clef du film. Andrew Laeddis (DiCaprio) a encaissé le scénario habilement monté par ses medecins de plein fouet. Le traitement a fonctionné, il est maintenant conscient (à raison) d'avoir tué sa femme et d'avoir imaginé toute cette histoire d'enquête pour fuir une réalité sordide et lui trouvé une explication réconfortante.
Pourtant, lorsque son thérapeute atitré (Lester Sheehan) vient s'assoir à ses côtés à la toute fin du film, Andrew Laeddis se comporte comme si le "traitement" n'avait en fait pas fonctionné puiqu'il redémarre la conversation sur le thème
"Chuck, il faut que nous nous échappions de cette île,...ils sont tous contre nous etc". Le spectateur, au même titre que l'équipe médicale du centre s'en trouve attristé car cela signifie que le traitement par la manière douce a encore une fois échoué. Le seul moyen de guérir Andrew Laeddis désormais, c'est de lui effacer la mémoire afin qu'il puisse vivre en paix et surtout qu'il cesse de présenter un danger pour ses codétenus.
Pourtant, et c'est bien normal, un énorme doute nous envahi alors... Et si cette île était effectivement le donjon de torture qu'avait imaginé Andrew. La dernière phrase du film vient alors apporter la précision qui nous permettra de dormir sereinement : " Is it better to live as a monster, or die as a good man?" Cette petite phrase résume sans équivoque le raisonnement de Andrew Laeddis. Raisonnement qui une fois compris par le thérapeute Lester Sheehan provoque chez lui la stupeur et le laisse sidéré assis sur les escaliers. Andrew Laeddis a bien toute sa tête. Il sait bien que son histoire d'enquête et de complot est une chimère. Il a seulement pesé le pour et le contre. Et pour lui, mieux vaut mourrir comme un homme bon (= mourrir en Teddy Daniels, l'alter ego qu'il s'est crée) que de vivre comme une bête (=vivre en Andrew Laeddis, bien conscient de sa folie, devant chaque jour
pleurer le drame de sa vie et essayer de vivre avec tout en risquant des rechutes). Il décide donc, temporairement guéri et conscient de sa folie, d'aller mourrir en homme bien. Pour être tout à fait exact, il décide d'aller tuer l'homme bien en même temps que le monstre. Car l'effacement de sa mémoire tuera les deux en même temps et laissera la place à un homme nouveau.
par Letosage, le 2010-03-01 00:12:00
Pour mitiger cet entrain, j'ai trouvé ce film archi nul. Di Caprio y joue beaucoup moins bien que d'habitude.
Le thème du film et vu et revu : "je rentre dans un asile de fou et si tout le monde me dit fou, alors même si je ne le suis pas, je le deviens quand même".
Bref c'est un marronnier. Le thème est chiant, le film est chiant et pas du tout réaliste. Scorcese est vraiment tombé dans la facilité. C'est hyper décevant.
par Romain, le 2010-03-02 16:43:00
Romain je te trouve un peu trop catégorique, ce film est quand même loin d'être "archi nul" comme tu le dis. Personnelement, même s'il est vrai que ce thème revient dans le cinéma, je suis sortie de la séance dans un état vraiment particulier, une sorte de curiosité et de malaise. Ce film provoque un questionnement et une perte de repère duent à la folie du héros, plutôt bien cachéejusqu'à la fin, ce qui prouve que le scénario n'est pas si évident que cela.
Enfin, je trouve qu'au delà du scénario, les prises de vue, la musique et l'intrigue sont très bien ficelés...
par Yuna, le 2010-03-03 20:33:00
Curieusement, l'opinion que je tente de me faire sur ce film relève de la même démarche que les interprétations que chacun est tenté de faire sur le scénario et la folie (vrai ou feinte, et patati et patata...) du personnage : se ne prend t'on pas la tête là ou Scorcese n'a fait qu'un divertissement un peu compliqué, pour perdre le "chaland" ? Si c'est le cas, cela semble réussi !
Il n'y a bien sûr aucun rapport, mais cela me fait penser aux interprétations plus ou moins oiseuses que certains de mes professeurs de français, à l'école, nous faisaient des textes surréalistes. Je ne suis pas certain que l'auteur s'était autant creusé les méninges.
par Yves, le 2010-03-11 17:14:00
@ Yves : On peut raisonnablement s'imaginer, en jetant un coup d'oeil rapide et global sur le scénario, que l'histoire n'est pas si complexe que ça et que le réalisateur ne s'est pas trop creusé les méninges, pour reprendre vos mots, en ce qui concerne l'intrigue et le dénouement. Sauf qu'il y a, à mon sens, beaucoup plus que le facile jeu du "qui est fou ?" dans ce film. Je ne l'ai réellement compris que quand je suis allé le revoir : mille détails sont glissés dans chaque scène et peuvent, lorsque l'on connaît déjà la fin, être lus de manière complètement différente. Shutter Island n'a, selon moi, rien d'un thriller "puzzle" de série B, étalant un nombre incalculable de détails foireux, rendus aussi discrets que le nez sur la figure par des jeux d'acteurs pitoyables, et menant vers une fin bancale sentie à des kilomètres.
Ce n'est que mon humble avis, mais je crois sincèrement que Shutter Island vaut plus que ça, et que le double niveau de lecture rend sa complexité bien réelle.
par Vince, le 2010-03-11 21:48:00
Martin Scorsese est un maître, mais un homme avant tout et il le prouve avec cette adaptation de Shutter Island.
Ce film rencontrera sans aucun doute un grand succès grâce notamment à son casting de renommé et au réalisateur dont la réputation n'est plus à faire. Mais la réalisation et la mise en scène ne rendront pas cette œuvre incontournable; les faux raccords, le traitement bizarroïde de la temporalité, les annonces trop explicites ...
Scorsese s'est égaré. Le roman adapté ici possédait un potentiel cinématographique colossale. Seulement le traitement offert n'est pas à la hauteur. Le suspens, véritable clé du film, est si peu ménagé qu'il en devient inexistant. Hitchcock, maître incontesté en la matière, s'en retournerait dans sa tombe! La fin tant annoncée arrive et ce n'est qu'une déception supplémentaire. Seule note positive du film: la prestation des acteurs, notamment Leonardo Dicaprio et Ben Kingsley, qui sont grandioses.
Probablement parti de beaucoup de bonnes intentions, Martin Scorsese ne réussit pas à les concrétiser, transformant ainsi Shutter Island en un immense gâchis.
par charlot, le 2010-03-17 20:07:00
Hello tout le monde
Et bien j'ai plutot du mal à accrocher avec la version de Letosage...
Pour moi, Teddy Daniels est bien réel, le personnage inventé est Laeddis. En effet, je pense que l'histoire retrace juste l'arrivée de Daniels dans l'asile. Teddy Daniels voulait dénoncer ce qui se passait dans l'asile et par manque de discrétion, les dirigeants de l'asile ont entendu parler de lui. Donc pour le faire taire ils vont l'attirer dans l'asile et appliquer sur lui leur technique de controle sur l'etre humain, justement ce que Daniels voulait montrer. Repensez à la vraie Rachel Solando dans la grotte, ou encore à George je ne sais plus comment... Ils l'ont bien mis en garde... A la fin du film, on croit qu'il a retrouvé ses esprits quand il admet qu'il est Laeddis mais NON ! en fait c'est juste qu'il a assimilé ce qu'on a voulu lui mettre dans le crane, à savoir effacer ses souvenirs et lui en mettre des nouveaux. Daniels est tout simplement devenu le cobaye de l'asile. et les dirigeants de l'asile, ont réussi à le faire taire.
Enfin bref le génie de ce film c'est tout simplement de pouvoir se faire sa propre interprétation.
par Nanasun, le 2010-04-24 23:06:00
Avec cette dernière interprétation de nanasun quel serait le sens d' "is it better to live as a monster or die as a goog man?"??
j'en trouve pô, c'est pourquoi je pense que c'est une vision erronée...
en effet si sa vraie "personne" était teddy daniels alors quel homme aurait-il été en se laissant lobotomisé??
Plutôt lâche que good, non?
c'est pourquoi je pense, tout comme letosage quec'est la clé du film.
par potter, le 2010-08-08 15:00:00
entre la solution de confort en refusant la réalité horrible (rester Daniels) et la solution de lucidité en vivant avec tout son passé(redevenir Laeddis assumant ),véritable choix de Sophie,choix impossible,Laeddis/Daniels opte pour la sortie héroique,en effet,de la double mort(en se punissant,en se condamnant à vivre comme un monstre),j'y vois une sorte très triste de récupération du plus beau de son humanité :il se refuse,sorte de rédemption,recherche de pardon en refusant de se pardonner......
par Cheval, le 2011-02-27 12:17:00
Moi bizaremen je pense k'il est bien victime d'une machination. A la bse il vient ici et veut tenter de savoir ce qui s'y trame, les experiences humaines, et ils s'averent qu'au final, c'est ce qu'ils vont lui faire.
La dernière phrase de la fin, je pense que justement il la di quand le sois disant psy ( chuck) fais signe aux docteurs et celui ci l'appelle Teddy quand il s'en va...alors a moin que le psy soit a fond dans son jeu de role, pk l'appeler teddy ? ... magnifik film en tt k
par Maud, le 2011-07-25 05:08:00
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