I love you Philip Morris

le 28/02/2010 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Une comédie déjantée emmenée par un duo d'acteurs qui fonctionne à merveille.

I love you Philip Morris

I love you Philip Morris, Etats-Unis, 2009, 1h36
Comédie, drame de Glenn Ficarra et John Requa
Avec : Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann
Date de sortie : 10 février 2010
Distribué par : EuropaCorp Distribution

 

Synopsis : L'histoire vraie d'un ex-flic, ex-mari, ex-arnaqueur aux assurances, ex-prisonnier modèle et éternel amant du codétenu Phillip Morris. Steven Russell est prêt à tout pour ne jamais être séparé de l'homme de sa vie. Ce qui implique notamment de ne pas moisir en prison. Jusqu'où peut-on aller par amour? Très loin si l'on en croit l'histoire incroyable de Steven Russell, un génie de l'évasion rattrapé par son romantisme.


Une comédie déjantée emmenée par un duo d’acteurs qui fonctionne à merveille

« I love you Philip Morris » est un film sitcom qui s’assume, en présentant de l’insolite à l’état pur pour un film sur le pur amour. Voilà une histoire étonnante sur la destinée d’un homme d’exception, sur la lignée de « Attrape-moi si tu peux », mais avec une sorte de Freddie Mercury arnaqueur, et en version authentiquement romantique, avec même une petite touche de Pedro Almodovar.

Le récit de la vie de cet homme gonflé tient en haleine du début à la fin, c’est à peine si l’on peut s’empêcher de sentir sa mâchoire tomber devant ces extravagances que l’on a bien envie d’imiter. Incroyable mais vrai, il est possible qu’un homme bien rangé, un flic avec une femme bonne et catholique (un peu cliché le portrait de la femme, puis de l’ex-femme sympathique qui le soutient jusqu’au bout, il faut le dire), bascule du côté obscur dans la criminalité en même temps qu’il fait son coming out en tant qu’homosexuel. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, on doit reconnaître que le film reste cohérent en suivant toujours cette ligne de force, le déroulement peut être suivi, pour une fois, sans difficultés et bifurcations, comme on l’avait vu dans le frustrant « Mr Nobody », même si ces deux films ont en commun l’originalité du scénario. Bien que l’on découvre               Steven, le personnage principal incarné par un Jim Carrey au sommet de son art, dans son lit d’hôpital au début et à la fin, le fait d’apprendre petit à petit comment il en est arrivé là, comme un puzzle qui se reconstitue, soutient l’attention.

Evidemment, on ne voit que Jim Carrey qui a pris toute la place, éclipsant le réalisateur (y a-t-il un réalisateur dans ce film ?) Glenn Ficarra et John Requa, les scénaristes du très vulgaire « Bad santa », qu’on ne mentionne que pour la forme.

Partir en guerre contre l’Amérique et ses valeurs BCBG


Le film est haut en émotions, les mésaventures de cet homme pourtant bien intentionné et intelligent captivent tout simplement parce qu’il attire malgré tout la sympathie et même une certaine forme d’admiration un peu coupable (comme on pouvait en ressentir en voyant les exploits criminels de « Natural born killers » par exemple), ne serait-ce que pour avoir réussi à manigancer des tours aussi malins. A la manière d’un Michael Moore, « I love you Philip Morris » critique la société puritaine américaine en envoyant tout voler en éclats mais sans verser dans le documentaire, en se rapprochant plus d’un « Borat » et d’un « Brüno » de Larry Charles.

L’état de tension fait penser au sentiment que l’on peut avoir en lisant un roman d’Agatha Christie tant il se fait sentir, et même d’une façon crescendo : les coups extrêmes que l’on voit sont vraiment du style « jamais vus » et l’on entre dans un état d’étonnement complet quand on est compris que cet homme est capable de tout, mais vraiment tout. Sortir de prison, faire sortir son compagnon, se faire passer pour un directeur financier quand il n’y connaît rien, comme l’autre dans « Attrape-moi si tu peux » se faisait passer pour un pilote et un médecin, et surtout, endosser son costume préféré, avocat (facile en réfléchissant beaucoup et en laissant les autres parler à votre place), et mener les autres par le bout du nez. L’interprétation de Jim Carrey dans ce rôle tragi-comique atteint un sommet même s’il est moins drôle que dans « Le masque », car il fait à la fois rire et pleurer, rend enthousiaste comme il désespère. L’intérêt de ce film pourrait être son côté intellectuel et presque psychanalytique, car il suscite sans cesse les neurones : le point de vue est toujours celui de l’intérieur, puisque l’on vit avec cet homme, ses angoisses, ses luttes, ses espoirs et surtout, son amour éternel (et à la folie) pour ce fameux « Philip Morris ». C’est pour lui qu’il réalise tous ces exploits extravagants : selon le cas d’un homme réel,  il est un criminel, oui, mais bien malin, avec un Q.I. de 169. Et pas banal : l’homme en question a été condamné à la prison à perpétuité, ou encore 194 ans, ce qui répond de façon intéressante à la question : « jusqu’ou peut-on aller par amour » ? L’interprétation d’Ewan Mc Gregor sonne aussi très juste en tant que Philip Morris, puisqu’il évite le ridicule et les excès d’un Almodovar, ce qui discrédite d’emblée les couples d’homosexuels présentés par le réalisateur espagnol. Le couple d’amoureux (tout simplement) que l’on met ici au centre de la scène (et quelle scène !) ressemble beaucoup plus à celui de « Brokeback Mountain » qu’à ceux de « La cage aux folles ».

Toutefois, le défaut de ce film est peut-être donc de ne pas laisser assez respirer et réfléchir, trop occupé qu’il est à imiter la série télé et proposer des émotions superficielles. En tant que film sur l’homosexualité, « Harvey Milk » propose une réflexion bien plus sérieuse, par exemple. D’un point de vue cinématographique, il faut tout de même reconnaître que le film ne témoigne pas vraiment d’une intense activité artistique, il s’est plutôt perdu comme un vélo dont on perd les pédales en présentant successivement un gag après l’autre à un rythme plutôt maniaque.

Romanesque et brillant, ce film l’est malgré tout, même s’il perd toute volonté de garder les pieds sur terre après les premières 30 minutes. En tout cas, il y a de tout : suspense, comédie, drame terrible, mais jamais de facilité ou de vulgarité. Pour les amoureux de Jim Carrey, on le trouvera indispensable pour compléter sa filmographie par un rôle audacieux.

Note :


1 commentaire(s)

J'ai fait un pari avec un ami : Le film "I love you Phillip moris" ferait plus d'un million d'entrées en France . Quelqu'un pourrait il me renseigner ? Merci
par savoye, le 2010-06-18 15:20:00

Ecrire un commentaire
 

En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.

SONDAGE

Connectez-vous pour voir le sondage !

Edito

 Simples cinéphiles ou véritables mordus du cinéma, vous voulez écrire un article sur un film ou nous aider à faire vivre la rubrique et rejoindre notre équipe de rédacteurs:

Envoyez nous vos idées et vos articles (en francais et/ou anglais) et vous serez publié !!

Bonne lecture et bon film !!

 

cinema/esseclive-patte.gif

 Simple moviegoers or real cinema geek, you want to write an article about a film, come and join our team of editors:
Send us your ideas and your article (in English, French or both) and you will be published!!

Enjoy your time here!


vers Edito

Rechercher une séance



vers Rechercher une séance