La rafle
le 25/03/2010 - par Josée Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !En plein coeur de l'antisémitisme : la tragédie touchante des enfants et des résistants.
La Rafle, France, 2010, 01h55
Drame historique, de Roselyne Bosch
Avec : Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh
Date de sortie : 10 mars 2010
Distribué par Gaumont Distribution
Synopsis :
1942.
Joseph a onze ans.
Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine...
Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère.
Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge.
Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule...
Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré.
De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui.
De ceux qui se sont opposés.
Tous les personnages du film ont existé.
Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.
En plein cœur de l'antisémitisme : la tragédie touchante des enfants et des résistants
Dans la vague des films du printemps, il en est un qui fait pourtant penser à un hiver d'enfer, au beau milieu d'une noire tempête : « La Rafle ».
Et pourtant, l'on ne peut éviter ce film tant il est essentiel de le voir, pour voir et revoir un événement terrible de l'histoire qui s'est déroulé au beau milieu de ce que l'on croyait être la civilisation, le Paris civilisé. Mais on ne voit pas le film pour désespérer et se dire encore une fois de plus à quel point les nazis étaient des salauds, cela, on le sait déjà. On l'a oublié parce que « La rafle », même en présentant un sujet mille fois rabattu, la souffrance injustifiée des juifs pendant la deuxième guerre mondiale, nous amène à comprendre autre chose : la résistance courageuse au milieu des hostilités, la véritable fraternité qui vient tout simplement de la sympathie naturelle des gens avec qui l'on cohabite.
Avec une grande sobriété et une belle intelligence dans la reconstitution des décors historiques, que ce soit le Paris des années 1940 aux terribles camps de concentration, et surtout un rythme soutenu qui va crescendo, « La rafle » se contente d'illustrer son sujet, le jour noir du 16 juillet 1942 pendant lequel 13 000 juifs ont été entassés dans le Vélodrome d'Hiver, aussi appelé Vel' d'Hiv, situé dans le 15ème arrondissement de Paris et détruit en 1959. Tout simplement, ce destin terrible est illustré par le biais des enfants, pour commencer Joseph qui a 11 ans, les enfants qui ont le plus souffert de ces jours noirs. Dans le film, on nous montre quelques cas d'enfants qui ont survécu alors qu'il n'y en a apparemment eu aucun, mais comme on veut l'espérer parfois, « la mémoire donne une deuxième chance au passé ».
Un film simple et sobre dans lequel la vraie vie devient un film d'action
« La rafle » commence tout simplement en nous montrant des moments de la vie des juifs parisiens qui vont à l'école, se préparent pour un concours de danse, travaillent comme enseignants, attendent un enfant, etc. Leur bonheur semble tout léger, et pourtant, certains pressentent la tourmente, d'autres ont confiance : ce qui est intéressant dans ce film, c'est que l'on peut arriver à comprendre le point de vue de chacun d'entre eux car on vit dans leur peau et l'on peut voir que dans l'air du temps, une menace sourde gronde, mais qu'il n'y a pas de solution, pas de flèche qui indique la bonne réaction à avoir.
En réunissant Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh, Anne Brochet et Sylvie Testud, fondus au milieu des malheureux, on a donné de l'envergure et de la richesse au film. Eux aussi oublient de jouer les stars pour devenir de modestes êtres humains qui tentent de survivre. Le point fort de ce film fort reste qu'il ne montre que les faits, ou du moins, il le tente, alors que la vérité se fait sensation : cette lutte pour la survie devient un film d'action. Des moments font frissonner, d'autres nous tiennent au bout du siège par le suspense qu'ils provoquent. Une jeune fille a réussi à s'évader, elle se nomme Anna Traube, son souvenir marquera à jamais la mémoire : « bien joué », lui dit le soldat, trop peu courageux pour oser protester, « je suis un militaire moi, j'ai des ordres et une famille ».
Seule ombre au tableau, la représentation du terrible Hitler qui est exagérée, caricaturale, que l'on préférait dans « La chute », plus sobre, alors qu'il apparait dans « La Rafle » comme une marionnette stupide.
Et où est l'humanité dans tout cela ? C'est ce que les différentes séquences nous montrent. La tension va crescendo quand l'on sait bien que tout cela finira par la mort de toute façon, mais quand on n'a plus rien à perdre, à quoi tient-on ? Aux derniers tendres échanges de l'infirmière Annette, prête à suivre les enfants juifs jusqu'au bout. A sa lutte pour obtenir une nourriture suffisante, à la fête que font les juifs avec cette nourriture et un peu de musique, un moment qui semble incongru dans le camp de concentration, et pourtant, cela a existé. Aux paquets que font passer des juifs de l'extérieur, qui contiennent des dernières douceurs, au médecin qui traite les maladies infantiles, comme si cela importait juste avant de mourir.
Tout cela fait pleurer, réfléchir, rêver, espérer, met en colère, porte à vouloir se révolter, mais surtout, donne de l'espoir quand il n'y en a plus. Parce que l'important, c'est d'avoir essayé. C'est le très beau message de ce film très sobre, très humain.
Note :
1 commentaire(s)
Je l'ai enfin vu et cela moi, le meilleur dans ce film c'est le jeu des enfants, qui sont au centre de l'histoire. Le petit Nono est particulièrement attachant. Malgré un sujet mille fois abordé, un film magnifique qui prend le point de vue des petits et des ado, les plus innocents et pourtant peut-être les moins naîfs sur la situation et les moins confiants dans les adultes et leur cruauté.
par Emilie, le 2010-08-06 10:57:00
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