Mourir comme un homme
le 13/05/2010 - par Damien Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Joao Pedro Rodrigues s'intéresse à travers ce film au monde des cabarets, des travestis, des transsexuelles et de l'homosexualité. Cette oeuvre frustrante, traitée différemment, aurait le potentiel d'un bon mélodrame.
Réalisé par Joao Pedro Rodrigues
Avec Fernando Santos, Alexander David, Gonçalo Ferreira de Almeida
Titre original: Morrer Como Um Homem
Long-métrage français , portugais - Genre: Drame , Biopic
Durée: 02h13 - Année de production: 2009
Distributeur: Epicentre Films
Note:
Film présenté en Sélection Officielle, Un Certain Regard au Festival de Cannes 2009
Synopsis
Tonia, transsexuelle dans la force de l'âge, instigatrice et figure culte des spectacles de travestis au sein des cabarets est éperdument amoureuse de Rosário. Ce jeune homme d'une vingtaine d'années, toxicomane, instable et colérique vit au crochet de son admiratrice. Malgré les écarts de conduite de son amant, Tonia, à l'image d'un mécène, l'entretient et lui passe tout ses caprices. Son seul soucis est le bien-être de son petit protégé et par procuration le sien. Une fois sa santé fragile, sa carrière en chute libre et son amour propre relégués au second plan, sa dévotion pour son dernier amour éclate au grand jour. Ainsi, la renaissance de Rosário sera sa dernière lutte en temps que femme.
Critique
Joao Pedro Rodrigues s'intéresse à travers ce film au monde des cabarets, des travestis, des transsexuelles et de l'homosexualité. Il illustre cet univers à travers le cliché d'une vieille folle jetant son dévolu sur un beau et jeune garçon. Partant d'une histoire relativement banale, le réalisateur déçoit, non pas qu'il offre aux spectateurs un échec cuisant, mais il s'égare, se trompe, perd son sujet... Un prologue trop long et mal rattaché au récit, l'apparition d'un style théâtral incompréhensible, des personnages secondaires oubliés, d'autres à la présence inexplicable... Mourir comme un homme manque d'une certaine subtilité; Tonia voit son caractère et ses mimiques trop accentuées frôler parfois le ridicule, les chiens Vagabond et Augustina semblent être des copies de leurs maîtres, des digressions colorées en rouge et inintéressantes apparaissent...
Au final, cette œuvre frustrante, traitée différemment aurait le potentiel d'un bon mélodrame. Tonia, à l'égo démesuré dans le monde du travail et soumise en amour, est le personnage le plus charismatique du film. Cependant, en insistant sur le côté « folle » plutôt que sur les autres facettes de ce père refoulé au corps de femme, notamment, sa sensibilité, sa détresse et son attente de reconnaissance … Joao Pedro Rodrigues l'ampute partiellement de son impact durant la majeure partie de l'histoire. Zé Maria, son fils, est le seul protagoniste ayant la possibilité d'expliquer l'ambiguïté de Tonia. Pourtant, bien qu'il ouvre le film, il est bien vite abandonné. Ce jeune militaire qui refoule l'homosexualité et la transsexualité d'un père absent, pose bien des questions aux spectateurs, mais elles demeureront sans réponse. Rosário, autant fils que compagnon de Tonia, est pour sa part, parfaitement cerné. Dépeint tout d'abord comme une brebis galeuse, un profiteur sans cœur, il évolue constamment. C'est en amoureux transi, aux petits soins pour Tonia et incapable de l'abandonner même dans la mort qu'il achève le film.
Joao Pedro Rodrigues ponctue sa réalisation en la clôturant avec succès. La subtilité, la tendresse et la douceur sont enfin réunies, et le spectateur, lui, enfin touché.
Retrouvez les articles liés au même sujet:
- En attendant Mourir comme un homme
0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'

