Inception - critique de Josée
le 27/07/2010 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une oeuvre surprenante, superbement interprétée, au scénario embrouillé.
Inception, Etats-Unis, Royaume-Uni, 2010, 02h28
Science-fiction, thriller, de Christopher Nolan
Avec : Leonardo Di Caprio, Marion Cotillard, Ellen Page…
Date de sortie : 21 juillet 2010
Distribué par : Warner Bros France
Synopsis :
Dom Cobb est un voleur expérimenté - le meilleur qui soit dans l'art périlleux de l'extraction : sa spécialité consiste à s'approprier les secrets les plus précieux d'un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu'il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l'univers trouble de l'espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d'avant - à condition qu'il puisse accomplir l'impossible : l'inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l'inverse : implanter une idée dans l'esprit d'un individu. S'ils y parviennent, il pourrait s'agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n'aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d'avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l'existence.
Critique :
« Inception » fait beaucoup de bruit et se démarque largement de ses concurrents. Dans le domaine du jamais vu spectaculaire, le film devient un événement. Christopher Nolan réalise un des films de sa carrière en y montrant toute l'ampleur de son talent, un peu comme il nous avait éblouis avec « The Dark knight ». Il y montre de la même façon le côté obscur, un autre monde, mais d'où l'espoir n'est jamais absent, en gardant le pied dans notre monde. Il signe aussi le scénario, aussi étoffé que celui de « L'étrange histoire de Benjamin Button » en provoquant une sorte d'émerveillement sans pour autant éviter l'écueil de la confusion.
En voulant jouer au plus malin, le réalisateur rend son film un peu trop chargé, difficile à suivre. Si l'histoire est impressionnante, si elle fascine, elle nous fait aussi sentir en retard quand le tout devient confus : on a beau essayer de suivre le film, depuis longtemps, on est restés loin derrière. La fascination vient plus des effets spéciaux que du scénario alambiqué : les images où l'on voit des villes créées par l'imagination, où des pans entiers du décor bougent sont à couper le souffle, il faut l'admettre. Cette histoire prend des proportions gigantesques, comme une simple histoire au cinéma « normal » multipliée par un million, comme un prisme qui montre toutes sortes de couleurs.
L'interprétation sans faille de Leonardo Di Caprio, dont le rôle angoissé ressemble étrangement à son précédent dans « Shutter island », donne envie de le suivre au bout du monde, et même dans des univers inventés de toutes pièces : du bout à l'autre du film, il arrive à nous faire croire à cet homme ambitieux, qui souhaite sincèrement parvenir à ses fins et s'aventurer hors des sentiers battus avec courage et pourtant blessé à tout jamais par une sorte de faille, la perte de sa femme. Di Caprio a su restituer avec authenticité la dualité de ce personnage très intelligent et aussi un peu fou, obsédé. Il forme un couple parfait mais déchiré avec une Marion Cotillard que l'on retrouve avec plaisir et dont on est fiers : elle incarne un personnage malheureux et complexe, torturé entre les rêves et la réalité. Ellen Page, qu'on croyait disparue depuis « Juno », surprend par son personnage de jeune fille mature et aventurière, formant un duo de « chercheurs de l'esprit » très crédible avec Di Caprio. Cillian Murphy, la cible que l'on kidnappe, semble tout aussi convaincant et se joint à l'équipe d'acteurs au meilleur de leur forme.
De maintes façons, « Inception » fait penser à « Alice au pays des merveilles » par sa faculté à nous transporter dans un monde imaginaire parallèle tout près de nous. Il comporte aussi des ressemblances avec « Clones » lorsqu'il est question d'une sorte de double qui vit à notre place dans un autre monde, ce qui est une sorte de protection face aux désagréments de la vie. Toutefois, les règles du jeu très complexe alourdissent le récit, comme cette idée des limbes par exemple, une pure invention fantaisiste sans explications, un peu trop facile et difficile à croire. L'originalité du film n'est plus à prouver : jamais avant on avait vu une telle exploration des possibilités de l'esprit humain. L'idée de départ était géniale : semer un souvenir dans l'esprit de quelqu'un, la plus grande forme de pouvoir, et pourtant sans violence.
Le rythme rapide, sans ralentissement, fait fortement penser à « Insomnia », un autre film de Nolan, car l'on devine la tension psychologique des protagonistes, au cœur d'un des enjeux les plus intéressants de la vie humaine, la mémoire. Recréer une ville avec une maison comme dans l'enfance, où l'on mettrait à l'intérieur d'une maison de poupée un petit objet qui symboliserait l'essentiel de notre être : l'idée fait rêver, encore et encore...
Curieusement, on a ajouté la chanson d'Edith Piaf à propos des regrets, comme dans « La môme », ce qui termine le film sur une note chargée d'émotions. Et pourtant l'histoire de cet homme est celle d'un homme qui n'a que des regrets, qui est paralysé par ces regrets, hanté par son passé, perdu dans un labyrinthe. Au bout, il y a tout de même le bonheur.
Leçon de vie et de cinéma.
Note :
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