L'Arbre
le 16/08/2010 - par Ted pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Dans des paysages australiens magnifiés, Julie Bertuccelli raconte l'histoire d'un deuil. Avec une caméra et surtout des très gros sabots. Beaucoup de prétention pour enfoncer des portes ouvertes. Note : 1/10
France, Drame, 1h40, 2009
de Julie Bertuccelli
avec Charlotte Gainsbourg, Morgana Davies, Marton Csokas
Titre original : The Tree
Sorti le 11 août 2010
Note: 1/10
Synopsis
En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l'ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l'arbre. Un jour, elle initie Dawn à son secret... Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un nouvel amour ? La vie reprend mais l'arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l'assaut de la maison et menacent ses fondations ! Dawn n'a plus le choix : elle doit le faire abattre...
Critique
Julie Bertucelli se regarde beaucoup filmer. Certes elle arrive à saisir quelques belles images du genre : je capte la lumière qui passe entre les feuilles d'un arbre gigantesque. Mais son récit métaphorique ne recèle ni mystère, ni subtilité.
Pas de mystère parce qu'en s'arrêtant au bord du conte fantastique, la cinéaste prend le parti de ne pas explorer ce qu'elle suggère pourtant dès le début : la réincarnation du père. Certes, un homme réincarné en arbre, voici un sujet casse-gueule, mais mieux vaut tenter que s'arrêter aux portes de la difficulté, laissant l'arbre au mysticisme quasi-religieux de la famille, dépourvu de vie, de possibilité, d'enjeu.
Pas de subtilité car la métaphore est appuyée, elle dégouline comme de la sève et étouffe littéralement le récit. C'est un film sur le deuil. Et c'est comme si c'était crié, répété, vomi. Un film sur le deuil. Vous avez compris? Un film sur le deuil. Le deuil. Deuil. L'arbre se fait de plus en plus envahissant : il faut le couper pour repartir de l'avant, ou périr à ses côtés. C'est ça le deuil. Vous avez compris ou vous voulez qu'on refasse un dessin avec l'arbre et la famille, et le deuil qui les immobilise, et l'arbre, et la famille, et...
On sort épuisé de ce bourrage de crâne. La petite fille qui doit porter la peine de la famille est à baffer. L'actrice joue assez mal, mais la niaiserie de son personnage ne l'aide pas à paraître sympathique. On en vient à souhaiter qu'elle tombe de l'arbre, et plus vite que ça, ça lui servira de leçon.
Mais non elle ne tombe pas, le film se complait dans cette foi idiote, dans cet abrutissement d'une mère incapable d'aider ses enfants à affronter la mort de leur père. Chacun des enfants a une manière à lui de réagir à ce deuil. Pour chacun d'eux, cette réaction se résume en 3 mots et caractérise tout le personnage. C'est un film creux et immobile auquel on assiste alors.
La fin, qui veut faire pleurer dans les chaumières et laisser un semblant de mystère, finit de rendre le film ridicule. Pseudo-intello. Bertuccelli veut tellement faire de son film un choc pour le spectateur qu'elle oublie toute sincérité. L'Arbre est cousu de fil blanc, artificiel. Sans mystère, sans message si ce n'est : le deuil, c'est difficile. Bref, L'Arbre est (un film) sans âme.
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