Les Amours imaginaires

le 15/10/2010 - par Ted pour CineQuaNon Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Présenté dans la section Un certain regard à Cannes 2010, Les Amours imaginaires est le deuxième opus du jeune prodige canadien de seulement 21 ans, Xavier Dolan. Producteur, Scénariste, Monteur, Acteur, Costumier et Réalisateur, le jeune homme a la chance extraordinaire d'être totalement maître de son film. Qui nous raconte le bonheur fragile des amours qu'on s'invente. Note : 7/10

Les Amours imaginaires

Les Amours imaginaires, Canada, 2009, 1h35
Comédie dramatique de Xavier Dolan
Avec Monia Chokri, Niels Schneider, Xavier Dolan

Sorti le 29 septembre 2010

Note : 7/10

 

Synopsis

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d'interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu'il aime...

 

 

Critique 

On se demande parfois s'il faut s'agacer de tous les tics tape-à-l'œil de Xavier Dolan : les ralentis systématiques, les gros plans très colorés, la profondeur de champ très faible qui noie la plus grande partie de l'image dans un flou esthétisant, la musique qui emporte toute l'émotion sur son passage.
Sans oublier ces interviews qui découpent l'intrigue principale, des inconnus qui racontent leurs histoires amoureuses et qui rapprochent le film, dans quelques moments volontairement comiques, du documentaire plutôt que de la fiction. Celle-ci revient cependant au galop, Xavier Dolan est loin de vouloir s'effacer derrière sa caméra : la mise en scène est magnifiée, on ne peut avoir aucun doute là-dessus, on est dans une pure fiction, dans l'esprit d'un auteur, le temps se dilate et s'accélère, certains moments sont éternels et d'autres disparaissent dans le creux d'une ellipse.

Mais on doit vite se rendre à l'évidence : cette tendance esthétisante est parfaitement maîtrisée, et si Dolan n'atteint pas la sobriété de Wong Kar-Waï, si Les Amours imaginaires garde toujours un côté arty et branché, on ne peut qu'admirer la force évocatrice des images, la capacité du jeune canadien à nous faire partager la beauté sensuelle des peaux, des tissus, des couleurs tout en soulignant la dérision de chaque geste, la dérision de l'apparence.

Le film est ainsi constamment balloté entre le désespoir de ses personnages et la distance ironique que garde le réalisateur, et le sucre, saupoudré un peu partout, garde un goût amer. Dommage cependant que Xavier Dolan se soit senti obligé de rajouter les interviews : si elles sont souvent drôles, elles appuient encore sa présence et son regard moqueur sur son sujet. Le reste du film, l'histoire de ce trio faussement amoureux, se suffisait pourtant à lui-même, on y sentait déjà avec subtilité cette dialectique de l'amour : la chose la plus grave et la plus légère au monde.

Les Amours imaginaires. On retrouve même dans le titre l'ironie de Dolan, le double aspect de son film, la beauté franchement saisissante qui se dégage de ses plans et le ridicule qui étouffe cette beauté, qui la rend souvent absurde. Le film, qui traite une histoire profondément triste, trouve un ton décalé et frais et évite tout pathos. On a la ferme impression qu'il saisit une vérité profonde qui n'est pas sans rappeler American Beauty (les chamallows qui tombent sur le corps de Niels Schneider rappellent fortement les roses qui recouvraient le corps tant désiré de Mena Suvari) : la vie toute entière se construit sur des passions magnifiques et insensées, l'amour est le plus souvent une illusion mais même alors, rien n'est plus vrai que cette illusion.

On regrette que ce soit l'ironie de Xavier Dolan qui remporte le combat haut la main. On finit par rire des personnages plus qu'on ne les aime. L'amour est le plus souvent imaginaire, et le jeune réalisateur semble vouloir prendre ses distances avec ces souffrances qu'on s'impose. C'est peut-être dans ce regard constamment moqueur qu'il manque encore de maturité. Mais il n'y a pas de doute : son film n'est pas simplement un objet de mode superficiel, il s'en dégage une vraie beauté nostalgique d'un temps désuet qu'est la jeunesse. Et l'auteur, très jeune lui-même, affiche beaucoup de promesses.

 

CineQuaNon vous a fait découvrir Les Amours imaginaires de Xavier Dolan
 Retrouvez CQN par ici


 Retrouvez les autres critiques sur ce film:
   -  Critique de PH pour CineQuaNon   


1 commentaire(s)

Superbe film, j'ai adoré. Et pour le coup je trouve que Dolan confirme tout ce qu'on dit de lui en bien depuis son 1er film, qu'est ce que ça va être avec le 3ème. D'ailleurs il est déjà en route, pour son prochain film : Laurence Anyways. Il parait qu'on peut devenir coproducteur du film et avoir accès à des contenus exclusifs. Affaire à suivre sur http://www.touscoprod.com/ca/pages/projet/fiche.php?s_id=2&t=fr&l=fr
par Jilly, le 2010-10-15 16:40:00

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