Kaboom

le 20/10/2010 - par Ted pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Gregg Araki a beau être un réalisateur culte, aucun de ses films n'avait dépassé les 100 000 entrées en France. Ce sera chose faite avec Kaboom, grand foutage de gueule pour certains, chef d'oeuvre jouissif pour d'autres. Autant le dire tout de suite, Kaboom est un film-fantasme. Et les fantasmes, ça ne se partage pas avec tout le monde. Note : 7/10

Kaboom

Kaboom, USA, 2009, 1h26
Comédie de Gregg Araki
Avec Thomas Dekker, Juno Temple, Roxane Mesquida, Chris Zylka, Kelly Lynch
Sorti le 06 octobre 2010

Note : 7/10


Synopsis

Smith mène une vie tranquille sur le campus - il traîne avec sa meilleure amie, l'insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet - jusqu'à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l'effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d'avoir assisté à l'horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s'enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l'humanité.

 

 

Critique

Au début du film, Smith se branle. Kaboom est une longue jouissance, une masturbation qui dure, qui se perd en route, qui reprend sur de nouveaux fantasmes, qui s'accélère quand ça vient et qui explose finalement. 

L'imagination qui accompagne la masturbation est comme un rêve : on pense à des choses impossibles, on rassemble dans un même délire toutes les personnes qu'on connaît, on invente pour eux et pour soi un scénario qui a de moins en moins besoin d'être probable au fur et à mesure qu'on approche de l'orgasme.

Smith part sur quelques fausses pistes, incorporées au film comme des rêves ou des bad trips qui s'arrêtent d'eux-mêmes quand il a envie de changer radicalement son scénario fantasmé. Le montage est au diapason : les tournants à 180 degrés sont accompagnés de coupes sèches, de musiques qui s'arrêtent brusquement, de transitions kitsch et radicales entre les plans. La lumière donne à l'image la couleur d'un bubble gum qui s'étire et s'étire encore, jusqu'à exploser.

Le film est purement jouissif parce qu'il est l'énorme fantasme d'un jeune étudiant dans sa chambre. Les filles, les garçons, la maman, la demi-soeur, tout y passe, Smith réinvente sa vie à base de ce qu'il y a de plus excitant : fausses disparitions, morts qui reviennent en gourous de secte, être l'élu, être la pièce centrale d'un échiquier gigantesque dans lequel se joue le sort du monde, placé pile poil entre les méchants et les gentils, tous complotant magnifiquement pour s'approprier le destin du monde.

L'inconnu est la norme d'un jeune homme de 18 ans qui arrive à la fac, qui arrive dans l'âge adulte. Rien n'est irréversible, tout peut toujours s'expliquer, mâtiné de surnaturel et de théories absurdes. Le spectateur, emporté dans les désirs intimes du personnage et du réalisateur, assiste désemparé à toute cette jouissance. Comme ce n'est pas la sienne, parfois il se perd, revient dans la réalité, tout est too much. Mais comme c'est une jouissance universelle, parfois il se laisse tout simplement emporter par l'enthousiasme, par le plaisir, par le désir sexuel.
C'est parfaitement bancal, déséquilibré, et tout tend simplement vers la fin : il se passe plus de choses dans les 5 dernières minutes que dans tout le film, les explications les plus surprenantes fusent tandis que les voitures se poursuivent, que tous les protagonistes se trouvent réunis et que Bitter End de Placebo retentit.

L'orgasme arrive, telle une petite mort, pour nous, pour Smith qui se branle, pour tout ce scénario un peu trop compliqué qu'il avait élaboré. On libère tout, c'est purement jouissif et en même temps un peu amer : ça se termine en queue de poisson, forcément, comme toute masturbation. Tout tendait vers la libération finale et une fois qu'elle a lieu, on reste frustré, jamais parfaitement rassasiés. La jouissance est déjà finie, et tout était évidemment faux. Ce n'est pas la happy end attendue, mais comme tout orgasme, la bitter end. Merveilleuse invention, Monsieur Araki. Frustrante, il va sans dire. On recommence quand?

 

CineQuaNon vous a fait découvrir Kaboom de Gregg Araki
 Retrouvez CQN par ici

 Retrouvez les autres critiques sur ce film:
   -  Critique de PH pour CineQuaNon  
   -  
Contre-critique de AL-X



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