Le nom des gens

le 09/12/2010 - par Ted pour CineQuaNon Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Depuis le césar du meilleur espoir féminin pour L'Esquive, Sara Forestier n'avait plus trouvé aucun rôle intéressant. Voilà qui est réparé avec Le Nom des gens, une comédie politique enlevée portée par l'énergie de la jeune actrice et par le visage passe-partout d'un Jacques Gamblin attachant. Le discours est brouillon mais l'enthousiasme est là. Note : 5/10

 Le nom des gens

Le Nom des gens, France, 2009, 1h44
Comédie de Michel Leclerc
Avec Jacques Gamblin, Sara Forestier, Zinedine Soualem, Carole Franck, Jacques Boudet, Michèle Moretti, Lionel Jospin
Sorti le 24 novembre 2010

Note : 5/10

 

Synopsis 

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

 


Le nom des gens - Bande annonce
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Critique

Le Nom des gens est une fable, à mi-chemin entre réalité sociale et poésie absurde. Pour parler de sujets politiques très actuels (le poids de l'identité culturelle et son rapport à l'histoire française, à la France d'aujourd'hui et à l'identité nationale), Michel Leclerc prend le parti d'exagérer les situations et les personnages jusqu'à les rendre souvent irréels. Seul Arthur reste un personnage possible de bout en bout, les autres protagonistes sont parfois emportés par l'imaginaire fertile du réalisateur et de sa compagne, co-scénaristes du film. 

Le Nom des gens est éminemment sympathique, souvent drôle, le personnage de Bahia est rafraîchissant et le scénario est emporté tout entier par une grande idée : celle de la pute politique. Michel Leclerc arrive à ne jamais être manichéen et si son film est engagé à gauche, il se moque aussi des militants qui ne savent pas écouter mais seulement crier mécaniquement leurs arguments.

Ceci dit, à force de vouloir trop en faire, le film sacrifie parfois son propos aux effets comiques. Ainsi, Bahia est une fille engagée, altruiste, qui veut tout faire pour les autres. Seulement, dans cette énorme soupe du bien, on mélange tout, et vouloir l'égalité pour tous et le bonheur des immigrés ou lutter contre la dérive sécuritaire devient aussi important qu'arrêter un métro pour laisser entrer un couple de vieux ou sauver des crabes (plutôt que des homards, car on peut en sauver plus). La conscience politique, pourtant admirée, est souvent tournée en ridicule, comme si l'engagement ne pouvait être que mou (Arthur) ou intégriste et irraisonné (Bahia et sa mère).
Et finalement, le discours sur les origines est très flou. D'un côté, le nom des gens rejette l'indifférence, l'ignorance de soi, de son histoire et de sa culture, et prône un melting-pot dynamique et curieux : La France, c'est ça, des arabes d'origine algérienne mélangés à des juifs venant de l'est, tous ayant subi au cours de leur histoire des horreurs dont la France elle-même est responsable. Mais d'un autre côté, les origines sont niées, elles ne sont pas importantes, elles sont même stigmatisantes, du coup l'enfant s'appelle Tchang et les personnages crient qu'on se fout d'où on vient. Le discours contradictoire devient parfois inquiétant et peut tendre à sacrifier la diversité des cultures au nom d'une égalité de tous les êtres humains qui se confondrait avec une seule identité, gigantesque et commune, dans laquelle toutes les particularités, toutes les communautés auraient été diluées. A force de vouloir le bien, le film lui-même se retrouve pris au piège du discours idéaliste et se rapproche de conclusions douteuses.

On retient quand même l'originalité et l'inventivité de la comédie et l'éloge de l'enthousiasme politique. Le refus total du cynisme. La critique systématique des non-dits, de tout ce qui est refoulé. Vouloir se battre pour savoir, pour comprendre, pour changer le monde, pour progresser, pour notre bonheur et pour celui des autres. Voilà ce qui fait qu'on est des êtres humains.

 

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 Retrouvez CQN par ici

 


1 commentaire(s)

Un film aérien pour parler de choses sérieuses. Petite-fille de pas grand chose, je suis ravie de cette histoire qui vous autorise ,en riant, à être "hic et nunc"; Tous les acteurs sont excellents et la la mise en scène distanciée ajoute au plaisir de chaque instant. Demain on reprendra sa défroque de militant mais on sera plus gai.
par escot, le 2010-12-12 20:24:00

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