Black Swan, Des bonnes idées et puis c’est tout…
le 04/03/2011 - par Rosebud Il y a 7 commentaires. Réagissez vous aussi !« Et l’Oscar 2011 de la meilleure bande originale est attribué à: Piotr Ilitch Tchaïkovski pour Black Swan ». Dans un monde idéal, ou peut-être dans le monde de Darren Aronofsky (le réalisateur de Black Swan), l’ami Piotr se lèverait très ému au milieu d’une foule d’applaudissements pour aller chercher sa statuette et ferait un très long discours devant une foule de sourires crispés, dont pas un seul n’oserait lui dire qu’on comprend rien quand il parle Russe (comme dans un bon détournement de Mozinor). Ah oui et aussi dans un monde idéal, Black Swan n’aurait pas d’autres récompenses (à part pour Nathalie Portman).
Les encouragements du conseil de classe…
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit : Black Swan est un bon film. Mais qui a le potentiel pour être excellent. A trop vouloir en faire il est toujours dans l’ébauche. (Remarquez selon certaines théories, l’ébauche est plus belle que l’œuvre achevée…) Pour ceux qui ont passé les 5 derniers mois dans un [mettre ici le nom d’un objet incongru et rigolo], Black Swan c’est l’histoire d’une danseuse classique, choisie par son maitre de ballet manipulateur (Vincent Cassel) pour jouer à la fois le rôle du cygne blanc et du cygne noire dans Le lac des cygnes de Tchaïkovski. Jeune fille craintive et timide, idéale pour le cygne blanc, elle va devoir apprendre à lâcher prise pour rendre la sensualité du cygne noir. Mais cette transformation ne se fera pas sans dommage pour la santé mentale de la jeune étoile. Comme dirait le bon Lapalisse, c’est donc un film sur la danse et sur la folie. Malheureusement le film se perd entre les deux. Les longues semaines d’efforts de la danseuse, les difficultés, les blessures… Tout ce combat semble se dérouler en quelques jours. La dérive dans la folie, entre hallucinations et paranoïa sent parfois le réchauffé (au-delà de quelques clins d’yeux évidents à Shining ou Batman : le défi pour ne citer qu’eux). La relation avec la mère, qui semble elle-même largement prédisposée à la folie, celle avec l’ancienne danseuse éclipsée ou même celle avec le maitre de ballet manipulateur ne sont jamais vraiment approfondies. La fin est trop brutale. On reste sur sa faim justement. Sur le plan formel, les images sont belles mais la réalisation assez monotone. Les longs mouvements tournants autour de Nathalie Portman (la moitié du film) finissent par lasser et on aurait voulu quelque chose de plus audacieux.
… à la perplexité générale.
Il est difficile de se faire une idée de Black Swan. La performance de Nathalie Portman est impressionnante, c’est l’une des certitudes. Il y a beaucoup de bonnes idées, de pistes qu’on aimerait voir approfondies, tant sur la folie que sur ce milieu difficile qu’est la danse classique (la rivalité entre danseuses par exemple). Mais cette apparente superficialité est-elle volontaire pour laisser libre la réflexion du spectateur ou bien un véritable manque de profondeur ? C’est difficile à dire. Quoiqu’il en soit, et c’est peut-être la force du film, il y a deux manières de regarder Black Swan. On peut refuser de se laisser emporter par la musique (sublime !) et voir tous ces petites imperfections, ces esquisses jamais terminées et regretter qu’un bon film manque de si peu le chef d’œuvre. Ou bien l’on peut se laisser emporter dans le tourbillon du ballet de Tchaïkovski et par l’interprétation de Nathalie Portman pour passer ainsi un très bon moment de cinéma.
Voir aussi la critique de Ted sur ce film
7 commentaire(s)
Toutes ces esquisses sont savamment calculées.
J'ai vu peu de films aussi subtils, accomplis au niveau de la surface comme des profondeurs, c'est à dire de sa signification existentielle, philosophique, esthétique. Qu'il se révèle populaire ajoute à la surprise - comme la BD, le cinéma tend à rester majoritairement populaire - c'est le qui caractérise de façon originaire. Un film populaire donc, allie rarement la délicatesse et la profondeur au spectacle qu'on va voir - que ce soit pour l'action, le rire ou l'émotion, nous allons au spectacle.
Dans ce film qui réunit tous les genres ou presque - c'est la première fois que je vois un thriller dramatique et fantastique d'épouvante, avec de l'ironie (et même du rire) - Aoronofsky nous mène en bateau parce qu'il a truqué l'intrigue. Dès le départ on fait fausse route, avec des questions dont les réponses seront au final esquivées : assiste-t-on à une critique d'un milieu ultra-compétitif sans pitié pour le corps et le mental de ces jeunes filles ? L'histoire du lac des cygnes sera-t-elle être transposée au réel ? L'héroïne va-t-elle trouver l'amour à travers son prof de danse (qui ferait le prince) ? Est-il un sale pervers manipulateur ou celui qui l'aimera vraiment ? Va-t-elle trouver une ennemie dans cette fille trouble ? Une amie ? Une amante ?
Ces deux-là (le prof et la fille délurée) vont-ils jouer le prince et le cygne-noir ? Oui, mais sans le savoir, et seulement dans la tête de Nina.
Dans sa folie, en leur attribuant un rôle (pris dans le scénario du lac des cygnes) elle se sert de ces deux-là pour parvenir à son seul but mégalo-artistique : la perfection. On est loin de blanche neige (c'est elle qu'elle nous évoque avec sa tête d'ange perdu) altruiste et n'existe que par le prince dont l'attente et l'absence créent la tension de l'intrigue. C'est le cygne noir qu'on attend.
"I was just perfect" : la boucle se ferme, avec cet écho à une réplique du début : "I just want to be perfect".
La folie de cette jeune fille apparemment si "gentille", si "victime" (mais en fait mue de tout son être par une ambition obsessionnelle) ne lui fait pas perdre pied. Son subconscient met tout en oeuvre pour accomplir un dessein conscient (une approche psychanalytique qui pose ainsi la question du libre arbitre lié à la volonté). Les autres ne sont que des pions - seule sa mère ex-danseuse semble vraiment avoir concrètement été "néfaste" (elle devient folle pour plusieurs raisons ; mais sa mère y est pour beaucoup).
Le film transgresse le schéma traditionnel de la quête initiatique. Dans la figure classique on part d'un point A à un point B, entre lesquels les épreuves franchies par le héros (dont le passage par la "mort", pas la vraie, la symbolique, qui mène à la transformation) lui servent à résoudre son problème, à se "trouver", à trouver la vérité via une révélation. Black Swan ressemble à ça, sauf que depuis le départ elle sait ce qu'elle veut : être parfaite, perfection qui passera par l'avènement du cygne noir qui couve en elle et ne demande qu'à éclore. C'est ce qu'elle atteint. Sa question n'était pas : que dois-je trouver ? Mais : comment l'atteindrai-je ? Si « révélation » il y a, elle est donc implicite. On peut la résumer ainsi : Nina ne parvient pas à son nirvana en dépit de sa folie, mais grâce à celle-ci. Les autres ne lui ont servi qu'à jouer le rôle lui permettant de l'atteindre.
C'est comme ça que l'intrigue, qui forme un mouvement double avec le cheminement initiatique, se réduit finalement à une peau de chagrin :
comment une danseuse voulait atteindre la perfection en interprétant la reine des cygnes, et comment elle y parvint - en croyant vivre réellement le scénario du Lac des cygnes. Elle y sacrifia sa santé mentale, puis sa vie.
Nous sommes entre le conte et la tragédie. Il ne raconte pas un naufrage, mais le sacrifice d'une martyre. Sacrifice ambivalent puisque qu'il a pour objet sa propre gloire en même temps que la Beauté.
Si conte il y a, il est d'un genre particulier. L'attente qui crée toute la tension n'est pas celle du prince charmant, qui permet l'histoire d'amour. C'est celle du cygne noir. Pour le dire autrement c'est le cygne noir qui joue le rôle du prince. C'est lui qu'on attend depuis le début, on ne pense finalement qu'à lui - elle finit pas nous insupporter avec son air de pucelle effarouchée. Le cygne c'est son propre double, elle même donc (son versant libéré, séducteur, envoûteur, mais toujours elle). Et c'est lui, son amour, sa vie. Avec lui se déroule, notons-le, la seule scène de sexe du film. Elle couche avec elle-même. La dimension narcissique de l'héroïne n'empêche pas l'empathie du public. Au contraire. Et c'est bien parce qu'il est contemporain.
par s666s666s, le 2011-03-04 17:41:00
Un film magnifique qui dégage une grande force émotionelle. Ce drame psychologique très bien ficelée est pour moi un chef-d'oeuvre de Darren Aronofsky ! Le réalisateur quitte le domaine du catch (The Wrestler) pour entrer dans la danse classique, dont le théme principal est : le lac des cygnes. La bande-sonore est vraiment très prenante, c'est à dire l'art de "Tchaikovski". Devant ce spectacle sublime, j'ai ressenti de l'émotion et de la peur, tellement le film posséde une image violente de la rivalité entre danseuses, malgré tout cela reste entre le rêve et la réalité. Nathalie Portman est bouleversante et sensuelle dans ce rôle qui lui va très bien. On sent que Darren Aronofsky vise vers la perfection et qu'il veut nous en mettre plein la vue. On pourrait penser à une version féminine de "The Wrestler". Il nous montre une très sombre vision sur ce film à la fois touchant et choquant. L'actrice est saisissante, elle incarne le rôle de la ballerine Nina qui sombre peu à peu dans la schizophrénie, et dans la folie puisqu'elle imagine le sang, le sexe. Ses fantasmes vont très loin, ses pas de danses sont de toute beauté, et elle veut atteindre la perfection à tout prix ! Black Swan est un grand modèle de cinéma à suivre de très près. Fort, poignant, envoûtant, ce film est surprenant. Les acteurs sont impeccables, en particulier Nathalie Portman qui représente l'ensemble du film, Mila Kunis est très bonne aussi, et Vincent Cassel est parfait en directeur, mais pas si dur que je le pensais. Black Swan reste une fiction, mais pourrait s'approcher du réalisme, si il n'y avait pas les rêves et la violence entre les deux jeunes rivales ! "L'obsession du physique, et de la perfection" c'est ce que Nina réussit à faire pendant tout le long du film. Un univers de danse impitoyable et dérangeant. Le réalisateur nourrit les fantasmes, à l'image de nina, pour la faire basculer dans la folie, et nous montrer la descente aux enfers des deux danseuses qui se font littéralement la guerre, et pas uniquement en rêve ! La bande-annonce n'est pas très bien faite, car elle dévoile plusieurs passages du film, et c'est dommage, car quelques scènes chocs ne sont plus des surprises ! Mais ce n'est qu'un avant-goût, et le film réserve bien plus que deux minutes d'extrait. Un film qu'on ne peut pas se permettre de manquer ! Darren Aronofsky maitrise d'une perfection extrême l'art de la danse. Nathalie Portman est gracieuse et élégante (avec tout l'entrainement qu'elle à eu avant de tourner le film, c'est une femme admirable et courageuse) Je m'incline devant elle ! Un moment intense. J'ai tant de mots à dire, concernant ce véritable chef-d'oeuvre. C'est un film que tout le monde peut aimer, ne serait-ce que pour sa beauté gracieuse, ou encore sa musique très prenante. Pour un grand classique de "Tchaikovski" j'applaudis ! Pour parler de la fin, elle est excellente comme tout le film d'ailleurs. La danseuse est irréprochable, et ne fait aucune fautes dans les chorégraphies. Quand elle joue le cygne noir, c'est ravissant, et elle déploie ses ailes noires, comme un vrai cygne.
Le plus marquant est le final, "La mort du cygne" remarquablement interprétée par l'actrice qui joue le cygne blanc à ce moment. Pour faire une belle conclusion, Black Swan est un thriller psychologique angoissant qui ne divertit pas seulement, mais qui fait frissonner et rêver du mal, et de fantasmes obsessionnels. Le tout est orchestré d'une manière impressionnante par la caméra du grand Aronofsky. Pour s'émouvoir et frissonner, c'est le bon film sans aucun doute. Annoncé comme l'une des plus belles réussites de cette année 2011 qui débute, je suis tout à fait d'accord. Un véritable chef-d'oeuvre réalisé de main de maitre par Darren Aronofsky.
par olivier, le 2011-03-04 23:13:00
tout à fait d'accord avec cet article!!!! j'étais très perplexe en sortant du cinéma!!!! je savai que ce n'était pas un mauvais film, mais j'avais difficile à formuler la critique juste!!! est ce subtil ou simplement des ébauches "effleurées" en plus!!!! et que dans le tourbillon de cette musique et de ces tutus virevoltants!!!!l 'essentiel se perd parfois! En plus j'ai une sorte d'antipathie pour Portman que je sens un peu vénale!!! en général! je ne suis pas sous le charme de son sex appeal!!!! alors voilà, oui j'étais perplexe!!! donc ce film n'est pas raté du tout!!!!
par marissaiux josiane, le 2011-03-05 08:28:00
oui. Un chef-d'oeuvre ce film !
par olivier, le 2011-03-05 11:35:00
A travers la bande annonce de Black Swan j'ai compris qu'il y avait un mélange de genres cinématographique. Il n'est pas correcte d'emmener des gens qui ne sont pas préparés, voir un thriller gore alors qu'ils pensent aller voir un drame autour de la préparation d'un ballet classique. c'est comme si vous faisiez un film pornographique intitulé Oscar ou Mickey et que l'on fasse croire que c'est un film pour enfants. De plus les Américain nous ont gavés depuis de nombreuses année avec des scénarios qu'il suffit d'aller chercher dans n'importe quel dossier de patients dans un hopital psychiatrique. Je n'irai pas voir ce film.
par Docteur Philippon Philippe, le 2011-03-05 11:50:00
c'est pas subtil du tout
Elle a une mère cinglée , une chambre avec plein de peluches à 20 ans , ne connaît pas la sexualité et ne fait que de la danse ; Elle devient cinglée , c'est normal
Commentaire aussi subtil que le film qui c'est vrai présente de superbes images et une belle musique
par ROYER , le 2011-03-05 13:57:00
Bref !
C'est un chef-d'oeuvre, point final. Le sujet est clos pour moi.
par olivier, le 2011-03-05 23:59:00
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