Fighter

le 30/03/2011 - par Ted Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Christian Bale avait perdu 30 kgs pour jouer dans The Machinist. Puis, il était revenu tout en muscles pour interpréter le Batman de Christopher Nolan. Nouvelle métamorphose et nouvelle perte de poids pour Fighter : Christian Bale campe un junkie assez mal en point. Pari gagné : dans une filmographie toujours plus riche, l'acteur trouve peut-être son rôle le plus marquant, en profitant pour empocher un Oscar. Note : 8/10

Fighter

USA, Drame, 1h53, 2010
Réalisé par David O. Russell
Avec Mark Wahlberg, Christian Bale, Amy Adams, Melissa Leo
Titre original : The Fighter
Sorti le 09 mars 2011
Oscars 2011 des meilleurs seconds rôles pour Christian Bale et Melissa Leo

Note : 8/10


Synopsis

Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l'aider à s'affranchir de l'influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes.
Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C'était avant qu'il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison.
Entre le sportif en quête d'un second souffle et l'ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d'échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu'ils ont raté chacun de leur côté...

 

 

Critique

Après I love Huckabees, David O. Russell passait pour mort. Il revient là où on ne l'attendait pas du tout, proposant quelque chose à l'exact opposé de son dernier film. D'où vient alors que Fighter est une réussite si saisissante? Est-ce la présence au générique de Darren Aronofsky, ici producteur délégué, qui transforme en or tout ce qu'il touche?

Toujours est-il que Fighter pourrait faire penser, et pas seulement par son titre, à The Wrestler, d'Aronofsky justement. L'approche documentaire, la misère du quotidien opposée à la majesté du ring, et cette mise en scène âpre, cette musique stridente qui donnent l'impression à tout moment que l'histoire va dérailler. On reconnaît forcément la marque du réalisateur de The Wrestler, d'autant plus qu'il n'est pas non plus étranger au thème de la drogue. Comme chez Aronofsky, La situation semble désespérée, le drame sourd attend son heure, on est au bord de l'explosion.

Fighter avance habilement jusqu'à ce point culminant, il tire sur la corde encore et encore et fait monter la tension très haut. La différence essentielle est ici. Chez Aronofsky réalisateur, jamais on ne recule. A la fin tout se casse, le film vacille, les personnages explosent, que ce soit dans Requiem for a dream, dans Black Swan, ou évidemment dans The Wrestler. Pas de rédemption possible chez Aronofsky.
Fighter se démarque clairement à ce moment-là. Le climax du film, excessivement fort, est la marche solitaire de Dicky dans les rues de Lowell, portant à la main le gâteau qui devait fêter son retour. Le style du film, naturaliste et rêche, l'ambiance misérable digne de Ken Loach, laissent présager le pire. On est devant des hommes maudits, coincés dans leur condition misérable. Le salut est là, si proche, mais le destin ne veut pas libérer ses proies.

C'est ici que Fighter surprend. Il ose un volte-face parfaitement inattendu et s'acharne à démontrer que l'impossible est possible. Les derniers moments du film sont pure jouissance. Les combats, très réalistes, prennent au corps. Tête-Corps-Tête-Corps. La technique est gagnante. Le spectateur est pris dans les cordes, ému et assommé.

Christian Bale, énorme, campe un personnage de cinéma immense, d'une densité extraordinaire, qui rappelle sans pâlir le Travis de Taxi Driver. Ses yeux fous nous poursuivent et Dicky, raté magnifique, grand frère égoïste et aveugle mais aussi grand frère aimant et lucide, sort victorieux de toutes ses contradictions. Fighter comporte certaines des scènes les plus glauques filmées ces dernières années, notamment quand la caméra s'attarde sur la famille de Micky. David O. Russell frôle presque le film d'épouvante lorsque les femelles de la tribu, inquiétantes créatures, se tiennent immobiles comme une masse dangereuse, vaguement hostile. Et pourtant, dans ce Lowell de drame social horrifique, la lumière apparaît d'un coup, une émotion aveuglante nous étreint.

Fighter est un film qui prend aux tripes. Il nous conduit dans les tréfonds de la misère et quand nous y sommes enfermés pour de bon, il nous libère. La plus belle réussite du film, c'est de rendre palpable le miracle. On avance sur un fil très léger, à chaque instant on craint que ça explose et on est surpris que la situation ne dégénère pas totalement. Le film était au bord de la rupture et il a tenu bon, contre toute attente il s'est métamorphosé en épopée héroïque. Renversant.

 


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