The Artist
le 06/07/2011 - par Andromaque Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Jean Dujardin n’aura pas volé son prix d’interprétation masculine au festival de Cannes. Celui qui a été capable d’endosser le rôle de Brice de Nice et d’OSS 117 a aussi été capable de faire rire dans The Artist, et, plus encore, d’émouvoir.
Long-métrage français . Durée : 01h40min.
Comédie dramatique / Romance avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo…
Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va, elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.
La trame est simple et efficace : une vedette du cinéma muet supplantée par une étoile montante du nouveau cinéma, magnifiquement incarnée par Bérénice Bejo. La mise en scène est efficace et rythmée, avec le côté naïf d’un conte pour enfant ; on ne s’ennuie pas une seconde. Pour cause : l’œuvre est loin d’être un prétexte pour oser quelque chose d’original qui change des effets spéciaux vus et revus ; il y a une réelle réflexion sur ce qui est de passer d’un âge à un autre, sur la précarité, la cruauté et l’éphémère.
Au-delà de ce premier degré de lecture, c’est toute une mise en abyme du cinéma qui rend hommage au cinéma en tant que septième art. Le cinéma muet ? Des mimiques, des grimaces, selon Peppy Miller, l’étoile montante. Et c’est vrai que les acteurs sont expressifs. Sans jamais en faire trop, ils reviennent aux sources de l’interprétation cinématographique : des visages pour le moins animés, comme au théâtre, qui instaurent une communication privilégiée avec le public. On sourit, on rit beaucoup. On se remémore les clowneries d’OSS 117, transposées dans un film qui n’est pas sans rappeler Singing in the rain, avec Gene Kelly. L’actrice éclipsée au profit du chien est une référence explicite à l’odieuse Lina Lamont, et le show final est un chapeau tiré aux grands maîtres américains.
Pour autant, l’œuvre de Michel Haza-navicius sait être autre chose qu’un album de tableaux désuets. Remarquons que les images sont extrêmement travaillées, et très esthétiques, notamment les plans de danse. Peppy Miller en train de se figurer l’artiste Georges Valentin au travers de son manteau est très drôle. Les dialogues tombent toujours à point nommé, et font mouche. Le tout est porté par une bande originale dynamique. Robert de Niro a par ailleurs fait part de son regret de n’avoir pu décerner plusieurs prix au film de Hazanavicius.
Alors n’hésitez pas : courrez en salle le 19 octobre prochain.
[Mention spéciale pour le chien de Georges Valentin, qui a reçu la « dog palme », décernée chaque année au meilleur chien de la compétition ! True story.]
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