Melancholia

le 19/07/2011 - par Coty pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Synopsis : À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

Melancholia

Réalisé par : Lars von Trier 
Drame  français, danois, suédois, allemand. Durée : 2h10min

Avec : John Hurt, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg

 

Ejectons tout d’abord le sujet lié à ce film : oui oui Lars von Trier a dit des choses pas bien au festival de Cannes, donc oui oui il est « persona non grata » mais non non son film n’est pas retiré de la compétition.

 

Pour ses propos nazis, antisémites et racistes, le réalisateur de Melancholia n’était plus le bienvenu au festival de Cannes cru 2011. Mais heureusement pour Kirsten Dunst qui en a retiré le prix de l’interprétation féminine, Melancholia est resté dans la compétition, parce qu’une œuvre n’est pas son réalisateur. Et c’est d’ailleurs sur l’œuvre et non sur le réalisateur que je vais écrire.

 

Melancholia est un film de 2h10, trop long, formé d’une introduction réussie et de deux parties.

 

La première partie, nommée « Justine », raconte le mariage de (suspense !) Justine dans le château de sa sœur Claire (le château est en fait à son mari, elle l’a bien choisi !). Le truc, c’est que Justine n’est pas comme tout le monde. Justine a des visions, des sensations. Et il a fallu que le soir de son mariage, alors que tout est parfait, qu’elle se sente mal. La première partie raconte cette nuit qui n’en finit pas, où nous suivons Justine dans ses déambulations sans raisons, où nous assistons aux tensions que son comportement déclenche, où notre principale occupation est de se demander ce qu’elle (Justine) fera après. A côté de ce scénario peu envoûtant se dressent des images magnifiques à l’esthétique très travaillé, comme des tableaux et une ambiance étrange qui nous tient pendant une heure, sans cela cette heure n’aurait servi à rien si ce n’est de poser les personnages et leurs caractères pour une meilleure compréhension de la partie suivante.

 

La deuxième partie porte le nom de Claire, la sœur de Justine, et est axée sur le déplacement surprenant d’une planète du nom de Melancholia. Selon les calculs des scientifiques, cette planète qui ne suit pas le schéma de rotation habituel devrait seulement frôler la Terre…Mais rien n’est moins sûr et c’est donc dans un climat d’appréhension que se déroule la deuxième heure. Les personnages sont coupés du monde, isolés dans leur château à des kilomètres du village le plus proche, ils sont quatre : Justine, Claire, son mari et son fils. Les images sont là aussi très belles, dans cette partie qui est aussi longue que la première, aussi lente. Mais elle a l’avantage de raconter une histoire avec une fin. Il se passe quelque chose et ce quelque chose est intéressant. Ouf !

 

J’ai gardé l’introduction pour la fin, parce que c’est sûrement la meilleure partie du film. D’abord, elle est courte. Ensuite elle est véritablement mystérieuse et véritablement prenante. Cette introduction est un enchaînement de tableaux esthétiques servis par une musique de style classique, forte et pénétrante. Mais ces tableaux ne sont pas que beaux, ils annoncent. Ils symbolisent. Toute l’intelligence du film se trouve concentrée dans ces quelques minutes qui nous font espérer bien plus que ce qui va suivre.

 

Melancholia est donc un bon film, mais rien de plus. C’est un film trop long. Les personnages sont bien joués, mais Kirsten Dunst n’a là rien de suffisamment exceptionnel pour mériter l’interprétation féminine. Elle a eu un rôle intéressant et l’a joué correctement. Point. Mention spéciale pour les tableaux stellaires, comme tirés de livres sur l’espace et le système solaire, qui, ne représentant aucune histoire, aucun personnage, font vibrer bien plus que tout le reste du film par l’impression immédiate de petitesse et d’infini qui en ressort. Je ne sais pas si Lars von Trier a une fierté à en tirer, mais c’est bien ce que j’ai préféré de ses deux heures dix de réalisation.

 

Sortie le 10 août 2011.

 

 


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