The Adjustment bureau

le 02/10/2011 - par Akme Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Your fate has been adjusted ...

The Adjustment bureau

Il est très difficile de critiquer un film comme The Adjustment Bureau sans dévoiler une grande part du scénario, supposé prendre le spectateur par surprise. Je fais le choix de divulguer l’information qui est révélée au bout de 20 minutes de film et qui le fait basculer d’un genre très spécifique à un autre. Il aurait été impossible d’être constructif par simple évocation. Soyez donc prévenus : cette critique, sans pour autant révéler le scénario dans son ensemble, mentionne à plusieurs reprises l’élément central de The Adjustment Bureau, qui fait la singularité de ce film.

Ceci étant dit, nous pouvons nous lancer dans la critique d’un film à la démarche intéressante. Quand Tony Scott rencontre Frank Capra.

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David Norris (Matt Damon) est le plus jeune sénateur jamais élu à la tête de l’état de New York. Brillant et charismatique, il présente tous les avantages pour être un jour à la tête du gouvernement. Cependant, un visage l’obsède, celui de Elise Sellas (Emily Blunt), une jeune femme rencontrée un soir d’élection et que le destin semble s’acharner à maintenir éloignée. Sauf que le « destin » paraît être manipulé par des forces de l’ombre aux motivations obscures.

            On a donc un postulat de base très contemporain et terre à terre avec le milieu politique, les magouilles électorales et tout le folklore d’une élection. Matt Damon remplit parfaitement son rôle de fils-préféré-de-l’Amérique, et sa rencontre dans les toilettes des hommes avec la charmante Emily Blunt est aussi sympathique que rafraîchissante. Celle-ci disparaît aussi vite qu’elle est apparue, laissant un sourire béat au jeune politicien.

            Mais, sur ce postulat, vient se greffer un élément très inattendu qui fait basculer l’histoire d’une romance en milieu politique dans le fantastique de la puissance divine. De mystérieux hommes à chapeau aux pouvoirs étranges vont mettre tout en place pour garder les deux amants le plus loin possible l’un de l’autre au nom « du plan ». On n’en apprendra que très peu sur ces membres du « bureau d’ajustement », ce qui n’est pas plus mal puisque cela assoit leur statut de puissance divine  (mais pas omnipotente) aux desseins impénétrables.

            On s’attend alors à voir le film décoller lorsque Norris, manifestement victime d’une erreur, échappe à leur contrôle et passe ainsi « derrière le rideau » et témoigne de leur existence. Mais le film peine à aller plus loin malgré un concept pourtant ambitieux. Cette idée de maîtres silencieux de l’univers ne sera pas plus développée, et ces êtres qui répondent à une puissance supérieure se cantonnent à mettre des bâtons dans les roues du malheureux couple. Dommage. Le scénario, adaptation d’une nouvelle de Philippe K Dick, offrait d’incroyables possibilités. Le cantonner à une romance est un peu réducteur, surtout qu’il souffre de nombreuses incohérences du fait de son trop faible développement.

            Il reste tout de même une jolie histoire d’amour entre 2 amants que la chance réunit mais que les architectes du destin veulent garder éloignés. La sauce prend un peu et l’on s’attache à ces personnages Cornelliens sauce Hollywood, même si leur romance est trop peu développée. C’est en cela qu’il y a une vraie âme de films Capra puisqu’il y a une légèreté, une insouciance, alliée à une force inébranlable des protagonistes au nom de l’Amour face à leurs obstacles qui rappelle son cinéma. On ne touche cependant jamais au lyrisme ni à l’humanité d’un It’s A Wonderful Life, ou d’une romance épique à la Gone With The Wind.

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            The Adjusment Bureau est donc un film simple, sans prétention, pas réellement frustrant, mais trop anodin pour être impérativement vu.

George Nolfi, habituellement scénariste au talent « relatif » (Ocean’s Twelve, The Sentinel, Bourne Ultimatum), signe ici sa première réalisation, et le passage derrière la caméra s’opère plutôt bien, avec une mise en scène sobre et simple. Cependant, ce sont les somptueux décors des splendides immeubles art déco de New York qui donnent sa tonalité solennelle à ce film plutôt que la mise en scène. Surprenant dans son approche d’un scénario fantastique, il ne prend cependant pas l’envol qu’une telle thématique aborde ni par sa mise en scène, ni par son scénario. Reste une romance « bigger than life » qui cherche à emprunter aux plus grands récits d’amour, et y arrive un peu. Sans être complètement anodin, The Adjustment Bureau est un bon divertissement honnête et simple, livré par un couple d’acteurs relativement attachant et un réalisateur débutant tirant parti des somptueux décors qu’offrent les vieux immeubles New Yorkais. Philippe K Dick n’a, pour une fois, pas à se retourner (trop de fois) dans sa tombe.

 


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