63e Festival de Cannes: 3eme jour
le 15/05/2010 - par PH pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Notre envoyé spécial nous compte sa journée au Festival et note les films. Au menu de cette 3ème journée: Tournée de Mathieu Amalric (en compétition) et Wall Street : Money Never Sleeps, d’Oliver Stone avec Shia LaBoeuf et Michael Douglas (hors compétition)
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Lionel Jospin acclamé en ouverture de la Semaine de la Critique… Mais où va donc le Festival ?! Certes, j’ai pas vu le film, et il parait que La Jospe est bien bonne dans sa petite intervention dans Le Nom Des Gens.
L’évènement du jour, c’est bien évidemment l’arrivée de la Chaine Media & Entertainment sur la Croisette, immédiatement en costume-lunettes de soleil, combo sacré de la Côte. « Bref », ces gens là ont tout compris. Sinon accessoirement, c’était la première grosse montée des marches pour Wall Street : Money Never Sleeps d’Oliver Stone. Entre le cast du film, Salma Hayek, Martin Scorsese, George Lucas, il y avait moyen de bien se frotter les yeux pour qui avait la chance d’avoir son invitation pour la soirée.
En ce qui me concerne, ce fut une journée de merde. Me reposant sur mes lauriers de la veille, je me suis laissé emporter dans un faux rythme et j’ai du me contenter de deux films aujourd’hui, après être arrivé trop tard pour en voir un troisième. Je me vengerais pendant le week-end, ou je raterais mon Festival.
12h00, après un réveil bien tardif dû à une première soirée bien arrosée, je me fais la séance de rattrapage de Tournée, le 4ème long-métrage du toujours excellent Mathieu Amalric. Cette fois derrière la caméra, le chouchou cannois nous livre une bulle de New Burlesque entre le drame, la comédie romantique et le road-movie. C’est l’histoire de Joaquim (Amalric himself), ancien grand producteur TV, qui revient d’Amérique avec un spectacle de strip-teaseuses aux formes généreuses. De ville en ville, la troupe de rondes rencontre un vif succès mais au moment de se diriger vers Paris, ville promise et fantasmée par ses filles, Joaquim se fait retirer la salle réservée par un vieil ami. Commence alors une course pour trouver la salle parisienne pendant que les strippeuses continuent leur tournée provinciale. La remontée de Joaquim dans la capitale le confrontera à son passé familial et professionnel, bien mal négocié… Burlesque, ça c’est sur. Amalric excellent, dirigé par lui-même, et des strippeuses assez incroyables dans le rôle qu’elles tiennent dans la vraie vie. Un conte sur un père brisé qui retrouve une famille par procuration. En temps normal, on n’aurait pas fait grand cas de ce film dans une compétition, mais là attention, ça rentre pile dans le genre de chose qu’un Burton pourrait adorer ! Du burlesque, de l’absurde, des personnages complètement pommés et déracinés qui se complaisent dans le médiocre… On est pas à l’abri d’une surprise pour cette bouffée d’air frais sans trop de prétentions.. En tout cas, on peut déjà imaginer un possible Prix d’Interprétation féminine pour l’ensemble des strippeuses, un peu à la façon des filles de Volver il y a deux ans.
Pour la prétention, il fallait aller au Grand Théâtre Lumière aujourd’hui. 14h30, deuxième projection de Wall Street : Money Never Sleeps d’Oliver Stone avec Michael Douglas et Shia LaBoeuf. Merci ! Merci vraiment à Oliver Stone de nous avoir mis face à une réalité qui nous était cachée, celle des méchants traders et des vilaines banques. C’est vrai, la finance, c’est mal. Et il faut l’expliquer au petit peuple. Comment ? Et bien, par exemple, en faisant dire à un broker après 5mn de film : « Investissez dans X, c’est notre reco. Et surtout n’oubliez pas pourquoi on est là : big bonuses ! ». Le ton est donné. Etape suivante : reprendre Michal Douglas. Quoi ? Il a les yeux marrons ? Mettez-lui verts au montage, ça fera plus cupide, parfait. Ah et aussi, on lui plaque les cheveux en arrière, histoire de rajouter un peu de mafieux au personnage. Et enfin, pour le jeune financier éco-responsable et naïf rejeté par ses requins de pairs, une histoire d’amour aidée/payée par le bagnard doublement repenti de Wall Street (allez hop, je viens de vous spoiler la fin, comme ça vous n’irez pas le voir). Ca marche les gars, là ? C’est bon ? Ok, j’appelle 20th Fox.
Décidément, le boboïsme hollywoodien fait peur. Pour ce monde horrifiant où chacun est tout blanc ou bien tout noir, pour les vicieuses associations d’idées glissées dans la tête du spectateur à chaque plan, pour ce chef d’œuvre de manichéisme vomitif, de propagande populiste parfaitement maitrisée dans tous les discours, de destruction du très bon premier opus de 1987, nous accorderons une note aussi extrême que la vision du réalisateur. On s’abstiendra de parler de malhonnêteté intellectuelle car Stone et ses copains croient surement à tout ce qu’il nous raconte, et c’est là le point le plus triste de l’histoire.
Bilan revisité de la veille :
- O Estranho Caso de Angélica, Note : 4/10 r: réception très mitigée, réalisateur ouvertement surcôté. Ce n’a rien d’un film qu’on retiendra, comme je l’avais prédit.
- Chongqing Blues, Note : 7/10 : réception plutôt mauvaise de la critique qui n’y voit absolument pas un candidat au palmarès. Taxé d’ennuyeux, la pellicule n’a pas autant plus aux journalistes qu’à votre envoyé spécial. Affaire à suivre.
- Marti, Dupa Craciun, Note : 4/10, 10 : Là encore, rien d’extraordinaire. Le sentiment est le même pour tous : ça partait fort puis c’est devenu inutile. Sera zappé dès le premier bon film du Certain Regard.
Bilan de la journée :
- Tournée, de Mathieu Amalric. En compétition. Note : 6/10
- Wall Street : Money Never Sleeps, d’Oliver Stone avec Shia LaBoeuf et Michael Douglas. Hors compétition. Note: 1/10
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Ce compte rendu du 63ème Festival de Cannes vous a été présenté par CineQuaNon en partenariat avec Orange. |
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