63e Festival de Cannes: 4eme jour

le 16/05/2010 - par PH pour CineQuaNon Il y a 5 commentaires. Réagissez vous aussi !

Première très grosse journée réussie avec 5 films dans la poche, et pas des moindres : Another Year de Mike Leigh, The Housemaid de Im Sangsoo, You Will Meet A Tall Dark Stranger de Woody Allen, Les Amours Imaginaires de Xavier Dolan et Kaboom de Gregg Araki

63e Festival de Cannes: 4eme jour

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Première très grosse journée réussie avec 5 films dans la poche, et pas des moindres ! Cerise sur le gateau : croiser Naomi Watts dans la zone Festival derrière le Palais, qui se ballade en toute détente.

8h30 : Selon l’avis général, le meilleur film présenté en compétition jusque là. Another Year, de Mike Leigh est une petite perle sur les relations humaines, agrémentée d’une touche d’humour très british bienvenue. C’est l’histoire d’un couple parfaitement heureux, Tom et Gerri (!), la cinquantaine. Ils se contentent de peu et s’aiment d’un amour vrai dans leur petit cottage à quelques minutes de Londres par le train. Le film est structuré en 4 saisons durant lesquelles leurs amis, tous bien névrosés et dépressifs, viennent chercher du réconfort auprès des deux lovebirds idéaux. La vieille fille, l’alcoolique, le voeuf… Tous passent et repassent dans ce foyer havre de paix où les hôtes font preuve d’une infinie tendresse et de compassion auprès de ces cas désespérés. Voilà le premier vrai petit bijou de la compétition, et une actrice formidable, Lesley Manville (Mary, la vieille fille), qui pour l’instant ferait couse seule pour l’interprétation féminine. On peut aussi parler de Jim Broadbent, excellent. Et cetera, et nul doute que cette comédie dramatique parfaitement maitrisée sera récompensée d’une façon où d’une autre ! Note : 8/10

12h : The Housemaid, de Im Sangsoo (Corée du Sud). La jeune Euny est engagée comme gouvernante dans une riche maison bourgeoise. Mais quand le mari du foyer la prend comme maîtresse, c’est toute la maison qui va changer. Huis-clos érotique, avec toute la poésie graphique et la sagesse que l’on connait au cinéma asiatique lorsqu’il traite d’amour. Beau sur la forme, on s’interroge quand même sur le fond du film : une première demi-heure érotique (et très misogyne par ailleurs), puis une grosse heure où l’on bande mou, mi-angoissé, mi-horrifié… mi-tout et au final, mi-dans le film. Il faudrait voir si l’original (The Servant, grand classique asiatique des années 60) parvenait à être plus efficace avec le même scenario. Manque de bol, je l’ai pas vu. Note : 5/10

17h : You Will Meet A Tall Dark Stranger, de Woody Allen. Il adore Cannes et Cannes l’adore. Toujours hors compétition, le moqueur de l’absurde humain revient cette année avec  un cast sympathique : Antonio Banderas, Josh Brolin, Anthony Hopkins, Gemma Jones et Naomi Watts. Amour, sexe, rire et trahisons. Les vies de plusieurs personnages dont les passions, ambitions et angoisses auront pour conséquence toutes sortes d’ennuis allant du loufoque au dangereux. Un couple qui s’effrite, un mariage annulé la veille, une grand-mère dépressive qui retrouve le gout de vivre grâce à une tireuse de cartes complètement allumée, un franc moment de rigolade à l’anglaise. Woody est ainsi ces derniers temps : invariable. Ses comédies ne surprennent plus vraiment. On a l’impression de revoir ses derniers films, avec toujours le même humour qu’on commence à voir venir de loin. Mais c’est tellement sympa que personne ne lui en tient vraiment rigueur. Un film qui n’a rien d’une œuvre majeure, seulement une petite comédie « qui ne veut rien dire ». Note : 5/10

22h15 : Les Amours Imaginaires, de Xavier Dolan. Découvert l’année dernière à la Quinzaine des Réalisteurs avec J’ai tué ma mère, le Canadien revient pile un an plus tard, cette fois une marche plus près de la cour des grands, dans la sélection Un Certain Regard. Vous vous rappelez cette pub Orange ? « Une claque. Une claque ». Ben là, pareil. Tout Debussy s’est levé pour saluer le jeune prodige qui confirme avec son deuxième opus. Les Amours Imaginaires sont une expérience sensorielle extraordinaire. L’histoire de Marie et Francis, meilleurs amis, la première hétéro et le second gay, qui tombent amoureux du même mec, Nicolas aux boucles blondes et au corps de dieu grec. Plus largement, l’histoire des amours que l’on s’invente dans la jeunesse, racontée par Marie, Francis et Nico, mais aussi d’autres intervenants ponctuels qui viennent expliquer leurs amours déçues plusieurs fois pendant le film. Visuellement magnifique et avec un humour décalé qui fait mouche, c’est certainement un candidat sérieux au palmarès de cette sélection parallèle. Une bien belle surprise ! Note : 8/10

00h45 : Kaboom, de Gregg Araki. On va pas faire long sur ce « film ». L’histoire ? Euh, bon. Alors c’est des étudiants un peu drogués qui s’enfilent les uns les autres, tous bisexuels et libertins. Et après il arrive des hommes avec des masques d’animaux qui tuent une rousse. Ou pas en fait, on sait pas trop. Une lesbienne nymphomane possédée par le diable qui tente de tuer son ex qui veut plus la lécher. Enfin bon, tout ça quoi, du grand n’importe quoi. En fait, c’est un peu une succession de scènes random, piochées dans les pires navets des différents genres. On commence par 10mn de teen-movie, puis 30mn de mauvais porno, enchainé avec un peu d’horreur très cheap, de la science-fiction et du thriller… On sait pas où on va et puisque rien de fonctionne, Araki s’en rend compte et pète un cable en partant en parodie genre Scream. Tout le monde se retrouve avec des supers pouvoirs, deux sectes se battent pour dominer le monde et repeupler la Terre, qui finalement explose dans un holocauste nucléaire déclenché par l’une d’entre elles. Et ça, ça se passe en 5mn chrono à la fin. Ecran rouge. Kaboom, et générique. Qu’est ce qu’on fout là putin, il est 2h du mat’ ! Vous demanderiez à un jury littéraire de noter le dessin d’un enfant ? Bon, alors venez pas demander à un festivalier ce qu’il a pensé de Kaboom. Note : 0/10 ou Non Noté.

 

 

Bilan revisité de la veille :

       - Tournée, de Mathieu Amalric : Très apprécié de presque tous, aucune critique réellement négative. Un film sérieux qu’on retient. Pour l’instant.

       - Wall Street, Money Never Sleeps, d’Oliver Stone : Souvent moqué et raillé, parfois seulement “décevant”. Seul Positif lui met la moyenne. Inutile.

 

Bilan de la journée :

       - Another Year, de Mike Leigh, avec Jim Broadbent, Ruth Sheen et Lesley Manville. En compétition. Note: 8/10

       - The Housemaid, de Im Sangsoo. En compétition. Note: 5/10

       - You Will Meet A Tall Dark Stranger, de Woody Allen, avec Josh Brolin, Naomi Watts et Gemma Jones. Hors Compétition. Note: 5/10

       - Les Amours Imaginaires, de Xavier Dolan. Sélection Un Certain Regard. Note : 8/10

       - Kaboom, de Gregg Araki. Hors Compétition. Note : 0/10 ou Non Noté

 

 

Ce compte rendu du 63ème Festival de Cannes vous a été présenté par CineQuaNon en partenariat avec Orange.

Orange  

 

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5 commentaire(s)

T'es complètement à la masse avec KABOOM! Standing ovation de 10 minutes mec j'y étais, t'as raté un truc! Ce film c'est la bombe décomplexée et anticonformiste de ce festival, ce qu'on attendait tous pour bousculer franchement cette morne sélection, loin de la démagogie et de l'académisme coutumier. C'est un autre genre, ça on le sait dès les premières minutes (enfin on le sait aussi parce que c'est l'essence même du cinéma d'Araki, que tu ne semble pas connaître). Tout y est parfaitement maîtrisé. Formellement sublime, pop et vibrant, doué d'un sens du récit absolument jouissif, de dialogues tranchants et d'une caricature hors du temps de la jeunesse américaine. Tout est soigneusement amené, servit par une interprétation fantastique et un final crescendo ju-bi-la-toire. Réalisme? on s'en fout c'est pas le propos. Gregg Araki possède un talent incroyable pour raconter des histoires aussi folles et complexes que celle-ci, créer l'hilarité autant que l'angoisse et réussit là ou Richard Kelly a échoué, une leçon de cinéma. KABOOM c'est la meilleure comédie de la décénnie! et peut-être le meilleur film de ce Festival.
par Freud, le 2010-05-17 01:29:00

L.O.L. J'ai rien vu de tout ce que tu énonces dans Kaboom...! J'y étais aussi, j'ai fait la standing ovation sarcastique pour cet ovni parce que j'ai halluciné sur les 10 dernières minutes, mais je suis bien trop classique pour reconnaitre ça comme du cinéma. Tout est tellement aléatoire qu'on rentre jamais dans l'histoire! D'ailleurs, y'en a pas vraiment, d'histoire. Du coup, ni hilarité, ni angoisse, ni rien du tout devant ce truc. J'ai vu ni fond ni forme... Par ailleurs, les quelques connaisseurs d'Araki que j'ai pu croiser m'ont quand même dit qu'il est plus sérieux d'habitude.
par PH, le 2010-05-17 03:28:00

va revoir le film tu comprendras mieux, c'est toutes les fêlures de la société de consommation américaine, dont la jeunesse dorée des campus universitaire est une victime manipulée, qui y sont déployées à l'excès (sexe, drogue, sitcoms, soap opera, comics, internet) dans une comédie décapante et vouée au culte. Un des meilleurs films d'Araki et que tous ses fans attendaient depuis longtemps puisqu'il revient enfin, après un très beau Mysterious Skin (seul film sérieux de sa filmo avec son premier lm the living end), aux délires de sa trilogie de teen movies (Totally fucked up, Doom Generation, Nowhere), des délires qui ont fait toute la renommée de son cinéma! Les connaisseurs que tu as croisés n'en sont donc pas... En même temps la présentation du film expliquait déjà clairement ce "retour", encore eut-il fallu lire celle-ci. Quant à l'histoire, il y en a une, elle n'est pas classique certes: "après avoir bouffé un cookies aux acids, Smith se retrouve témoin d'un enlèvement, il mène alors son enquête qui le conduira...spoiler" mais le peu que j'ai di est très clair, la suite l'est tout autant il faut juste se prendre au jeu et arrêter de ne vouloir que du "classique". Ah oui sinon en parlant de classique, j'ai trouvé que la best friend de Smith ressemblait étrangement à Audrey Hepburn... ce n'est peut-être pas un hasard. Autre coincidence, les amours imaginaires de Xavier Dolan et Kaboom de Gregg Araki évoquent tous les deux la théorie l'échelle de Kinsley. bizarrement, ce sont les deux seuls films qui m'ont rafraîchit pour l'instant pendant ce festival.
par Freud, le 2010-05-17 14:45:00

Alors là, je suis sans voix. Les voies d'Araki me sont donc impénétrables où alors c'est toi qui pousse le bouchon un peu loin. En tout cas, d'un oeil qui ne connait pas le réal, c'est incompréhensible... Heureusement qu'on est d'accord sur l'énorme clip de Dolan, belle bulle d'air pour le public jeune!
par PH, le 2010-05-18 00:46:00

oui on est d'accord sur Dolan, bon second film. mais pour revenir encore sur Kaboom, que ce soit une histoire totalement "improbable" je veux bien par contre "incompréhensible"... heu... j'insiste c'est limpide... et surréaliste. D'ailleurs, toi qui aime les choses "classiques"... et donc par défaut les grands classiques du cinéma quel qu'ils soit. je suis extrêmement surpris que tu n'aies même pas relevé le gros clin d'oeil fait à Luis Bunuel et Salvador Dali, la scène en noir et blanc au début de Kaboom est extraite du classique "Le Chien Andalou", film surréaliste né de la collaboration entre Bunuel et Dali. La scène est d'ailleurs réinsérée un peu plus tard dans le film. Retournes donc au cinéma avant de t'essayer à la critique, et quand je vois ton "Vous demanderiez à un jury littéraire de noter le dessin d’un enfant ?" je me demande vraiment pour qui tu te prends... en fait de toute évidence, la question apparaît autrement "demanderiez vous à un enfant de juger une oeuvre surréaliste pleines de réfèrences?" et la réponse est non.
par Freud, le 2010-05-18 13:25:00

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