63e Festival de Cannes: 9eme jour

le 21/05/2010 - par PH pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Bilan de ce jeudi 20 Mai : Simon Werner a disparu… (Lights Out) , premier film du français Fabrice Gobert; le très attendu Fair Game de Dough Liman et La Nostra Vita, de Daniele Luchetti

63e Festival de Cannes: 9eme jour

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Jeudi 20 mai 2010

Frais et reposé, je repars à la conquête des salles du Palais avec une grande volonté de réussir le sprint final jusqu’à Dimanche, fin des festivités cannoises !

 

Trois films débriefés aujourd’hui :

On commence par Simon Werner a disparu… (Lights Out) , premier film du français Fabrice Gobert traitant de la disparition mystérieuse d’un adolescent dans une classe de terminale. Des trâces de son sang son retrouvées dans une salle du lycée. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades. Quelques jours plus tard, une élève de la même classe est notée absente sans que ses parents ne sachent où elle est. Une jeune fille apparemment sans histoire et sans lien avec Simon, le premier disparu. Le lendemain, un troisième élève disparait à son tour… Avec une musique signée par les new-yorkais de Sonic Youth, rock énigmatique et dissonant, ce premier film laisse un sentiment mitigé. L’histoire part du mystère de la disparition de Simon, mais le vrai propos du film se tient sur les fantasmes de jeunesse et comment nous construisons facilement des histoires rocambolesques sur tout notre entourage, pour notre propre divertissement. Encore une fois, il est toujours difficile de trouver de jeunes acteurs déjà très convaincants. Le cast est sauvé par la sublime Ana Girardot (20 ans, mannequin, vous tue d’un regard, je veux t’épouser) dans le rôle de la fille parfaite et froide de qui tout le lycée rêve. Le film s’articule autour de 4 moyens-métrages reprenant chacun la même chronologie mais le d’un point de vue différent à chaque fois : d’abord Jérémie, puis Alice, puis Jean-Baptiste et enfin Simon, le disparu lui-même ; si bien qu’on ne découvre réellement ce qui s’est passé à la toute fin. Mais comment s’intéresser à un scénario lorsque le message du film (contrairement à l’intrigue, que l’on devine facilement) est loin ailleurs. Le développement de l’histoire est tellement pris en prétexte que l’illusion n’est jamais rehaussée et le suspense presque absent. Note : 4/10

Dough Liman revient avec le très attendu Fair Game, reprise à l’écran de l’histoire de Valerie Palme (Naomi Watts), agente de la CIA chargée de la non-prolifération des armes et qui dirige secrètement une enquête sur l’existence potentielle d’armes de destruction massive en Irak. Son mari, le diplomate Joe Wilson (Sean Penn), se voit confier la mission d’apporter les preuves d’une supposée vente d’uranium enrichi en provenance du Niger. Mais lorsque l’administration Bush ignore ses conclusions pour justifier le déclenchement de la guerre, Joe Wilson réagit via un éditorial dans le New York Times déclenchant ainsi la polémique. Peu après, la véritable identité de Valerie Palme est révélée par un célèbre journaliste de Washington. Avec sa couverture réduite à néant et ses contacts à l’étranger en danger de mort, Valerie voit s’effondrer sa carrière et sa vie privée. Après des années au service du gouvernement américain, elle va devoir se battre pour sauver sa réputation et sa famille. Fair Game rempli le quota du film de gauche américaine anti-Bush en compétition. On y reconnaitra tout de même un excellent thriller politique porté brillament par Naomi Watts (encore !) et plus pauvrement par un Sean Penn vieillissant. Après Mr. & Mrs. Smith et The Bourne Identity, Liman s’impose comme un maître du thriller américain, à la caméra portée et aux plans serrés assez crus qui renforce l’angoisse amenée naturellement par un scenario révoltant (parce qu’il est vrai !). La musique accompagne ce joli ensemble, et je met un +1 parce que ça commence avec du Gorillaz. Evidemment, on n’évite jamais les travers hollywoodiens, la tendance naturelle à verser dans le pathos, l’exagération et le gros, mais ici cela passe comme mineur à côtés d’autres œuvres très engagées anti-Bush des dernières années. La politisation de l’art accouche quasiment tout le temps de gros navets, mais lorsque Liman sait garder une distance et une objectivité minimum, cela donne un très bon moment d’entertainment et d’information. Il n’a rien à espérer au final, mais rencontrera surement un beau succès en salles. Note : 7/10

Pour finir, on parlera du représentant italien de l’année : Daniele Luchetti venu présenter La Nostra Vita, tranche de vie de Claudio, ouvrier dans le bâtiment et qui travaille sur un chantier dans la banlieue de Rome. Il est très amoureux de sa femme, enceinte de leur troisième enfant. Un drame inattendu va soudain bouleverser l’existence de cette vie simple et heureuse. Pour survivre, Claudio va affronter avec rage l’injustice intime et sociale qui le touche. Le soutien de sa famille, de ses amis et l’amour de ses enfants vont l’aider à réussir le pari de sa vie. Décidément, encore un film sur la problématique de la paternité, cette fois à la sauce italienne – personnages tous magouilleurs mais bonnards. Après le salué Mon Frêre est Fils Unique (2007) et surtout fort de son lointain succès Il Portaborse (1991), Luchetti développe à nouveau un drame social touchant et qui devrait bien réussir en salle – modestement. Le choix d’une réalisation minime laisse cependant à désirer. Luchetti veut avant tout raconter l’histoire au plus près, et ne prend aucun temps pour les fioritures. Les amateurs de grands tableaux et de photographie ne trouveront pas grand-chose à retirer ce film, et c’est justement cette réalisation un peu brute de décoffrage qui nous empêche de vraiment s’attacher à la terrible histoire de Claudio. On pourrait compatir, ressentir, pleurer. Mais on se contente de se faire conter cette tranche de vie sans parvenir à y prendre part. Note : 4/10

 

 

Bilan revisité de la veille :

      -  Octubre de Daniel et Diego Vega : Difficilement accessible à la compréhension et visuellement pesant, c’est un premier film qui ne fera pas date pour les frères péruviens.

 

Bilan de la journée :

      -  Simon Werner a disparu… , de Fabrice Godert. Sélection Un Certain Regard. Note: 4/10

      -  Fair Game, de Dough Liman avec Naomi Watts et Sean Penn. En Compétition. Note: 7/10

      -  La Nostra vità de Daniele Luchetti. Note: 4/10

 

 

 

Ce compte rendu du 63ème Festival de Cannes vous a été présenté par CineQuaNon en partenariat avec Orange.

Orange  

 

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