63e Festival de Cannes: 11eme jour
le 23/05/2010 - par PH pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Cette fois c’est bien terminé ! 3 derniers films et quelques pronostics avant les résultats et la clôture du Festival
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Samedi 22 mai 2010
Cette fois c’est bien terminé ! Hormis les séances de rattrapage du dimanche – que je ne vous reporterais pas puisque je file direct dans le train ensuite – il n’y a plus rien à faire au Palais à part attendre la cérémonie de clôture et le palmarès.
Pour l’heure, les deux premières récompenses attendues sont tombées :
- Jury Œcuménique
Deux Mentions spéciales à Another Year de Mike Leigh et Poetry de Lee Chang-dong
Prix du Jury Œcuménique à Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois - Jury de la FIPRESCI : Prix accordé à Tournée de Mathieu Amalric
Trois derniers films pour finir :
On commence par Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives du thailandais Apichatpong Wheerasethakul (à vos souhaits). Boonmee souffre d’une insuffisance rénale aigue et décide de finir ses jours auprès des siens à la campagne. Etrangement, les fantômes de sa femme décédée et de son fils disparu lui apparaissent et le prennent sous leurs ailes. Méditant sur les raisons de sa maladie, Boonmee va traverser la jungle avec sa famille jusqu’à une grotte au sommet d’une colline – le lieu de naissance de sa première vie. Ce film est tout simplement incompréhensible, mais n’en reste pas moins agréable. On nage dans le flou total du scénario mais cette forêt enchanteresse est douce, toujours éclairée par une pleine lune qui lui donne des reflets bleutés, quasi elfiques. On prend rapidement conscience d’être face à quelque chose de très visuel et peu narratif : absence de temps, apparition sporadique de singes-fantômes – esprits des défunts refusant de quitter la forêt, beaucoup de mystique avec, notamment, ce conte sorti de nulle part et ininterprétable sur le poisson-chat Roi des eaux. Abordé seulement sous cet angle visuel, le film se regarde sans trop ressentir l’ennui et l’énervement qui gagne les festivaliers rapidement en cette fin de semaine. Mais le dernier quart du film après la mort de Boonmee vient achever les quelques survivants du public. Note : 4/10
Parlons ensuite du retour de Kornel Mundruczo, le hongrois déjà sélectionné en 2008 avec Delta et qui réédite sa belle performance d’endormir la moitié de la salle en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. L’autre moitié, elle, tente de s’intéresser à Szelid Teremtès (A Tender Son – The Frankenstein Project), nouveau film abordant le thème de la paternité niée. A 17 ans, Rudi revient en espérant retrouver sa famille et surtout connaitre l’identité de son père. Presque par hasard, il se retrouve dans un casting dirigé par son géniteur sans même qu’il le sache. Rudi, enfant détruit, devient un tueur poursuivi, un monstre froid créé par sa famille qui ne l’a jamais réellement reconnu. Là encore, c’est l’ennui le plus profond et sans les explications du réalisateur, 99% du public aura du mal à trouver un sens à cette histoire invraisemblable joué par des personnages tout sauf humains. Aucune émotion, même pas de peur face à ce fils qui peut tuer à n’importe quel moment pour une raison inconnue. Des pantins pour un screenplay qui demande de l’humanité ! Enfin bref, c’est ennuyeux à mourir, y compris dans les paysages et les décors. On sort de la salle déprimé et quasi suicidaire. A éviter. Note : 3/10
Et on finit avec le gros poisson de dernière minute : Route Irish de Ken Loach. Le cinéaste déjà palmé pour The Wind That Shakes The Barley a été sélectionné quelques jours seulement avant l’ouverture du Festival, pour compléter un line-up qui manquait de grands noms. Le film est absent de tous les programmes et brochures quotidiennes et le seul synopsis trouvable est bien court : l’histoire de deux amis agents de sécurité en Irak risquant leur vie dans une ville ravagée par la violence. Et d’ailleurs, ce pitch est partiellement faux puisque le film commence justement par l’annonce de la mort d’un de ces deux amis. L’énigme se déroule autour du second personnage, essayant d’éclaircir les circonstances de la mort de son ami à Bagdad. Ken Loach déroule cette intrigue autour des « mercenaires », ces engagés volontaires dans des entreprises de sécurité privées auxquelles les forces de maintien de la paix en Irak délèguent des missions, souvent entachées de grosses bavures. Enthousiasmant sur le papier, le film se révèle être un thriller sans rythme et au nœud facile. L’acteur principal, Mark Womack, hérite d’un personnage trop simple à la vulgarité chronique peu crédible et passablement fatigante. Une fiction de plus sur l’Irak qui ne fera pas date, et une nouvelle déception pour la compétition de Cannes 2010. Note : 5/10
Bilan de la journée :
- Uncle Boonmee, d’Apitchapong Wheerasethakul. En Compétition. Note : 4/10
- A Tender Son, de Kornel Mundruczo. En Compétition. Note : 3/10
- Route Irish, de Ken Loach. En Compétition. Note : 4/10
Le Festival est terminé ! On passe donc à une petite séquence ludique de pronostics basé sur les échos cannois de ces 10 derniers jours.
Les films probablement récompensés sont les suivants: Another Year (Mike Leigh), Des Hommes et des Dieux (Xavier Beauvois), Tournée (Mathieu Amalric), Biutiful (Alejandro Gonzalez Inarritù)…
Mouillons-nous un peu. Voici le Palmarès anticipé du 63ème Festival de Cannes, toujours selon un concentré des critiques entendus depuis le 12 Mai, en accord avec votre envoyé spécial :
- Palme d’Or : Another Year, de Mike Leigh
- Grand Prix : Des Hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois
- Prix du Jury : Chongqing Blues, de Wang Xiaoshuan
- Interprétation Féminine : Lesley Manville, dans Another Year
- Interprétation Masculine : Javier Bardem, dans Biutiful
- Prix de la Mise en Scène : La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier
- Prix du Scénario : Tournée, de Mathieu Amalric
Les paris sont ouverts ! Résultats dans le début de la soirée…
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Ce compte rendu du 63ème Festival de Cannes vous a été présenté par CineQuaNon en partenariat avec Orange. |
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