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Les Grands Festivals

30e Festival américain de Deauville : L'inauguration

30e Festival américain de Deauville : L'inauguration

Premiers échos du festival américain de Deauville (3-12 septembre) : "Catwoman", "Z channel : a magnificent obsession" et "les Parisiens". A suivre...


Le festival s'est ouvert avec “Les parisiens", le premier volet de la trilogie “Le genre humain” de Claude Lelouch. Le réalisateur est d'ailleurs le président du jury de la manifestation, ce qui laisse un peu pantois... Comme s'il faisait honneur à Deauville en donnant en avant-première son prochain film. Ce qu'on peut dire, c'est que c'est du Lelouch pur sang. L'artiste qui se regarde créer dans toute sa splendeur. Un petit pictch. Shaa et Massimo chantent dans la rue. Ils se font remarquer et commencent une carrière dans un jazz club réputé de Paris, menant de front leur relation amoureuse. Mais un producteur demande à Shaa de tout quitter (amour et travail) pour devenir une “star”. Finalement, c'est un échec total et c'est Massimo qui devient une star. Shaa écrit un livre sur son malheur et évidemment, sieur Lelouch himself tombe dessus et décide de l'adapter au cinéma... Lelouch ne peut jamais s'empêcher de parler de lui au premier degré dans ses films, de montrer que l'art c'est génial mais que la vie c'est encore mieux... Les chansons ponctuent le film (Le bonheur c'est mieux que la vie et Crépuscule du boulevard composées exprès pour le film...), le problème c'est que ce sont les deux mêmes chansons : je tiens à préciser que le film dure deux heures, faites le calcul ! Autrement, c'est une myriade d'acteurs qui se succèdent les uns aux autres : Arielle Dombasle, Michel Leeb, Cyrielle Clair, Mathilde Seigner (dans un double rôle), Maïwenn (ex-épouse de Besson et soeur d'Isild Le Besco), Cristiana Reali... Certains sont là pour une performance de deux minutes, d'autres tiennent davantage l'affiche. Mais tout reste à une superficialité habituelle. On n'a pas évité la discussion sexuelle habituelle (cette fois-ci, c'est l'éjaculation...). Tout est habituel : Lelouch fait du Lelouch et ne prend jamais de recul par rapport à sa propre création. Normal : scénariste, réalisateur, producteur et même distributeur !! Personne ne peut lui dire : hé Claude, ça suffit maintenant...

Aujourd'hui [samedi 4 septembre], “Catwoman” a été projeté. Énorme blockbuster américain réalisé par le français Pitof ! (son premier long était “Vidocq”). Histoire d'une femme qui meurt dans un complot et qui se réincarne en catwoman ! Miaou... Avec Halle Berry dans le rôle titre, on est servi par cette tigresse plus que féline. Les effets spéciaux sont excellents, et si l'histoire n'est pas d'une originalité folle, le film est toutefois divertissant et très bien maîtrisé. Un autre frenchie : le très très désirable Lambert Wilson dans le rôle du méchant !! On en redemande... Un film pour passer une bonne soirée pas très profonde.

Et enfin, “Z channel : a magnificent obsession”, le documentaire de la fille (mais pas seulement) de John Cassavetes et Gena Rowlands, Xan Cassavetes. C'est l'histoire de Z channel, une chaîne câblée aux USA qui émettait de 1960 à 1989 environ seulement à Los Angeles. Programmation de cinéphiles, une chaîne entièrement consacrée aux films, en version intégrale sans coupures publicitaires. Une utopie, un rêve aujourd'hui... Le documentaire retrace toute l'existence de la chaîne incarnée en la personne de Jerry Harvey qui s'est occupé de la programmation dès le début et qui a donné le ton si particulier de la chaîne. Films européens (Truffaut, Zulawski, Petersen..), indépendants américains (Peckinpah, Altman, Bertolucci, Harris..). Un éclectisme très enrichissant et des témoignages à hurler de rire : Quentin (prononcez Couintine) Tarantino, tout en gestes et en couinements, qui explique son désir pour l'actrice Laura Antonelli et sa déception de ne pas la voir nue dans un film... Mais une fin tragique : Jerry Harvey tue sa femme et se suicide après. Génie ou pas du petit écran underground de L.A., c'est un meurtrier. Et Xan Cassavetes brosse un portrait de la chaîne, des réalisateurs qui ont participé à sa renommée, des amis et de l'entourage de Harvey tout en finesse. Jamais dans le pathos ou le spectaculaire. Les cinéphiles sont gâtés et les novices devraient apprécier la découverte de cette chaîne de cinéma pas comme les autres.

Pour l'instant, des films variés (blockbusters dont le nouveau Spielberg, la compétition indépendante, et le nouvelle sélection des documentaires). Et bien sûr des stars sur les planches... Mais le plus intéressant reste toujours la salle obscure !

Retrouvez la suite des échos du festival

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14/11/2005


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