2nd volet. Au programme : «Searching for Debra Winger» , «The notebook», «The safety of objects», «Les brodeuses» et... «Rencontres du troisième type». Un festival haut en couleurs !
Dimanche 4 et lundi 5 septembre
L'événement majeur de ce week-end est l'hommage à Steven Spielberg, venu spécialement pour présenter la rétrospective qui lui est consacrée (et recevoir, entre autres, de Chirac la légion d'honneur à Paris). Je suis donc allée voir Rencontres du troisième type, chef d'oeuvre de kitsch et d'effets spéciaux de 1977... « E.T. », à côté, c'était génial !! C'est l'histoire d'extra-terrestres qui viennent perturber le quotidien des gentils Américains : le film vaut juste le détour pour la présence de François Truffaut dans le rôle du scientifique. « Hi, I am Claude Lacombe, I don't speak english very well... » : à croquer ! Et si un des chantres de la Nouvelle Vague a accepté de jouer dans ce film, c'est qu'il doit bien y avoir des finesses cachées que je n'ai pas su voir... Un collector en somme !
Autrement, encore un documentaire d'une Vip (cf le documentaire de Xan Cassavetes) : Rosanna Arquette et son Searching for Debra Winger ou comment la danseuse de « Les chaussons rouges » a arrêté de danser pour son prince charmant. La réalisatrice va donc rencontrer les actrices les plus célèbres d'Hollywood : Robin Wright-Penn, Sharon Stone, Holly Hunter, Whoopi Goldberg, Patricia Arquette, Julianna Margulies, Jane Fonda... Et toutes de se demander si c'est possible d'être actrice, amoureuse, mère. Si la démarche n'est pas dénuée d'intérêt, le traitement est un peu léger, et pas très fouillé. Les actrices sont fraîches, souvent pleines d'autodérision (les bons mots de Whoopi Goldberg sur ses fesses...) mais répètent toutes la même chanson : on ne peut pas tout avoir ! Quand on décide de devenir actrice à Hollywood, on peut s'attendre à ne pas être chez soi 24 h/24... à moins d'être actrice en France, et encore... Ce qui est un peu décevant, c'est que Rosanna Arquette se met souvent en valeur (et pas de manière très fine...), qu'elle n'a pas su finir son documentaire. Pourtant, on passe une heure et demi agréable à écouter ces beautés en diable.
Après la fille, le fils : Nick Cassavetes a présenté en avant-première son nouveau film, The notebook (N'oublie jamais, avec Gena Rowlands, sortie prévue le 8 septembre). Nous sommes dans une maison de retraite et un vieil homme fait tous les jours la lecture à une vieille dame atteinte de la maladie d'Alzeihmer. Il lui lit l'histoire d'amour estivale de deux jeunes, Allie et Noah, que le milieu social sépare : elle jeune fille gâtée et lui ouvrier à la scierie. A la rentrée, elle doit partir à l'université de New York. Ils sont désespérés, mais pire que tout, les parents d'Allie font tout pour les séparer et la mère cache les lettres de Noah. Mais ils se retrouveront... Évidemment, le vieil homme est Noah et la vieille femme Allie. Le film est bourré de bons sentiments à l'américaine, sans aucune force ou émotion. On est déçu d'autant plus que son premier film, « She's so lovely » (avec Sean Penn, Robin Wright-Penn et John Travolta) était plus que magnifique : le scénario avait été écrit par son père, il ne faut pas l'oublier... Nick Cassavetes est un bon technicien de la caméra, la réalisation est léchée, mais il devrait mieux choisir ses scénaristes !
En hommage à la productrice américaine indépendante Christine Vachon et Glenn Close également, The safety of objects de Rose Troche a été projeté. Quatre familles voisines de la bonne Amérique. Bouleversées par l'accident du garçon d'une des familles qui est devenu complètement paralysé et qui ne peut plus absolument rien faire. Un portrait tout en finesse d'hommes et de femmes qui ont des comportements stéréotypés, sans âme et que la perte, la rupture va frapper. Tout se déglingue et tous essaient d'y faire face à leur manière. La femme plaquée par son mari, la mère dévastée par l'état physique de son fils, la soeur qui se sent responsable... Si parfois le film n'évite pas les clichés et les caricatures, on est touché par ces personnages désemparés. Et la construction (on apprend la cause de l'accident à la fin du film) permet de faire monter la tension et de trouver une bonne fin.
Enfin, dimanche a été remis le prix Michel d'Ornano (ancien maire de Deauville) au premier film français Les brodeuses d'Eleonore Faucher (sortie prévue le 13 octobre). Un film touchant sur une jeune fille, Claire (Lola Naymark), tombée enceinte involontairement (qui le cache à tous) et qui réussit à trouver une place de brodeuse auprès de Madame Mélikian (Ariane Ascaride). La jeune fille sauvage et la mère qui a perdu son fils vont apprendre à s'apprivoiser, à s'aimer, à partager des moments de travail et de complicité. Un film très bien réalisé, aux broderies magnifiques. Une jeune fille et une mère, toutes deux blessées, qui apprennent à devenir femmes. Et la révélation de l'actrice Lola Naymark.
Pour moi, Deauville c'est fini... Un festival haut en couleurs, en films (enfin, si on veut !) et en stars locales...
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