Les Évadés
le 14/03/2010 - par Vince pour CineQuaNon Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Il est des films qui ne seront jamais reconnus à leur vraie valeur, et celui-ci en fait probablement partie. Une réussite artistique qui a fait un flop au box-office mais se classe aujourd'hui parmi les plus grands films de tous les temps !
Titre original: The Shawshank Redemption
Réalisé par Frank Darabont (La Ligne Verte)
Adapté du livre de Stephen King
Sortie en France : 1er mars 1995
Avec Tim Robbins, Morgan Freeman
Durée : 142 min
Production : Castle Rock Entertainment
"Fear can hold you prisoner. Hope can set you free."
Synopsis
Maine, 1947. Andy Dufresne (Tim Robbins), un banquier cultivé et intelligent, est condamné deux fois à perpétuité pour le meurtre de sa femme et son amant. Il purgera sa peine à la prison de Shawshank, où il fera entre autres la rencontre de Ellis 'Red' Redding (Morgan Freeman), connu pour être capable de faire rentrer n'importe quel objet dans la prison. Mais Andy lui fera une demande particulièrement originale : pas de cigarettes, pas de chewing-gums, pas d'arme blanche, pas de drogue, pas de magazines pour adultes... Il ne demandera qu'un petit outil d'une quinzaine de centimètres, servant à tailler des pierres avec précision ; tout ça pour pouvoir se fabriquer un jeu d'échec !
Les années passent, mais rien ne change vraiment. La vie est dure et le quotidien violent à Shawshank. Pourtant, Andy ne renonce pas à ce qu'il aimait en tant qu'homme libre, et parvient à rasembler des fonds pour financer une bibliothèque et rendre la culture accessible à ses compagnons. À côté de ça, il mettra ses talents de banquier futé au service des activités pas toujours très claires du directeur de la prison.
Andy et Red deviennent inséparables après une quinzaine d'années, pourtant ils ne sont pas d'accord sur un point : l'espoir de sortir un jour. Red étant là depuis 35 ans et ses demandes de remise de peine étant toujours rejetées, il lui est plus commode de se faire à l'idée qu'il ne remettra plus jamais les pieds dehors. Andy, en revanche, refuse d'abandonner...
Critique
Il est des films qui ne seront jamais reconnus à leur vraie valeur, et celui-ci en fait probablement partie. Si j'écris ces lignes, c'est parce que j'ai constaté avec surprise que trop peu de monde autour de moi avait vu ce monument. Si j'écris ces lignes, c'est pour tenter de rapprocher un peu plus ce chef-d'oeuvre de la reconnaissance qu'il mérite, au moins aux yeux des quelques-uns qui les liront. Le monde du cinéma est décidément bien ironique. Car si ce film parle d'espoir, il dépeint aussi l'injustice la plus amère, dont a fait les frais Andy Dufresne, jugé coupable à défaut de pouvoir prouver son innocence. Injuste, pareillement, est le fait qu'une telle réussite artistique ait fait un flop au box-office mondial lors de sa sortie en 1995, et qu'il n'ait reçu aucun Oscar malgré 7 nominations. Heureusement, le film a par la suite connu de meilleurs jours, et se place aujourd'hui dans le top 5 de nombreux classements des plus grands films de tous les temps...
Mais revenons à nos moutons. Comme je l'ai dit, The Shawshank Redemption parle d'Espoir. L'espoir de pouvoir revivre un jour, l'espoir de connaître un autre quotidien. L'espoir de ne plus vivre dans l'oppression induite par l'horreur carcérale. Le film aurait pu être centré sur cette douleur, cette noirceur, ce malaise ambiant, mais il n'en est rien. En le voyant, vous sourirez souvent, et rirez même parfois. Morgan Freeman y est pour quelque chose, et place comme toujours quelques répliques cultes et plusieurs allusions pleines de finesse. Tim Robbins, lui, se dépasse dans le rôle de l'homme inoffensif mais plein de ressources, altruiste mais mystérieux. Mystérieux, également, le fait que l'acteur n'ait pas d'autres vrais "grands films" à son actif...
Du génie devant la caméra donc, mais aussi derrière. Frank Darabont, le réalisateur, digère parfaitement l'univers carcéral sans en faire l'objet véritable de son film, ou en tout cas sans le caricaturer. Il récidivera d'alleurs quatre ans plus tard avec La Ligne Verte, l'une des pièces maîtresses de la carrière de Tom Hanks.
Quant au scénario, dont le dénouement est génialement inattendu, il est très fidèle au roman de Stephen King, même si Darabont a ajouté à l'oeuvre de son ami (qui lui a, pour la petite histoire, cédé les droits d'adaptation pour 1$) quelques détails savoureux, et surtout une bande sonore idéale collant parfaitement aux émotions ressenties. Preuve que le support cinématographique peut apporter quelque chose en retour à la littérature...
Pour faire simple, Les Évadés est une adaptation brillante d'un livre excellent, et incarne le film à connaître pour tout cinéphile digne de ce nom. C'est aussi, à mon sens, le chef-d'oeuvre le plus abouti de ce dernier quart de siècle.
1 commentaire(s)
Vu et revu mais toujours humain et surprenant!
par Boris, le 2010-07-18 23:24:00
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'

