Film de science-fiction de Ridley Scott avec Harisson Ford, Rutger Hauer... L'homme peut-il impunément jouer à Dieu?
Los Angeles, 2019. Deckard (Harisson Ford) est un Blade Runner en retraite. Qu'est ce qu'un Blade Runner me direz-vous. Et bien c'est une sorte de flic spécialisé dans la chasse aux répliquants. Mais alors qu'est ce qu'un répliquant? C'est un androïde, dont l'espèce la plus évoluée, les Nexus 6, a été déclarée hors-la-loi après une révolte sur Mars. Voilà les protagonistes. Voyons maintenant l'histoire: six Nexus 6 particulièrement dangereux, notamment leur leader, Batty, arrivent sur Terre et le lieutenant Bryant fait appel au meilleur Blade Runner encore en état de partir à la chasse, Deckard, pour les arrêter. Durant son enquête, qui l'emmènera dans les coins les plus lugubres d'une Cité des Anges surpeuplée, celui-ci fait la connaissance d'une autre répliquante, Rachel, qui n'était pas au courant de son statut d'androide (en effet chaque répliquant se voit implanter des souvenirs de sorte qu'il croit réellement être humain). Pendant ce temps, Batty cherche à retrouver son "créateur", Tyrell, pour réclamer plus de vie. Car comme tout répliquant, il n'est fait que pour vivre 4 ans.
Et oui, c'est pas facile à raconter, un film aussi riche et quelle richesse!
Sur le plan philosophique, c'est bien la question de l'humain qui est en jeu: comment (et doit-on) décréter ce qui est humain et ce qui ne l'est pas? L'homme peut-il impunément jouer à Dieu?
Au-delà de l'aspect "apprenti sorcier", il est incontestable que Tyrell, le concepteur de répliquants, constitue une véritable figure divine et Batty (Rutger Hauer, un acteur remarquable) serait alors le fils de Dieu, une sorte de messie venu libérer ses frères. La scène de leur rencontre est d'ailleurs fascinante du point de vue émotionnel des personnages. Tyrell éprouve une fierté et une admiration indéniable devant le génie de son fils tandis que Batty, en digne fils prodigue, devra affronter son père pour accomplir sa destinée. Mais c'est avant tout l'ambiguité morale du personnage de Deckard qui fascine, une ambiguité parfaitement rendue par le jeu "tout en finesse" d'Harisson Ford (son plus grand rôle au cinéma avec Indiana Jones). Au fur et à mesure du film Deckard devient une sorte de témoin du changement qui s'opère, témoin d'une ère ou la nature humaine n'appartient plus aux hommes. Et devant le trouble qu'il ressent face à son métier, on en vient même à se poser la question de savoir s'il est lui-même un répliquant. Selon Ridley Scott, tout dans le film indique qu'il est bien un répliquant, notamment la fin (que je ne vais pas dévoiler, mais pour la comprendre, pensez au rêve de la licorne). A vous de juger
Parlons enfin de Ridley Scott. Ce film est LE chef d'oeuvre de ce metteur en scène tellement génial à une époque (Alien) et qui s'est depuis tellement fourvoyé dans des navets irregardables (Hannibal, ou bien la bouse avec Demi Moore chauve). Visuellement on est transporté dans un Los Angeles multiculturel, gothique, avec des buildings grimpant à perte de vue et de faibles lueurs jaillissant de nulle part. Un environnement lourd, oppressant, grouillant de vie, ou la frontière entre la nuit et le jour semble avoir disparu. Un look saisissant, souvent copié (par des dizaines de réalisateurs, et pas des moindres: Lucas, Spielberg etc) mais jamais égalé
Pour conclure ce ne n'est pas pour rien si le film Blade Runner passionne. L'histoire est intelligente, la réalisation captivante l'histoire même du making of du film est tumultueuse et du coup très intéressante.
Sorti une première fois en salles en 1982 dans une version charcutée par les producteurs (avec notamment l'ajout d'une voix off qui gâche un peu l'atmosphère envoûtante, ainsi qu'une fin plus longue très hollywoodienne) qui trouvaient le film original trop "artistique" et obscur, le film ressort en salles 10 ans plus tard en tant que director's cut, mais un director's cut un peu baclé (certaines scènes avaient été allongées pour la voix-off, et comme elles ont été gardées tel quel, mais sans voix off, elles paraissent bien longues).
Bref il faudra attendre l'édition collector DVD, annoncée comme grandiose, mais en préparation depuis bientôt trois ans, pour voir LE montage tel que Ridley Scott l'imaginait depuis le départ.
Ce film est tiré du chef d'oeuvre de Philippe K. Dick, ( Do Androids Dream of Electric Sheep? ) maître et visionnaire de la littérature de science-fiction, d'autres de ses romans comme Minority Report ont d'ailleurs été repris par Hollywood.
Pour anecdote, des scientifiques britanniques ont élu récemment Blade Runner comme le meilleur film de science fiction de tous les temps.
Bon résumé! Le film est visuellement très sympa, il donne une esthétique très particulière à cette oeuvre, mais, comme c'est souvent le cas au cinéma et c'est normal, il élude quelques aspects de l'histoire. En lisant le bouquin, vous saurez si Deckard est un androïde ou pas ! Mais allez plutôt lire l'article sur le roman de PK Dick dans la section littérature :-) (Je me fais un peu de pub...)
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Bon résumé! Le film est visuellement très sympa, il donne une esthétique très particulière à cette oeuvre, mais, comme c'est souvent le cas au cinéma et c'est normal, il élude quelques aspects de l'histoire. En lisant le bouquin, vous saurez si Deckard est un androïde ou pas ! Mais allez plutôt lire l'article sur le roman de PK Dick dans la section littérature :-) (Je me fais un peu de pub...)
21/04/2005 19:06:00 - Callie