Rencontre avec un des acteurs à l'affiche de 99 francs, qui sort au cinéma le 26 septembre
Pouvez-vous nous raconter votre parcours scolaire ?
Je suis arrivé au collège à Paris ou j'ai alterné public et privé car j'étais un peu turbulent. Puis, j'ai eu mon bac L option cinéma avec mention. Je suis alors allé à la Fac mais j'y suis resté très peu de temps car ce n'était pas mon truc. J'étais déjà acteur ; j'ai commencé à 10 ans avec Louis Enfant Roi. Jusqu'à 15 ans, j'ai joué pas mal de rôles. Les tournages se passaient surtout l'été. Puis j'ai recommencé à tourner à partir de ma terminale sur des séries télé.
A 20 ans, j'ai eu le rôle de Rastignac. Et depuis, je fais les films que j'aime et je vis de mon métier.
Ma famille ne vient pas du milieu du cinéma et je n'ai pas fait d'école d'acteur mais j'ai suivi des stages de formation continue à l'AFDAS. J'ai appris sur le tas, mais je trouve important de continuer à se former.
Etes-vous d'accord pour dire que le téléfilm de Rastignac a joué un rôle essentiel dans votre carrière ?
Rastignac m'a fait connaître auprès du public et des gens du métier. C'était un rôle fort. Les gens étaient surpris qu'on puisse laisser les clés d'un personnage à quelqu'un qui n'a que 20 ans. C'était il y a 8 ans et les gens continuent à m'en parler !
Avez-vous eu des difficultés à passer du petit écran au grand écran ?
On m'a proposé peu de rôles passionnants sur téléfilms à part L'enfant des lumières de Daniel Vigne avec Nathalie Baye. J'ai donc bifurqué vers le cinéma. J'aime bien avoir des pauses entre les films pour me ressourcer et ne pas enchaîner les rôles. Mon expérience personnelle influence beaucoup mon travail d'acteur.
Le rythme de tournage d'un téléfilm est assez soutenu. Le tournage se fait en 22 jours. Au cinéma, on trouve plus le temps pour travailler une scène ou trouver du plaisir.
Vous êtes cette année juré au festival de Cognac ?
Oui, je suis très content car j'adore ça. J'avais aussi été juré il y a 8 ans. J'ai aussi été juré au festival Action Asia à Deauville cette année. On a récompensé un film de Hong Kong qui s'appelle Dog bite Dog. C'est un film extraordinaire !
Quel genre de films aimez-vous ?
J'aime tous les cinémas : les comédies, films d'action, polars, films de genre, films noirs, science-fiction. Quand j'étais adolescent, j'étais cinéphage. Il m'arrivait d'aller au cinéma 4 fois par jour.
Comment s'est passé le tournage de Jacquou le Croquanten Roumanie?
Le tournage s'est très bien passé. Comme c'est un film en costume avec des scènes à cheval, on s'est beaucoup amusé. J'ai appris Mario Luraschi avec le même dresseur équestre que dans Louis Enfant Roi. On a aussi passé du temps pour les chorégraphies, mais je n'ai pas trouvé le temps long. Ca doit être le seul métier où on vous apprend à danser, chanter, à faire de l'épée pour votre travail! Dans les scènes du début du film, il pleut des cordes. Et avec tous nos costumes trempés, on avait l'impression de porter une armure !
Le pays est magnifique et les gens sont charmants. Mais c'était assez troublant le décalage entre le monde du cinéma et la pauvreté roumaine.
Pouvez-vous nous parler de Laurent Boutonnat ? Pourquoi a-t-il fallu attendre autant de temps entre le tournage du film et sa sortie en salles ?
Laurent Boutonnant est quelqu'un de très charismatique. Un bel homme avec une tignasse frisée et une pipe qu'il ne quitte jamais ! Je l'apprécie beaucoup. Il est aussi très perfectionniste. Voilà pourquoi il a mis un certain temps pour finir son film.
Comment avez-vous obtenu le rôle du Comte de Nansac ?
Au début, Laurent Boutonnat a rencontré beaucoup d'acteurs pour Jacquou et il a aimé Gaspard Ulliel tout de suite. Il m'a proposé un rôle autre que celui de Nansac. Je trouvais le scénario formidable mais j'avais du mal à me voir dans le rôle qu'il me proposait. Je l'ai appelé pour lui parler de ça. Il m'a écouté et m'a dit : « Qu'est ce que vous pensez du rôle du Comte de Nansac ? ». Je lui réponds : « Il est formidable, mais au début du film, il a déjà 40 ans. » Il me dit qu'il peut rajeunir le personnage. C'est alors que j'ai foncé pour ce rôle. J'étais ravi de faire tous les essais caméras maquillages, costumes. Les essais ont été concluants et voila !
Tous les matins, on arrivait à 5h au studio. Je me posais pour me faire maquiller et coiffer. Je m'endormais et trois heures après, la transformation avait lieu !
Près de 900 000 personne sont allés voir Jacquou Le Croquant au cinéma. Est-ce un succès ou un échec?
Je trouve que ramener près d'un million de personnes dans les salles, c'est vraiment bien. Maintenant, les producteurs auraient espéré plus car le film a coûté cher et l'investissement n'a pas été encore rentabilisé. Mais le film a de l'ampleur et il sera sûrement vendu à l'étranger.
Vous avez aussi joué dans le film Grande Ecole, qui s'est tourné à l'ESSEC. Des souvenirs de tournage ?
C'était un petit film tourné avec peu de moyens mais très agréable à faire. Le tournage a duré deux mois et demi en juin 2002. Je trouve que les textes de Jean-Marie Besset étaient très bons. J'avais lu plusieurs de ses pièces et j'ai beaucoup parlé avec lui. Je suis allé aussi sur les campus de grandes écoles avant le tournage. C'était des rôles de compositions proposés à des jeunes acteurs. Robert Salis donnait peu d'indications et restait silencieux mais il a quand même réussi à mener sa barque là où il voulait.
Je connaissais déjà Elodie Navarre. Par contre, c'est durant ce tournage que j'ai rencontré Alice Taglioni.
On les retrouve justement dans votre premier court-métrage Acteur. Comment est venue l'idée ?
Pour mon court-métrage, j'ai réuni presque tous mes amis. J'ai eu la chance d'écrire ce film en pensant à des acteurs que j'adorais. Et j'ai eu la chance qu'ils aient accepté de jouer dedans. Je voulais raconter cette histoire que je trouvais drôle, à la fois anecdotique mais qui raconte un peu notre métier. Devenir réalisateur, c'est un peu un rêve d'adolescence. J'ai beaucoup travaillé depuis 8 ans en tant qu'acteur. L'écriture prend du temps et je m'y mets à mon rythme. J'envisage d'autres réalisations avec Mandarin Cinéma, la même équipe qui a produit mon premier court-métrage.
Votre prochain film 99 francs sort le 26 septembre. Des souvenirs de tournage avec Jan Kounen ou Jean Dujardin?
Le tournage a eu lieu fin 2006. Jan Kounen ne ressemble pas du tout à ses films qui sont plutôt sombre. Il est drôle et c'est un bonheur de tourner avec lui.
Jean Dujardin est quelqu'un très généreux et sympathique. On se connaissait un peu car les frères Altmayer qui ont produit mon court-métrage, ont aussi produit Brice de Nice et OSS117. On a sympathisé très vite comme si on était amis depuis des années. En plus dans le film, je joue Charlie, le meilleur ami d'Octave joué par Jean Dujardin. Beaucoup de fous rires surtout dans la partie du film où on partage le même bureau.
Vous avez récemment tourné avec Alice Taglioni dans Notre univers impitoyable, prochainement en salles ? Comment s'est passé le casting ?
C'est un film de Léa Fazer avec aussi Thierry Lhermitte. C'est l'histoire de deux avocats d'affaires qui travaillent dans un gros cabinet. Un jour, un des associés du cabinet a une crise cardiaque et le couple se retrouve en concurrence pour le poste de direction. Le film raconte comment cela va se passer si c'est l'un ou l'autre qui va avoir la poste. C'est une comédie qui donne une réflexion moderne sur le monde du travail et qui pose la question : comment le mari vit-il le fait que sa femme gagne plus d'argent que lui ?
En ce qui concerne le casting, Alice et moi étions très contents de refaire un film ensemble. La réalisatrice nous a au départ casté séparément. Elle a aimé nos prestations puis on est passé ensemble et c'était encore mieux !
Quelles sont vos adresses favorites dans Paris ?
Dans le quartier Latin, j'aime bien le café des Editeurs, le restaurant italien Marco Polo ou traîner à la terrasse du Rostand face au Luxembourg et voir les gens passer. J'aime bien aussi essayer les gadgets à la Fnac Digitale ou aller au cinéma Max Linder.
Propos recueillis par Marc Li pour ESSEClive le 18 juin 2007.
03/10/2007
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Allez voir 99 francs, c'est une bombe! Après "l'invité", je pensais que le cinema français ne se releverais pas.... et si! Une enorme claque visuel, une réalisation parfaite, des centaines de details qui font la richesse de l'univers decrit, et le tout avec beaucoup d'humour.
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Allez voir 99 francs, c'est une bombe! Après "l'invité", je pensais que le cinema français ne se releverais pas.... et si! Une enorme claque visuel, une réalisation parfaite, des centaines de details qui font la richesse de l'univers decrit, et le tout avec beaucoup d'humour.
02/10/2007 01:32:00 - Guigui