Alejandro Gonzales Inarritu
le 07/09/2011 - par Roulia Roberts pour CineQuaNon Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Réalisateur et producteur mexicain
Né en 1963 à Mexico, Alejandro González Inárritu débute sa carrière de réalisateur en tournant de nombreuses publicités et courts-métrages, après avoir animé et dirigé l’une des plus célèbres stations de radio mexicaines, WFM. Parmi ses courts-métrages les plus connus, retenons Powder Keg, celui qu’il a réalisé en 2001 pour la série de courts de BMW (The Hire), ainsi que le segment « Mexico » qu’il a réalisé pour 11'09''01 September 11. En faisant appel à notre imagination et à notre sensibilité, il relève à merveille le défi d’évoquer des thèmes aussi sombres et troublants que la mort d’un photographe pendant la guerre et les attentats du 11 septembre. Dans le premier, il se focalise sur les dernières paroles du photographe en accompagnant sa mort par une musique toute aussi remarquable que significative (Una palabra de Carlos Varela). Il choisit de traiter le deuxième sujet de manière bien différente. Au lieu de revoir des images que l’on a déjà vu maintes fois, on se retrouve face à un écran noir, quelques flashs d’images, et on écoute… On écoute la panique, la crainte, la tristesse, l’angoisse. On écoute, on imagine, on ressent.
Ses films sont tous aussi troublants que ses courts-métrages. Sa collaboration avec Guillermo Arriaga sera décisive pour la profondeur de ses scénarios. Sa trilogie sur la mort (Amores Perros (2000), 21 Grams (2003) et Babel (2006)) a reçu de nombreux prix et des éloges prestigieux. La signature d’Alejandro González Inár-ritu : des destins qui s’entremêlent et des films en forme de puzzle qui tiennent en haleine. Ce qu’il cherche à peindre, c’est la fragilité de l’existence. Dans Amores Perros, on se retrouve plongé dans le réalisme de Mexico à suivre les histoires violentes et émouvantes de trois personnages dont les vies sont reliées par un accident de voiture. Il a entre autre reçu le prix du meilleur film étranger lors des BAFTA Awards en 2002. Alejandro González Inárritu approfondit également dans 21 Grams plusieurs sujets sensibles : la mort, le don d’organe, l’amour, la haine, la violence, la drogue... Un terrible accident va réunir Paul, en attente d’une greffe du cœur, Jack, un gangster repenti et Christina, ex-junkie et va nous entrainer dans une histoire profonde et captivante. Sean Penn (Paul) a reçu en 2003 au Festival de Venise la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine. Quant à Babel, on est transporté simultanément au Maroc, au Japon, aux Etats-Unis et au Mexique. Les histoires sont émouvantes, les acteurs rentrent à merveille dans leurs personnages et la musique de Gustavo Santaolalla est envoutante.
Son dernier film, Biutiful, actuellement en salle, peut en laisser beaucoup perplexes. Certains en ressortent troublés, d’autres touchés. La fascination d’Inárritu pour la misère humaine est toujours aussi présente et poignante. Bien que l’absence de narration puzzle rende ce film moins captivant que ses précédents, la musique, également de Gustavo Santaolalla, enchante remarquablement bien ce film et l’interprétation de Javier Bardem est particulièrement réussie.
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