Candy

le 10/03/2003 - par Jack Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Comédie américaine (1969) de Christian Marquand avec Ewa Aulin, Ringo Starr, James Coburn, Marlon Brondo, Charles Aznavour.

Candy Candy est un film qui se veut à la fois kitsch et critique. Kitsch dans le sens où tous les décors, toutes les scènes, et tous les costumes y participent. Critique parce qu'il se veut être un documentaire romancé sur les années 60. Les deux sont réussis. Tourné en 1968, il reprend à la fois les grands thèmes de l'époque : Peace and love, le charlatanisme des gourous spirituels que la matérialité n'atteint pas, sauf peut-être à l'heure des repas, les Beatles, et les films qui ont marqué la décennie. Insistons plus particulièrement sur ces deux derniers points ; Ringo Starr joue le rôle d'un jardinier idiot, en passe de devenir prêtre. A la fin du film, on le voit, dans un grand parc, entouré de monde, en train de prêcher la bonne parole, ce qui n'est évidemment pas sans rappeler les séances de mysticisme auxquelles s'adonnaient le Beatles. De même tout le film fait référence à l'époque. Comment ne peut-on pas voir dans la grande maison du bossu, dont tous les meubles sont recouverts de linge blanc, l'image de la maison de Lolita (Kubrick, 1962), maison du vicieux par excellence, maison de celui qui l'aspire vers la tentation. De même le chef militaire, cloisonné avec ses hommes dans un bombardier depuis 6 ans, dont les discours patriculièrement patriotiques, évoquent ceux d'un Docteur Folamour (Kubrick, 1964), à cette différence près que le second se délecte par l'entremise d'un Playboy aux pages glacées tandis que le premier a le luxe de pouvoir se satisfaire d'une Lolita en chair et en os. On pourra en outre noter la présence d'un sosie de Peter Sellers, aussi bien dans le visage et dans la manière de jouer que dans les rôles attribués. On se plairait à croire que celui-ci joue à la fois le père de Lolita, père un peu "vieux jeu", que la science d'un docteur Krankeit (James Coburn) rend trop Peace and love, et l'oncle de la jeune innocente, oncle par contre au fait de cette libération que le film dénonce.

On retrouve dans ce film la caricature d'un Godard errant, caméra à la main, filmant toutes les scènes de la vie quotidienne, de la jeune fille ouvrant la bouche pour dire "Non", au réalisateur s'évanouissant. On regrettera peut-être la longueur du film et l'absence d'innovation en termes d'évolution du scénario (le même scénario a lieu dix fois de suite, certes avec des personnages différents, mais toujours sur le même ton, et avec une fin toujours identique). On regrettera aussi les apparitions un peu rapides de James Coburn, de Marlon Brando, alias Mc Phisto, poète controversé dont le lyrisme n'a d'égal que sa passion incontrôlable pour les choses de la vie. Tous les personnages passent et disparaissent aussi rapidement qu'ils étaient venus. Est-ce à dire qu'ils n'importent pas, et que seule l'errance de Candy est significative ? Sûrement, mais ces trouble-fêtes ponctuels donnaient plus de poids au film que les divagations corporelles de la jeune Lolita.


Faites part de vos suggestions sur le Forum Cinéma


0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
 

En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.

SONDAGE

Connectez-vous pour voir le sondage !

Edito

 Simples cinéphiles ou véritables mordus du cinéma, vous voulez écrire un article sur un film ou nous aider à faire vivre la rubrique et rejoindre notre équipe de rédacteurs:

Envoyez nous vos idées et vos articles (en francais et/ou anglais) et vous serez publié !!

Bonne lecture et bon film !!

 

cinema/esseclive-patte.gif

 Simple moviegoers or real cinema geek, you want to write an article about a film, come and join our team of editors:
Send us your ideas and your article (in English, French or both) and you will be published!!

Enjoy your time here!


vers Edito

Rechercher une séance



vers Rechercher une séance