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Toutes les reprises

Candy

Candy

Comédie américaine (1969) de Christian Marquand avec Ewa Aulin, Ringo Starr, James Coburn, Marlon Brondo, Charles Aznavour.


Candy est un film qui se veut à la fois kitsch et critique. Kitsch dans le sens où tous les décors, toutes les scènes, et tous les costumes y participent. Critique parce qu'il se veut être un documentaire romancé sur les années 60. Les deux sont réussis. Tourné en 1968, il reprend à la fois les grands thèmes de l'époque : Peace and love, le charlatanisme des gourous spirituels que la matérialité n'atteint pas, sauf peut-être à l'heure des repas, les Beatles, et les films qui ont marqué la décennie. Insistons plus particulièrement sur ces deux derniers points ; Ringo Starr joue le rôle d'un jardinier idiot, en passe de devenir prêtre. A la fin du film, on le voit, dans un grand parc, entouré de monde, en train de prêcher la bonne parole, ce qui n'est évidemment pas sans rappeler les séances de mysticisme auxquelles s'adonnaient le Beatles. De même tout le film fait référence à l'époque. Comment ne peut-on pas voir dans la grande maison du bossu, dont tous les meubles sont recouverts de linge blanc, l'image de la maison de Lolita (Kubrick, 1962), maison du vicieux par excellence, maison de celui qui l'aspire vers la tentation. De même le chef militaire, cloisonné avec ses hommes dans un bombardier depuis 6 ans, dont les discours patriculièrement patriotiques, évoquent ceux d'un Docteur Folamour (Kubrick, 1964), à cette différence près que le second se délecte par l'entremise d'un Playboy aux pages glacées tandis que le premier a le luxe de pouvoir se satisfaire d'une Lolita en chair et en os. On pourra en outre noter la présence d'un sosie de Peter Sellers, aussi bien dans le visage et dans la manière de jouer que dans les rôles attribués. On se plairait à croire que celui-ci joue à la fois le père de Lolita, père un peu "vieux jeu", que la science d'un docteur Krankeit (James Coburn) rend trop Peace and love, et l'oncle de la jeune innocente, oncle par contre au fait de cette libération que le film dénonce.

On retrouve dans ce film la caricature d'un Godard errant, caméra à la main, filmant toutes les scènes de la vie quotidienne, de la jeune fille ouvrant la bouche pour dire "Non", au réalisateur s'évanouissant. On regrettera peut-être la longueur du film et l'absence d'innovation en termes d'évolution du scénario (le même scénario a lieu dix fois de suite, certes avec des personnages différents, mais toujours sur le même ton, et avec une fin toujours identique). On regrettera aussi les apparitions un peu rapides de James Coburn, de Marlon Brando, alias Mc Phisto, poète controversé dont le lyrisme n'a d'égal que sa passion incontrôlable pour les choses de la vie. Tous les personnages passent et disparaissent aussi rapidement qu'ils étaient venus. Est-ce à dire qu'ils n'importent pas, et que seule l'errance de Candy est significative ? Sûrement, mais ces trouble-fêtes ponctuels donnaient plus de poids au film que les divagations corporelles de la jeune Lolita.


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24/04/2003


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