Irma la douce

le 22/07/2004 - par Hélène Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Film américain de Billy Wilder (1963). Avec Shirley McLaine, Jack Lemmon,...
Un rôle dont la reprise théâtrale a fait le succès d'une certaine Clotilde Courau, future princesse. Bref, un personnage plein d'avenir'

Irma la douce Irma (Shirley McLaine), dite « la Douce », exerce le plus vieux métier du monde dans le quartier chaud des Halles. Héroïne éponyme, elle est forcément la moins amateur des professionnelles locales et tient son art, qui passe de mère en fille, pour une véritable vocation : « It's not a job, it's a profession ! » s'enorgueillit-elle . Un jeune policier naïf et par trop zélé, Nestor (Jack Lemmon), entreprend d'épurer le quartier ; mais en découvrant son supérieur hiérarchique dans un lupanar, le jobard commet un impair qui lui vaut sa place. Désormais sans travail, il devient le souteneur d'Irma. Amoureux de la belle et jaloux, il décide de se métamorphoser en un unique client richissime, lord X, un excentrique Anglais. Oui, mais comment payer Irma et faire vivre le couple désormais??

L'unité de lieu, qui explique les nombreuses adaptations théâtrales, recrée l'atmosphère du « ventre de Paris », univers déjanté, indatable et presque kitsch. Ce milieu ni bourgeois ni populaire, et surtout pas ouvrier, s'avère un monde à l'envers, où le maquereau sue sang et eau pour sa prostituée. On retrouve donc l'univers léché des comédies musicales aux personnages souriants et aux corps agiles (voir l'amusante partie de twist). Le tout, pétri de bons sentiments et servi par un scénario habile, qui amène des situations complexes dans un univers simple quoique capricieux, et retarde confidences et aveux pour ménager le suspense d'une intrigue. On appréciera les références à My Fair Lady, la comédie musicale qui a su éviter l'écueil du scénario faiblard : motif de la femme arrachée à la rue par l'homme qui l'aime, et cultissime réplique « The rain in Spain stays mainly in a plain », répétée en VO comme une formule Assimil.

En VO également, quelques mots français d'une rare poésie (« mac » et « poule ») et le titre : le charme des mots et accents qui se croisent constitue une fantaisie verbale participant de la fantaisie générale, qui veut qu'un parangon d'intégrité devienne le criminel idéal, et qu'une prostituée finisse en épouse rangée. La patte de Billy Wilder se manifeste dans l'importance accordée au travestissement, qui permet à l'acteur Jack Lemmon, coutumier de la pratique, de créer une identité (lord X), ou de la recouvrer (rôle de l'uniforme de policier). Typiques de Wilder également, les allusions graveleuses. Ainsi que la pratique de la pointe finale, une expression à la fois ultra-décalée et complètement banale, comme l'inoubliable « Nobody's perfect » de Certains l'aiment chaud .

Une remotivation originale du thème du couple prostituée/bagnard, donc, servie par une musique réussie, mais qui pèche par l'absence de psychologie d'une héroïne qui possède une silhouette (des collants verts inénarrables !), mais pas de véritable personnalité.

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