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Toutes les reprises

The Ladykillers

The Ladykillers

Comédie britannique (1955) de Alexander Mackendrick, avec Alec Guinness, Peter Sellers...


Je ne me permettrai pas ici de comparer le remake de Tueurs de dames avec l'original, mais quand même. En voyant Tom Hanks à la plce de Alec Guinness, l'on peut d'ores et déjà se poser des questions. Quid de ce besoin d'établir une égalité raciale, qui n'a ici, a priori, pas lieu d'être. M'est avis enfin que madame Wilberforce, dont la force de caractère se cache si bien derrière cette innocence de vieille dame mélomane, ne trouve pas son écho chez les frères Coen.
Ceci dit, laissons là les déboires d'une histoire qui tente de se plagier, et revenons sur l'une des plus belles époques de la comédie , à savoir la comédie britannique des années 1950. Tueurs de dames (1955), de Alexander Mackendrick, achève une période sans précédent de rires et délicatesses à la pointe de la British touch. Débutée en 1949 avec Passeport pour Pimlico (Henry Cornelius), la comédie britannique, centrée sur le charisme de son acteur fétiche, Alec Guinness, a créé des chefs-d'oeuvre, à l'image de Noblesse oblige (Robert Hamer) et De l'or en barres (Charles Crichton). Tueurs de dames, troisième film de Mackendrick, rassemble tout à la fois le film de gangster, la coquette vie britannique (Madame Wilberforce, veuve d'un officier de marine, vit seul avec ses perroquets) et, élément fondamental, le jeu. Jeu des faux-semblants (les musiciens sont des gangsters, la vieille dame est plus vive qu'elle n'en a l'air, les gangsters eux-mêmes ne sont pas aussi forts qu'ils le laissent paraître au premier abord).
Mackendrick laisse le comique parler à la première personne, c'est-à-dire, parler de manière légère des choses graves - et réciproquement - et laisser libre cours à l'élément humain. Car c'est bien lui qui vient perturber toute l'intrigue. Si le plan, parfaitement élaboré par le professeur Marcus (Alec Guinness), ne parvient pas à ses fins, c'est bien à cause d'un hasard, d'un petit quelque chose de parfaitement imprévisible parce que bénin et incontrôlable.

Qui aurait pu prédire que la simplicité même de cette vieille dame à moitié gâteuse, qui joue à Pierre et le loup avec la police, deviendrait la muraille que les gangsters ne peuvent franchir. Cette simplicité confrontée à la brutalité dissimulée des gangsters donne ainsi des étincelles et donne au film ses plus belles séquences : poursuite d'un perroquet à travers la maison, l'heure du thé quand l'heure n'est pas à la détente, vaisselle faite par les gangsters pour amadouer la vieille dame...
Si Alec Guinness, avec ses airs de Dracula diabolique, tient évidemment le premier rôle, on sent derrière lui naître Peter Sellers, encore loin de ses prestations chez Kubrick ou dans la Panthère rose, mais dont la double facette maladroit-simplet laisse déjà présager ses futures pretations comiques, faisant de lui, au moins dans quelques films, un digne successeur de Alec Guinness.


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05/06/2004


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