Noir et Lumière Nouveau Cycle
le 15/03/2010 - par S Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Noir et Lumière
NOIR LUMIERE
De l’élégance à l’abominable
du Dimanche 1er Avril au 23 Mai 2010
Les usages de la couleur noire par les cinéastes sont multiples, de la tenue refl étant la noirceur d’âme à la mise en valeur d’un décor.
Certains courants esthétiques du cinéma ont été particulièrement favorables au noir : l’expressionnisme allemand, qui fait s’affronter violemment ombre et lumière ; le réalisme poétique, empreint d’un pessimisme couleur de suie ; le fi lm noir et ses bas-fonds, ses ruelles sombres, ses femmes fatales ; le cinéma classique hollywoodien, qui utilise le noir comme écrin pour les jeux de lumière sur les visages des stars ; le cinéma fantastique, notamment celui des années 30, qui use et abuse des châteaux sombres et des scènes nocturnes…
Derrière tous ces genres, toutes ces esthétiques, se maintient la puissance symbolique d’une couleur qui n’en est pas tout à fait une, d’une “non-couleur” : le noir.
Emblème de l’élégance et de l’autorité
Connoté le plus souvent négativement, le noir peut être aussi valorisé et valorisant. Source d’inspiration de nombreux créateurs de mode (Coco Chanel, Hubert de Givenchy, Chantal Thomass…), il est le symbole de l’élégance, du raffi nement, de la sobriété.
Films en “robe noire et smoking” enchantent le début de ce cycle (de Catherine Deneuve en manteau Yves Saint Laurent dans La Sirène du Mississipi à Sylvie Vartan en robe lamée noire dans L’Ange noir). Mais il est également un noir plus respectable : celui de la tempérance, de l’humilité, de l’austérité, celui qui fut porté par les moines et imposé par la Réforme. Il s’est transformé en noir de l’autorité, celui des hommes de loi (tel Orson Welles en avocat imposant dans Le Procès) et des ecclésiastiques (du Journal d’un curé de campagne à Sanglantes confessions).
Destins contradictoires
Si les grands couturiers se sont emparés du noir, les rebelles (motards, blousons noirs et autres rockeurs) l’ont également adopté pour marquer leur rejet agressif de la société. La moto apparaît au cinéma comme élément principal, à partir des années 50, des épopées de la violence et de la vitesse. L’engin symbolise la liberté et la contestation de l’ordre établi, et porte l’idée de mort (Ghost Rider). Toute une panoplie renforce son aspect mythique : vêtements de cuir noir, bottes, etc. Brando dans L’Équipée sauvage en donne le meilleur exemple.
Celui qu’on appelle, au début des années 60, le “blouson noir” est un jeune voyou qui porte ce type de vêtement, sur fond d’urbanisation. Ses idoles sont James Dean, Marlon Brando, Elvis Presley, Dick Rivers ou Johnny Hallyday. C’est John Travolta, cheveux gominés, blouson noir et jean moulant dans Grease, ou Robert de Niro en petite frappe vêtue de cuir dans Mean Streets…
Le rock, lui, n’est plus seulement un mouvement musical depuis le milieu des années 50. Le fi lm Graine de violence, qui offre en générique le fameux Rock Around the Clock de Bill Haley, pose d’ailleurs d’emblée les bases sociales du mouvement : la rébellion face à l’ordre établi. Musique ! Punk rock ou new wave (Mona et moi, L’Affaire des divisions Morituri), au choix.
La rébellion et le désordre sont également incarnés par des cohortes de pirates et d’anarchistes. Le drapeau noir des fl ibustiers signifi ait la mort ; il a été repris par les anarchistes au XIXe siècle. Le justicier solitaire (Zorro ou Batman) choisit aussi de s’habiller en noir pour défi er l’ordre établi, défendre la cause des plus faibles et lutter contre les inégalités.
Ainsi, le noir brouille-t-il sans cesse les codes.
Toutes ses représentations sont au coeur de Noir lumière, suivez le programme !
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