Françoise Jacob : une ESSEC à Kaboul
le 11/02/2005 - par Françoise Jacob Il y a 7 commentaires. Réagissez vous aussi !Découvrez l'étonnant témoignage de cette ESSEC 89, qui a choisi de s'engager dans l'humanitaire partout où, sur notre planète, des populations ont besoin de l'aide internationale.
Comment définissez-vous votre activité ? Où et comment la situez-vous,
par rapport à ce thème ?
Depuis 10 ans, mon activité professionnelle consiste principalement à travailler avec des populations defavorisées qui vivent des moments ou dans des conditions particulierement difficiles, voire dangereuses (zone de conflit), pour leur permettre de construire ou reconstruire une vie plus décente et sécurisée. Les compos antes clées de cette action sont, en fonction des circonstances, l'assistance à la survie immédiate, la reconstruction d'un environnement viable, la création de compétences durables, le travail en partenariat et le transfert de connaissances, l'allègement des souffrances physiques et morales, la compassion.
Mes diverses fonctions jusqu'à présent ont été relativement "pratiques", avec la mise en oeuvre et la gestion de projets d'urgence ou de reconstruction physique dans des régions détruites ou très pauvres: mise en place de structures de santé, reconstruction de maisons après une catastrophe naturelle, développement de systemes d'irrigation en période de sécheresse, gestion de camps de refugiés, prévention des désastres, etc... toujours en impliquant les communautés ciblées. Aujourd'hui cette expérience d'une grande partie des problèmes affectant les pays du tiers monde me permet de travailler avec un gouvernement ou des bailleurs de fonds sur la formulation et la mise en oeuvre de politiques de développement soutenable, dans des contextes physiques et économiques difficiles, ou la sécurite reste precaire.
Pourquoi et comment vous êtes-vous engagée dans cette voie ? Dans
quelles circonstances ? Quelles ont été vos motivations ?
Pendant l'adolescence j'étais intéressée par les histoires, souvent romanesques, des médecins aux pieds nus, des médecins francais en Afrique... ça fait sourire, peut-être! A la sortie de l'ESSEC j'ai contacté plusieurs ONGs qui m'ont conseillé d'acquérir d'abord un minimum d'expérience professionnelle avant de revenir les voir. Au Canada, en bénévolat et en marge de mon activité professionnelle, j'ai travaillé pendant deux ans avec des communautés indiennes autochtones. A cette occasion, j'ai developpe un intérêt beaucoup plus concret pour l'action humanitaire, et dès mon retour en France fin 94, je suis partie en Ouganda pour l'ONG Action Contre la Faim. C'est un métier fantastique, ultra exigeant, mais risqué pour le développement personnel. On peut s'engager un an ou deux, pour une experience enrichissante, après, il faut faire un choix, pas forcement dramatique, mais en tous cas critique : l'engagement humanitaire, qu'il soit pour une fonction dans l'urgence ou un métier dans la coopération et le développement, demande une motivation profonde et des convictions personnelles sincères, une capacite à vivre, parfois sur du long terme, dans des conditions difficiles, voire dangereuses, une humilité certaine par rapport à la souffrance des autres, une totale acceptation de la différence culturelle. Il faut aussi pouvoir absorder une très forte dose de travail, en quasi permanence (7/7 pendant la premiere année en Afghanistan), dans un univers parfois très clos (camps de refugiés en pleine jungle Zairoise, conflit urbain en Sierra Leone, restrictions sociales et culturelles à Kaboul). En conséquence, il faut pouvoir accepter une vie extra professionnelle moins facile, et pour survivre, savoir ré-inventer, ou retrouver, une vie sociale et émotionnelle plus simple, mais souvent très profonde.
Je crois que c'est le contact extraordinaire que l'on peut avoir avec les populations locales dans le contexte de notre travail qui nourrit encore et toujours ma motivation, en même temps que la conscience aiguë d'un immense fosse entre plusieurs mondes qu'on ne doit jamais oublier (sans nécessairement s'apitoyer dessus).
Par votre formation et / ou votre expérience professionnel
7 commentaire(s)
Bonjour,
ESSEC 97, je suis de retour de 2 ans de mission humanitaire (avec Action Contre la Faim!). Serait-il possible d'avoir les co-ordonnées de Françoise? Je crois que nous aurions beaucoup à échanger.
Cordialement,
Agnès Le Leuch
agnesleleuch@yahoo.fr
PS: c'est assez etonnant le nombre d'ESSEC qui sont passés ou sont encore chez ACF
par Agnès Le Leuch, le 2005-03-02 10:31:00
bonjour je suis EIDE en 2ème année. Je travaille sur le retour en France après une mission humanitaire (comment se sent on lorsqu'on rentre en France? Comment se réinsérer dans la profession infirmière?...). J'aurai aimé discutée avec Françoise. Merci d'avance.
par amandine, le 2005-03-30 20:29:00
Bonjour, je suis ESSEC 03, actuellement en poste à Kaboul depuis 1 mois pour l'ONG ACTED. Je suis tout à fait interessé pour echanger autour d'un verre. A bientot.
par Loïc, le 2005-07-07 11:30:00
bonjour Francoise, I met you in `1990 in Canada , Yoho Nat.Park, sorry lost almost all of my french but just wanted to tell you that I am not too surprised but still very impressed by your work and your attitude; I could not get enough of the mountains either and live now in the biggest contrast to your situation, in switzerland...take care
par Martin, le 2005-12-12 20:48:00
Bonjour Françoise,
Promo 89 sous le nom de NGUYEN. Suis pas sûre que tu te souviennes...
Un grand coup de chapeau ! Je suis admirative.
Inutile de te dire que ma vie ne ressemble pas franchement à cela !
Hanh
par Hanh GUZELIAN, le 2006-06-13 23:57:00
Bonjour Françoise,
ESPCI 90 - Je gère un Centre de Formation Jeunes pour Jeunes et Femmes en difficulté en République du Vanuatu. Je serais honorée de pouvoir entrer en contact avec toi. Je suis autant engagée dans l'humanitaire que dans la politique que dans la religion.
Bravo pour tes engagements. Que Dieu te bénisse, Diaconesse Wendy-Myriam.
Courriel:himford@vanuatu.com.vu
par wENDY himford, le 2006-06-20 07:36:00
je voudrai savoir sil ya du travaila kaboul bien payee unpeu risquer je suis pres a tout jai besoin dargent;j espere que vous aller preter attention a ma question;merci jesuis debonne famille mais ruiner;cest chaud merci
je lavoue jaiun profond respect pour vous
par vincent, le 2006-06-22 19:08:00
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