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Reflets ESSEC Magazine n°59

REM 59 - Le pôle MBA de l’ESSEC : réalité et ambition

REM 59 - Le pôle MBA de l’ESSEC : réalité et ambition

Comment un diplômé de Grande Ecole de gestion française aux Etats-Unis ou en Asie explique-t-il son cursus académique à un recruteur ou à un collègue ?


S’il a le temps, il évoque les particularismes des classes préparatoires, la sélection au concours, la formation interdisciplinaire, les expériences réalisées pendant les études, les échanges internationaux, etc. Ou il dira simplement – ce que la plupart font déjà – qu’il a un diplôme « équivalent à un MBA ». Suite à l’accréditation AACSB de 1997, la profonde réforme de la grande école, pour la positionner pleinement au niveau MBA, actait notamment cette réalité. Que fait aujourd’hui ce même diplômé s’il regarde les fameux « rankings internationaux », en fait anglo-saxons ? Il s’étonne… sa grande école n’y apparaît pas ! Par contre, il réalise que même des institutions de second plan y figurent en bonne position. Pour une raison simple : la méthodologie de ces classements introduit de forts biais en faveur d’institutions nord américaines ou britanniques. Ce paradoxe contribue à poser la question du positionnement des cursus en Europe.

En France on observe aujourd’hui deux approches parmi les grandes écoles. La première consiste à positionner la grande école comme un « Master of Science in Management » (MSc) et à développer à côté un MBA « classique » à petits effectifs, dont le principal intérêt est de faire valoir le nom de la grande école dans les classements internationaux sans avoir à porter le poids de ses particularismes… La deuxième consiste à transformer la grande école pour la positionner au niveau MBA. L’ESSEC est la première à avoir pris cette option dès 1999. D’autres ont décidé de nous suivre, ou de s’y intéresser fortement, d’où l’intensité du débat actuel au sein des écoles. Noter qu’aucune de ces deux stratégies n’exclut le MBA : dans un cas il sert largement de vecteur de notoriété pour la grande école, dans l’autre il est la grande école elle-même.

Au delà de la grande école, quand la compétition est vive et que l’on part avec des actifs particuliers, faut-il copier ce qui existe ? Ou ne vaut-il pas mieux capitaliser sur ses différences ? C’est l’objectif du Pôle MBA constitué en janvier 2003. Il comprend aujourd’hui quatre programmes articulés entre eux dans un cadre stratégique clair : l’Essec MBA (la Grande Ecole), le MBA Luxe et le MBA IMHI, enfin l’Executive MBA Essec-Mannheim.

Plutôt que d’imiter ce qui existe, nous avons mis l’accent sur une stratégie de différenciation dans la qualité. Cela peut être reconnu: l’ESSEC MBA échange aujourd’hui des étudiants avec 5 des 20 « meilleurs » MBA mondiaux, dont les deux premiers, pour citer un « ranking » que nos collègues affectionnent : celui du FT. Autre exemple, il vient pour la première fois d’être classé dans le Top100 de la publication annuelle « Which MBA » (The Economist Intelligence Unit). Elle devient la première, et toujours la seule, grande école à obtenir cette reconnaissance. L’Etudiant vient aussi de nous classer 1er ex æquo en France.

Confrontés à des désavantages techniques similaires (différences de rémunération Europe vs Etats-Unis), l’Executive MBA gagne lui aussi 16 places dans le classement des 75 meilleurs mondiaux du Financial Times, cela ne prenant pas encore en compte l’impact du rapprochement avec Mannheim dont le lancement est effectif depuis septembre 2004.

Nous n’avons certainement pas engagé la réforme de 1999 dans l’optique de ces classements. Vu les biais techniques défavorables à nos écoles, cela nous aurait découragés d’emblée. Nous avons d’abord travaillé sur les fondamentaux – refonte des cours, signature d’accords avec les meilleurs MBA mondiaux, tutorat développé de l’expérience, etc. – mais ces évolutions de l’environnement et ces quelques éléments de reconnaissance sont à apprécier à leur juste valeur…


05/01/2005


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