Le micro-crédit, c'est top tendance dans les pays du Tiers Monde. Tout le monde en parle mais personne ne sait ce que c'est exactement. Voilà un "petit" résumé de ce qu'il faut savoir.
But de la micro-finance : prêter une petite somme d’argent aux exclus du système bancaire
Ils en sont exclus car leurs projets sont considérés comme “risqués”, i.e. il est possible qu’ils ne puissent pas rembourser leur emprunt, et ils ne peuvent pas donner de garanties (bien à hypothéquer, membre de la famille qui se porte garant,...).
60 millions de personnes y ont accès aujourd’hui, dans tous les pays.
L’intérêt d’un tel système est de permettre une activité commerciale et économique. En effet les microcrédits sont accordés aux artisans, agriculteurs, commerçants qui vont pouvoir produire qqchose avec les sous prêtés et le vendre. Ils vont donc faire un surplus qui va permettre de rembourser une partie du prêt ET de continuer à produire des choses en plus grande quantité encore. Cette production va être vendue et générer des profits, et ainsi de suite... l’activité est lancée sur le chemin de la croissance, le microcrédit remboursé, tout est beau, tout est bien.
Bon ça ne se passe pas toujours comme cela, mais n’oublions pas que le but est bien de lancer une activité économique quand le système bancaire en place n’en est pas capable. En effet les banques n’ont pas le droit d’accorder des prêts n’importe comment. Il y a des règles imposées à respecter, en ce qui concerne le risque. C’est pourquoi la plupart des organismes qui délivrent des microcrédits sont des ONG. Il y a aussi des coopératives, des banques communales (surtout en Amérique Latine) et parfois des banques, mais c’est bien plus rare.
Les coopératives :
Une coopérative est composée de coopérateurs (les hommes) et a un statut juridique bien spécial de personnes morales. En tout cas, chaque coopérateur met “des billes” dans la coopérative, il a des participations. Pour simplifier c’est une mise en commun des ressources pour que tous puissent en profiter et qui permet ainsi de mutualiser les risques. Ne vous inquiétez pas ça va devenir plus clair.
Il y a des coopératives dans trois domaines : la consommation, la production, et le crédit. Elles sont nées en Europe il y a deux siècles environ. Par exemple, pour une coopérative de consommation, la coopérative achète en gros une tonne de riz. Et chaque client/coopérateur vient chercher son kg de riz pour pas cher du tout grâce au prix de gros. Si chacun avait payé son kg de riz dans son coin, il aurait payé bien plus cher. C’est pareil pour le crédit. Les petits entrepreneurs, artisans, commerçants se regroupent et mettent des fonds en communs. Qd l’un d’eux a besoin d’un crédit, les fonds sont là. Il rembourse avec un intérêt, ce qui permet à la coopérative de survivre, de grossir, et de fonctionner comme le Marché.
Ces coopératives ont étés crées au 19ème, quand il n’existait que des banques d’affaire, qui ne finançaient que les gros industriels de la RI. Certaines ont survécu et sont devenues bien grosses (crédit agricole, Banques Populaires-4ème groupe bancaire français, décathlon, la FNAC, et j’en passe, moult gros groupes ont encore le statut de coopératives).
Les profits et les dividendes ne sont pas redistribués, mais remis intégralement dans le capital.
Une coopérative ne pouvait survivre que si 2 conditions étaient remplies : 1. un homme : il doit y avoir qq'un de passionné qui porte à bout de bras la coopérative, qui la dirige. 2. un Marché : il doit y avoir un tissu économique grâce auquel la coopérative fonctionne. Il doit y avoir création d’activité. Les deux vont s’auto entretenir. Mais si la coopérative est seule, que les gens ne produisent pas, et qu’ils ne versent pas d’intérêts, bah ça plante.
Ces conditions sont valables qq soit la coopérative, qq soit le pays. Beaucoup de coopératives se sont plantées. Il y a des erreurs à ne pas faire.
Ensuite, la situation est bien différente selon les pays.
Il faut absolument qu’il y ait remboursement, c’est la première règle. Il faut pouvoir récupérer le crédit car les structures sont très fragiles et sensibles aux “impayés”. Or les fonds qui viennent Europe sont souvent considérés comme “cadeau”. Tout ce qu’ils peuvent ne pas rembourser et garder c’est déjà ça de pris, vu leur situation. Et puis il y a très souvent un problème d’explication à la population et même à ceux qui accordent les microcrédits. C'est pas super simple de faire comprendre avec des mots clairs le mode de fonctionnement d’une coopérative, la “participation”, le taux d’intérêt, un plan de remboursement, à des personnes qui n’ont pas été scolarisées, et qui ont eu l’habitude de recevoir des aides et des dons des ONG.
Il faut que nous apportions bien plus que de l’argent pour renflouer la coopérative. Il faut leur donner des outils de gestion : comment est ce qu’ils doivent faire pour suivre les crédits, comment gérer les “portefeuilles”, comment avoir les informations et les donner, comment organiser des séances de formation. Il faut les aider aussi dans la gestion du contentieux. Comment faire pour récupérer les sous alors que la personne n’a plus rien (le but au départ c’était qd même de l’aider, pas de la tuer).
Il faut surtout jouer sur la transparence. Si tout le monde sait ce qui se passe, tout le monde est concerné. Il faut qu’il y ait un esprit “collectif”. La pression sociale, c’est la meilleur moyen d’obtenir des remboursements. Ainsi, en Afrique, la pression est telle que si tu ne rembourses pas l’argent prêté, ni toi, ni tes proches, ni ta descendance n’auront plus accès à la finance. Alors forcément tu te débrouilles pour rembourser pour ne pas être exclu socialement. Mais d’après un mec de “la voix des rencontres”; là bas c’est plutôt une culture du don et du cadeau et il y a un faible taux de remboursement. Ça commence mal. Et puis les femmes remboursent beaucoup mieux que les hommes (99% de taux de remboursement!). Il y a des banques communales qui fonctionnent par “bandes”. En fait toi tu veux emprunter, ton groupe de potes se porte garant pour toi auprès de l’organisme. Si tu ne rembourses pas tes potes te tombent dessus et prennent ton frigo en otage an attendant que tu rembourses. Il faut un maximum faire jouer le collectif. Les acteurs doivent se trouver partie prenante du projet.
Il faut bien sûr tenir compte de la structure sociale. Où est le vrai pouvoir de décision? Qui a la véritable autorité? Il faut trouver 3 personnes qui ont l’autorité et qui peuvent prendre en charge la coopérative. Il faut au minimum 3 personnes pour la pérennité du système. S’il n’y a qu’une seule personne, elle se barre et tt tombe à l’eau. Il faut que ceux qui gèrent la structure aient une véritable “autorité”, naturelle ou de fait. C’est plus facile en milieu rural car tt le monde se connaît. Mais d’après “la voix des rencontres” ça marche mieux en ville, grâce à l’éducation, tout ça.
Enfin, il faut assurer la pérennité de notre projet, préparer les missions à venir, trouver qqn de confiance qui nous tienne au courant pour qu’il y ait moins de coupure entre les deux missions. De qui doit-on se méfier? Le maire? Herman est qqn de confiance? Apparemment oui, mais bon, sur qui d’autre on peut compter?
Et puis il faut surtout s’adapter sur place et voir quelles sont les priorités. On ne peut pas se pointer et dire il faut faire ça comme ça (comme je suis en train de faire là) car c’est complètement différent en fonction de la culture, des acteurs locaux.
Et j’oubliais aussi, il m’a dit que ça serait bien de se spécialiser sur un créneau, une activité, par exemple l’agriculture, au lieu de s’éparpiller de trop car mieux vaut connaître un secteur à fond.
Le plus important : c'est de ne pas tenter de monter un truc nous même, mais surtout de bien passer par des structures existantes, gérées par des locaux qui st bien plus compétents que nous. C’est bien ce que l’on comptait faire.
17/10/2005
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EDI... mais qui donc?
ESSEC Développement International est une association humanitaire créé en octobre 1996. Son activité se décomposait en deux branches, des missions longues de soutien à la mise en place de projets de micro-crédits et micro-entreprises, des missions courtes ayant pour but le développement économique, sanitaire et éducatif. EDI était tellement active que l'association a pendant quelque temps obtenu le statut d'ONG.
Depuis quelques années, EDI met plus particulièrement l'accent sur les missions courtes, qui s'inscrivent plus facilement dans le cursus de l'Essec. Les missions durent généralement entre 6 et 8 semaines étalées sur juillet-août ou novembre-décembre suivant le climat du pays.
La particularité d'EDI réside dans le fait que :
EDI laisse libre les étudiants de choisir leur mission : ils peuvent monter une nouvelle mission et recevront l'appui des vieux dans cette voie comme poursuivre l'action effectuée les années précédentes. Bien entendu, le suivi est très important pour garder une certaine crédibilité face aux locaux mais aussi pour être réellement efficaces.
Les missions proposées par EDI sont à vocation humanitaire mais ne sont pas sans lien avec le cursus de l'ESSEC notamment en terme de micro-crédit.