Le Tango Argentin
Les origines du Tango
La fin du 19e siècle constitue la période de plus forte immigration en Argentine : de très nombreux immigrants (notamment en provenance d'Europe) débarquent au pays et se mêlent à la population locale. Ainsi, divers styles de musiques (et leur danse) se sont mélangés : la milonga argentine se mêle à la contradanza espagnole, la valse auvergnate, la polka, et même la habanera cubaine ou la candombé africaine. Le Tango naît de cette symbiose improbable.
Le tango se pratiquait à l'origine dans des établissements où il était possible de louer la compagnie de serveuses, pour danser et plus dans certains cas. Les cavaliers dansaient entre eux en attendant leur tour. Le tango fut même interdit à une époque par l'Eglise et était rejeté au départ par la bourgeoisie. Ce n'est qu'après les années 1940 que le tango commence progressivement à plaire aux milieux bourgeois argentins.
Tout au long de l'Histoire du tango, des poètes comme Celedonio Flores, Homero Manzi ou encore Enrique Santos Discepolo l'ont utilisé pour écrire sur leur vie et leurs rêves; des musiciens comme Anibal Troilo, Osvaldo Pugliese et Juan D'Arienzo formèrent des orchestres selon leur style personnel; de grands chanteurs comme le mythique Carlos Gardel, ou encore Floreal Ruiz et Alberto Moran furent la voix du peuple pour qui Buenos Aires était la ville du monde et le tango sa vision. Plus tard, le talent d'un Astor Piazzolla et la séduction de danseurs comme Juan Copes ou Miguel Zotto projetèrent le tango dans le monde et lancèrent une passion contagieuse qui dépasse les frontières et les langues mais reconnaît que Buenos Aires est la capitale mondiale du tango.
Le renouveau actuel
Le renouveau du tango argentin remonte aux années 1980 grâce à des tournées mondiales de troupes spécialisées. Connu pour être une danse riche, très sensuelle et particulièrement travaillée, le tango est aujourd'hui incontournable.
Le fait que le tango, si argentin, ou plus exactement viscéralement portègne (i.e. de Buenos Aires), soit apprécié de par le monde provient, au-delà de sa qualité tant musicale que chorégraphique, du syncrétisme culturel qui est aux fondements du tango en particulier et de l'argentinité en général, touchant ainsi à l'universel.
Renouvelé, le tango suscite aujourd'hui l'intérêt d'un public venant de toutes classes sociales et générations confondues. Essayer le tango, c'est l'adopter. Les personnalités se déploient selon d'autres critères que ceux du quotidien, permettant à chacun d'exprimer des qualités enfouies ou jusqu'alors insoupçonnées. Que les rôles de l'homme et de la femme soient si définis rassure sans doute, dans une société aux repères bousculés, à l'individualisme forcené. Une fois l'invitation décidée ou acceptée, le corps s'exprime à l'autre, et jamais de façon anodine. Désir contenu, limité au temps d'un tango, la danse évacue le conflit du couple ou l'envahit jusqu'à la rupture... L'intimité du couple s'accroît, insidieuse, et la façon de danser étroitement étreints des milongueros de Buenos Aires conquiert peu à peu les Parisiens. Et même si les paroles des tangos échappent à la plupart des Français, il n'en reste pas moins l'essentiel que distillent la mélodie, les plaintes du bandonéon, nous contant à chacun une histoire.
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