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Les Derniers Résultats

ERT1 9 - 3 ESTP

ERT1 9 - 3 ESTP

L'ERT sort victorieux de la guerre de tranchées Jeudi 23 Novembre 2006 - Hall Saint Martin En ce jeudi 23 Novembre de l’an 2006 après Jésus-Christ, Rome a la mine sombre, malmenée dans sa chair et son honneur par l’affront subi face à l’Empire Central. Ses fiers légionnaires ont pansé leurs plaies et la dernière répétition générale le lundi précédent, une orgie de plaquages doublée d’une gabegie de percussions, a redonné du baume au cœur à la garde, qui « meurt mais ne se rend pas ».


Galvanisés par les diatribes virulentes du général Marcus Cecilius Vulcanus d'Auvergnus et menés au front par le Capitaine Ludovicus Autobus, dit Le Bernin, les troupes se rassemblent avant la bataille décisive contre un adversaire tout aussi redoutable. Le jour s'est levé sur la morne plaine et les nuages sinistres semblent s'accorder...

Hommage (il était temps) à toi l'Auvergnat, qui sans façon... nous fait partager ta haine farouche des Viêt-Cong et ton admiration absolue pour la grandeur et surtout la décadence de l'Empire Romain, à toi notre Député, relisant « l'Art de la Guerre » de Sun Tzu (pour la prononciation, un éternuement suffira) d'une main en écrabouillant 2-3 indigènes de l'autre tout en manœuvrant ton kart avec les pieds. Ah Marco ! Nous pensons fort à toi du fond de ta geôle humide où tu croupis déjà...

Mais je m'égare (et pas seulement au gorille...), j'ai un match sur le feu, alors on s'installe confortablement et on ferme sa gueule...

Jeudi 23 Novembre 2006 : ERT-ESTP.
Depuis le début de la semaine, le temps est d'humeur chagrine et déverse ses soucis sous la forme d'hectolitres de flotte qui font ressembler notre mythique terrain de Pontoise à un vulgaire champ de patates.
C'est donc une armée de rustres paysans qui débarque au Foy's, prête à faucher, et pas que des épis, à labourer et pas que le terrain, à semer et pas que des graines, à ensemencer... Euh, ah non en fait...
Bref, la métaphore campagnarde s'arrête là, l'ambiance n'est pas à la rigolade. Déjà, les messages sur le forum avaient donné le ton, les vieux étaient montés au créneau pour dépeindre le contexte de cette rencontre ; l'ESTP, notre bête noire qui nous a si souvent banané. Après une première difficile contre Centrale, les nouveaux ont à cœur de briller et les vieux en ont marre, soyons francs, de perdre contre les maçons. Joignant le geste à la parole, Bibi et Marcass' ont pris leur après-midi, si bien que la feuille de match a fière allure avec notamment la triplette infernale Bibi-Ludo-Quentin et le baptême du feu Marcass'-Tanguy en 2ème latte.
Il est temps de rallier le terrain, où nos adversaires nous attendent déjà... Ca plante le décor ! On file donc sans tarder nous changer et récupérer le tout nouvel équipement pour commencer l'échauffement. La file indienne devant les remettant de shorts, maillots et chaussettes est grande comme la queue devant MG (Le kébab, pas Mathou !). Chacun a en tête ses objectifs personnels, annoncés ou non, le vestiaire bruit d'une rumeur sourde, faite de concentration et de vide intérieur.
Départ pour le terrain, ensemble. Début de l'échauffement : Peyo mène la danse et nous fait trottiner en nous abreuvant de paroles de sage, les capitaines donnent de la voix, et d'une manière générale, on sent une certaine confiance dans le groupe, ou du moins une détermination sans faille. Etirements, touches, mêlées, nous voilà prêts pour le coup d'envoi.

L'arbitre siffle le début du match, Romain engage plutôt court au centre et la marée noire se déverse sur les côtes... mais les plaquages costaux et costauds ne suffisent pas à inhiber nos adversaires ; en face, il y a du répondant. De fait, c'est l'ESTP qui investit notre camp et nous avons toutes les peines du monde à nous en extraire. Alors en attendant que l'orage passe, on sort les barbelés. Après avoir encaissé une grosse reculée sur leur premier maul, nous nous sommes vite rendus compte que leur jeu était basé quasi-uniquement sur du défi au ras. Nous nous appliquâmes donc à les faire tomber immédiatement en allant au sacrifice. Et là où nous fûmes défaillants contre Centrale, nous ne faillîmes point contre l'ESTP.
Certainement peu habitués à être contrés sur leur point fort, n'ayant pas le temps de lancer leurs mêlées fermées, pris au cou par une défense agressive, nos redoutables adversaires perdent petit à petit de leur emprise et l'écrou à peine desserré, nous nous engouffrons dans la brèche et retournons enfin dans leur camp.
L'état du terrain ne permet pas de développer de grandes envolées et les 3/4, de part et d'autre, sont frustrés. Sans surprise, c'est à l'avant que ça se passe, à base de plaquages rugueux, de progressions cm par cm dans un bain de boue, de sueur et de sang. L'engagement est féroce, chacun défend son terrain avec rage. Avec tactique aussi, Romain et Fafa, très sûrs au pied (un peu moins au cœur...), nous épargnent plusieurs situations chaudes.
Nos assauts répétés finissent par payer, l'ESTP se mettant à la faute. Fafa prend la pénalité à sa charge, 30m à gauche en coin, pas évidente. La balle touche le 3ème poteau, l'ERT prend le score : 3-0.
La mi-temps est sifflée peu après, une bande de buffles recouverts de boue, fumant des naseaux, se rassemble autour de Peyo et Sicou. On y est, il n'y a pas de doute, les intentions sont présentes, la concentration aussi. Les problèmes en touche ne sont pas réglés mais on parvient de temps en temps à perturber aussi leur alignement, le pack est chahuté mais répond présent dans les points chauds, les déblayages sont bons, les plaquages aussi. On ne les laisse pas s'organiser, on les prend à la gorge et on sait déjà que, la première période bien qu'éprouvante, n'est qu'un avant-goût de ce qui nous attend ensuite. Nous nous attendons à une réaction d'orgueil des ingénieurs et nous sommes décidés à y faire face.

Malgré ses bonnes intentions, le coup d'envoi est catastrophique. Leurs gros font mine d'aller à droite puis reviennent sur leurs pas et vont se placer à gauche, nous leur emboitons le pas avec un temps de retard, ce qui permet à l'ouvreur de lancer une chandelle mal négociée que récupère un avant adverse qui slalome dans notre défense et est finalement stoppé comme on peut près des 5 mètres, pénal-touche pour eux sur les 5. Ca commence bien. Il va falloir montrer qu'on est pas là pour enfiler des perles, c'est sur la ligne d'en-but que l'on voit la volonté et la force de caractère d'une équipe. Et du caractère, il y en eût chez Quentin, toujours aussi fêlé que Tarantino, chez Ludo - Mike James, Romain et Fafa les braguettes d'or, Biloute et Oliv' Junior les grandes gueules (des objectifs respectivement de 7 et 9 cartouches, 24 et 17 plaquages) en train de décuver, Tanguy gratteur infatigable, Aurélien, Ian et Thomas qui tiennent la baraque en première ligne, Bibi et son nouveau casque... Finalement, après avoir reculé sur chaque phase de jeu, l'ESTP s'en sort, au milieu du chaos ambiant, avec un drop peu académique et miraculeux rapport au fait que la balle n'avait pas touché le sol !! Ca n'a l'air de choquer ni l'arbitre qui valide sans broncher, ni nos adversaires qui retournent dans leur camp sans pavoiser. 3-3.
Nous repartons au combat, déterminés à laver l'injustice par le jeu. Mais c'est un temps faible que nous traversons, on n'y est pas, on est un peu sortis de notre concentration et ça se sent sur notre emprise sur le match qui, peu à peu, se délite. C'est ce que tous les éminents sportologues s'accordent à appeler le \"tournant du match\", le \"moment de vérité\", \"l'instant fatidique où une rencontre bascule\"... L'ERT va-t-elle sombrer ? Ou va-t-elle relever la tête et fournir le coup de collier nécessaire pour s'imposer ? ...
Pas de page de pub mais une réaction d'orgueil des All blacks, avec un jeu un peu plus varié que nos adversaires, quelques combis de 3/4 et des cabanes et pick and go performants et perforants, ils sont sur le reculoir et se mettent à la faute pour arrêter la déferlante. Fafa réussit une pénalité qui nous refait passer devant au score : 6-3.
Le vent a tourné, l'envie et la détermination sont de notre côté, mais en face c'est du costaud, ils sont venus pour nous battre, sans doute ne s'attendaient-ils pas à une opposition héroïque et à une telle guerre de tranchée, mais ils ne se laissent pas faire, les deux équipes se donnent à fond, on attend des paroxysmes d'engagement, la répétition des temps de jeu use les organismes, le K.O. n'est peut-être pas loin... On a toujours autant fort à faire devant, où il nous faut une concentration de tous les instants pour ne pas subir la puissance de leurs packs. Les situations chaudes se multiplient dans notre camp, ils poussent mais ne trouvent pas la faille, nos gratteurs de ballons puis le jeu au pied de Romain font merveille, le danger est repoussé. Désespérés, ils tentent une pénalité des 45 mètres, sans succès. A l'inverse, nous parvenons à pousser nos adversaires à la faute en phase d'attaque et obtenons une nouvelle pénalité à 10 mètres en face des poteaux. Fafa se présente et prend 2 bonnes minutes pour ne pas la rater. 9-3.
Les dernières 10 minutes du match sont un baroud d'honneur de l'ESTP qui déverse sa frustration par vagues successives et nous fait miroiter toute l'étendue de son jeu : percussions, mauls, pick and go... avec une certaine efficacité d'ailleurs puisqu'ils campent dans nos 22. Mais ça ne passe pas, la défense monte rapidement et étouffe les initiatives ESTPiennes. Touche sur nos 5, lancer pour eux. L'instant est solennel, un essai transformé et c'en est fini de nos espoirs... La touche est lancée... Bibi et Quentin s'élève dans les airs face à leurs vis-à-vis... Et, comme Nallet contre les Pumas, nous interceptons la balle ! Romain récupère l'offrande et dégage notre camp. L'instant est passé, ils ne reviendront plus. L'arbitre siffle la fin du match.

Pour la première fois, nous nous imposons contre les champions en titre au terme d'un combat de titans. Notre joie est à la hauteur de l'exploit. La haie d'honneur traditionnelle est festive, le discours d'après-match veut nous remettre tout de suite les pieds sur terre. Mais l'ambiance est à l'euphorie et ce ne sont pas quelques photos pour le calendrier pour certains, qui vont nous refroidir.

D'autant que la bouffe Beaujo qui suit promet une belle troisième mi-temps ! L'ERT y est fêtée dignement, nos foies beaucoup moins... Le jus de pisse nous déchiquète les boyaux et nous pète le cerveau, bref, le cocktail idéal pour toute bonne soirée qui se respecte.
Enchaînée avec la soirée Foy's, la fête n'en est que plus folle et les corps se déchaînent...
Fafa et Romain, nos David et Jonathan de l'ERT, inséparables amis de l'EPSCI, ont mis au point un système infaillible : l'un teste et consomme puis propose à l'autre qui consomme à son tour... Pauvre MG ! (Mathou, pas le kébab !). Pendant ce temps, Marcass' prend des cours de langue dans un coin...

Bref, la victoire fut belle et la célébration aussi.

A titre personnel, je suis évidemment ravi d'avoir posé un RTT pour vous retrouver et je vous en remercie.

Gardons cette rage de vaincre et on fera tomber bien des montagnes.
Comme disait le Che : « Soyons réalistes, exigeons l'impossible !».

Rugbystiquement vôtre.

Marcass'


13/12/2006


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