En fait, on n'est jamais allé à Rochefort, en ce WE polaire du 17 novembre 2007... Mais on a franchi la banquise sur nos trois First 27.7.
Le vendredi soir, en arrivant, on s'est dit que c'était abusé, autant d'algues sur un ponton; en fait le lendemain matin, on a vu que c'était le givre qui nous faisait glisser... Le samedi, petit temps, s'annonce tranquille, sans compter le temps de partir en mer : 12h, alors qu'on pourrait le faire bien plus tôt... Une fois sortis du port, on hisse, on fait du travers gentillet sans balancer le spi : trop bête. Pause repas d'une heure : la mer était tellement démontée que la pause s'imposait; c'est le cas de le dire. Bref, petite nav, RAS, la pause.
Anecdote #1 : Les pâtes de Charles Pendant cette pause, le bateau de Charles avait fait cuire des pâtes. Qu'ils s'apprêtaient à manger quand notre bateau a donné le signal du départ : Charles a prévenu son équipage que "ça allait gîter". Les filles ont fait oui, et lui ont promis de veiller sur ses pâtes. Mais au premier bord, elles se sont répandues dans le bateau... il était vénère.
Tant qu'on parle du héros, anecdote #2. Le départ du samedi de Charles Charles faisait signe à ses équipiers de larguer les amarres et était sur le point de partir. Heureusement, on a remarqué qu'il devait débrancher sa prise électrique avant.
On commence à remonter vers Rochefort, avec le vent dans le nez, mais le courant dans le cul : c'était soi-disant le prétexte de la pause. On est arrivé à l'entrée du chenal vers 16h, pas beaucoup de vent, dans le nez d'ailleurs; on commence à mettre le moteur, mais très lentement. 1=Louis 2=Charles 3=Martin Au bout d'un moment, on fait accélérer le mouvement, il faut dire que le soleil se couche, la température diminue, et le chenal n'en finit pas; donc on se retrouve au début du chenal non balisé pour une petite nav de nuit au moteur jusqu'à 19h je crois, ou 20h. On espère à chaque détour voir le port, enfin! mais il n'est jamais là... D'un seul coup, on voit un mini-ponton, à peine éclairé, à 5m, et un énorme cargo qui nous fonce dessus. Louis crie: c'est là! L'immense forme noire du cargo se découpe sur l'horizon, toujours plus proche de nous, c'était magnifique; on essaye de s'amarrer tant bien que mal pendant que le mastodonte nous frôle; tant bien que mal, nous débarquons à côté de la Corderie Royale de Rochefort. L'arrêt à la corderie était prévu depuis longtemps, en fait, car les écluses ne s'ouvraient pas ce samedi, Bernie dixit.
Anecdote #3 : Arrivée du samedi de Charles Charles a un peu foncé dans le bateau de devant en arrivant au ponton.
Donc on arrive, gelés, car pendant la nav de nuit, sur chaque bateau, il y avait une ou deux personnes dehors à barrer et à regarder le sondeur. En effet, le truc, c'est que la Charente, ce n'est pas du tout balisé ni éclairé et Charles (toujours lui...) était à chaque fois à la traîne. Martin, passé en 2, essaye à chaque fois d'accélérer le mouvement. Pas vraiment de danger pourtant, le problème, c'était le froid : si jamais on devait refaire Titanic, on avait pas de caméra, donc pas la peine de prendre de risque. Pendant ce temps, les autres se faisaient des massages de pieds à l'intérieur, Marie Charlotte se faisait des bouilloires d'eau chaude. Donc une fois au "port" on débarque pour le fameux apéro chez Charles.
Anecdote #4 : L'apéro chez Charles En fait chez Louis car Charles n'avait pas d'adaptateur pour recharger ses batteries. On ne saura jamais pour l'adaptateur, s'il ne fut pas abandonne à la Rochelle... Bref, apéro chez Louis, on se raconte nos nav (les pâtes, les bouilloires, ...); on repart manger sur nos bateaux respectifs.
Vers 23h, on se retrouve pour aller au bar : un premier café, juste à côté, à l'air trop sérieux pour nous; unilatéralement Louis décide d'aller tout droit : il affirme qu'il y a beaucoup de bars par là-bas, au port, au vrai. Le patron du café nous en avait indiqué un cinquantre mêtres plus loin, mais dans une autre direction. Au bout de 300 mètres, Thibault réussi à convaincre Louis de faire demi-tour, et ce d'autant plus facilement qu'il n'y avait rien du côté du vrai port. Bref, nous retournons sur nos pas, toujours gelés... Pour arriver à 18 dans une espèce de bar. On commence par casser un cendrier, puis par chanter en levant nos verres de bière. Le patron nous sert en prime un rhum de bienvenue et augmente la musique. Malgrè tout, quelques chants survivent à la nuisance sonore parasite. Après le deuxième verre de rhum, les toctoctoc n'en finissent plus mais la soirée s'achève quand même, vers minuit et demi. Il fait toujours aussi froid, ou est-ce pire? On est momentanément réchauffé, mais la nuit prouvera que ça ne suffit pas...
On a tous gelé. Sauf Sara, sous ses 4 pantalons. C'est vrai qu'elle dormait tête contre tête avec CM... On ne vous a jamais parlé de Christophe et Sara au WEIV? Il y avait aussi Louis et Géraldine dans un seul sac de couchage : ils en avaient oublié un je crois, Sara en avait pris un en plus... Ah non, ils en avaient oublié deux. Car Simon aussi a dû en amener un de plus pour... Charles, qui avait naturellement oublié le sien.
Bref, à 9h du mat, on entend la voix mélodieuse de je-te-laisse-deviner-qui braillant: "Martin, tout le monde est prêt, on y va tout de suite". Rectification 30 secondes plus tard: en fait, Louis et lui attendent Martin pour aller à la capitainerie pendant que les autres dorment encore... On se lève donc gelés, ça faisait longtemps... pour attendre les autres pendant une heure : la capitainerie était fermée, ils étaient parti prendre un café. En somme, au lieu d'aller au port de Rochefort, on a attendu sur le ponton d'attente. C'est juste qu'on a attendu toute la nuit comme la capitainerie était fermée, on a même pas payé. Ou comment faire des économies... En même temps, on a eu aucune confirmation pour le BMS diffusé la veille et qu'on a réentendu au petit dèj : sur notre secteur, il était prévu un 7 forcissant.
On bouge enfin, vers 10h30 : il fait toujours froid... Mais au moins on navigue. On remonte le chenal, au moteur et très rapidement le froid disparaît; personne ne se décide à mettre les voiles, finalement Martin balance en VHF qu'il va hisser à 2 ris... On a juste eu le temps de hisser les voiles et de prendre en main le bateau avant d'être sorti de la Charente. Et ça part enfin... GENIAL!!!!!! On navigue plus ou moins de conserve, ce qui devient chaud quand on a des bouées à laisser passer, entre les coups de loffe et les empannages pas toujours prévus... On s'en sort quand même: juste une ou deux bômes à avoir valsé, mais rien de trop dramatique.
Pour le retour vers La Rochelle, choix tactique: deux bords de largue plutôt qu'un vent arrière; classique avec les vagues dans le dos... C'était vraiment super. Enfin, pas tout à fait dans le dos les vagues, mais en biais en fait : c'était trop drôle. Moins sans doute lorsque tu regardes chaque vague avec effroi en te demandant si c'est celle là la bonne; mais il fallait vraiment lutter à chaque instant avec elles, ou jouer, c'est la même chose. Elles n'étaient pas si énormes, mais parfois juste assez pour nous arroser un peu et modifier la trajectoire du bateau, ce qui est délicat quand tu fais du grand largue, limite VA, et que tu préfères éviter d'empanner. Toujours est-il que nous sommes un peu dispersés et nous n'avons pas tout à fait les mêmes allures. On se regroupe plus ou moins, pendant que le vent forcit; c'était vraiment tellement bien, on filait...
On arrive vers le port, ça devient de plus en plus galère de gérer les voiles et la trajectoire Pour une raison ignorée de tous, Louis lance la mode des empannages. Chez Martin, on finit par lancer la mode de l'enroulement de génois puis tout le monde descend la GV et rentre au moteur. Lorsqu'on rentre dans le port, il se met à pleuvoir : petite pluie, mais ce n'est qu'un début, on ignore naturellement où sont nos places de port... Passons les détails touchant aux manoeuvres de port malheureuses, oublions la pluie diluvienne qui a nettoyé les bateaux mieux que nous l'avons fait, laissons de côté le degré d'humidité de nos vêtements et l'odeur qui s'en dégageait par conséquent sur tout le trajet du retour pour ne retenir que l'essentiel: ce fut un merveilleux WEV...
22/11/2007
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :