Ce week end de voile a été riche et savoureux en détails croustillants: un nouveau surnom pour Maylis, des manoeuvres de haute voltige, des équipages quasi professionnels, une sérennissime Macha, un port quali... Pour tous ceux qui n'ont pas pu venir, pour que ce week end n'ait plus aucun secret pour vous: un petit compte-rendu à douze mains...
Chapitre 1 : Vendredi 16 Novembre 18h00 : Les heureux élus du WE se rameutent devant l'ESSEC. Le seul à faire défaut, Simon Jeannin a préféré qu'on aille le chercher à St Germain. La voiture pilotée par Lyuba, « la mienne et donc par définition la meilleure » (Louis Roudaut, E2, Bernie) attendra une demi heure le brave Simon. A 19h30 nous partons de St Germain pour un WE qui restera d'anthologie.
Au cours du trajet Cergy la Rochelle, deux familles voitures s'affrontent. A bord de la 806, Anne est au volant, Charles conduit, les 5 enfants piaillent à l'arrière ; on les imagine déjà dans 20 ans. La dream team du Scénic est pilotée par Lyuba, dont Louis était le copilote n'a cessé de rattraper son retard sur la 806, le final se jouera aux abords de la Rochelle où après maints doublements la puissance du Scénic l'emportera sur la lourdeur du 806.
Une troisième espèce à part: la coudriou mobile. Petite 205 fébrile, elle ne compte plus les exploits : flashée 3 fois, un feu de brouillard allumé par erreur et ayant ébloui toute l'autoroute de paris à la rochelle. Un papy en grande forme inondant ses camarades de remarques toutes plus attendrissantes les unes que les autres : « c'est quand même dingue toutes ces étoiles dans le ciel dès qu'on sort de paris »
Les 3 27.7, Jules Jim et Mille Pertuis nous attendent au port des Minimes, la Lorce et Martin qui se réchauffaient, en nous attendant nous accueillent à bras ouvert. Ce connard de toulousain avait déjà attribué les bateaux aux équipages, réservant à Bernie le bateau le plus vieux. Il pensait bien faire, il en fera les frais. Pour ceux qui ne connaissent pas les 27.7, il s'agit de bateaux habitables très marin. Le confort y est autre que sur les caravanes flottantes du WEIV. D'ailleurs, en bon marin, la première remarque de la Lorce sera de dire « Putain, y a pas de lecteur CD ». La répartition des équipages était la suivante :
Mille Pertuis.
Bernie
Cécile
Papy
Mathilde
Gé
Anne
Jules
Martin
Caro
Sara
La Mengue
Coudriou
Lyuba
Jim
Charles
The Lorce
Pompom
Fred
Simon
Princesse Macha
Chapitre 2 : La Nuit la Plus Froide
Apparemment les EPSCI avaient avancé leur soirée d'une semaine. Il faisait un froid polaire dans les carrés.
Papi repère un appareil suspect et demande à Louis s'il ne s'agirait pas d'un chauffage : « mais non Papi t'es con ».
Anne, la plus prévoyante, s'emmaillotait dans deux sacs de couchage et réussissait à avoir très chaud tout en piquant celui de Cécile qui elle réussissait à avoir très froid. A un autre bord, Charles, prévoyant, avait oublié son sac. Simon, magnanime lui prête son deuxième sac de couchage « en plumes » après lui en avoir longuement vanté les mérites. C'est en fait un modèle pour nain, datant des années 20 qui protège très bien les jambes.... Nuit froide ici aussi.
Chapitre 3 : Le soleil du Samedi se lève sur des pontons et des bateaux couverts de givre. Princesse Macha ne se laisse pas décontenancer... Ca n'est pas parcequ'il fait frisquet qu'il faut se laisser aller ! Elle plonge la main dans son sac... et en sort un pot de talque. Le talque ne réchauffe pas mais il empêche les cheveux de graisser, c'est autrement plus important. Après s'être saupoudrer la tête allégrement, princesse Macha ré enfile son bonnet qu'elle ne quittera pas du we : finalement personne ne verra l'ombre de sa tignasse. Plus tard, après plusieurs heures d'immobilité absolue dans le cockpit, Princesse Macha décidera qu'elle a incroyablement froid au pied et mettra au point un système novateur pour reprendre le contrôle de la situation. « Qui veut dû thééééééé ? » : ce à quoi tt le monde répond oui, touché de cet altruisme soudain. Le thé se fait attendre. Princesse Macha ne ré apparaît pas... Alors que l'on commence à s'inquiéter, on la découvre déchaussée, ses pieds emmitouflés dans des chaussettes rouges délicatement posés sur la tellière. Stylé.
Puis vient le temps des inventaires...Rien à noter si ce n'est que Papi avait raison la veille sur le chauffage dans le Millepertuis. Bernie aime se faire mal.
Après des splendides manoeuvres de port, les bateaux quittent fièrement le Port de La rochelle. Cap au 180°, direction Rochefort. On notera une présence tt particulièrement remarquée du Jim qui chante Brassens, puis Aznavour, puis Brassens, puis Michel Polnareff. Special mention à Simon pour ses chorées racistes et ses chants à boire.
Vient l'heure du déjeuner. Princesse Macha est là. Le Jim, toujours lui, prépare un déjeuner presque royal. Lorsque celui-ci est enfin prêt, les autres bateaux sont eux prets à repartir. Maylis et Charles monte sur pont pour effectuer la manœuvre pendant que les autres déjeunent.
-Charles : Marie Chalotte, tu tiens mon assiette, hein ? Ca va gîter.
-Princesse Macha : Oui oui. Aucun problème.
-Charles : Tu fais attention hein ?
-Princesse Macha : Mais OUIII je te dis.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Princesse Macha pose négligemment l'assiette sur la table du carré. La bateau lofe, et la patatra, ou plutot plouf. Toutes les pâtes jonchent le carré et baignent dans l'eau.
-Princesse Macha : « Flûte ! »
La Lorce écopera allégrement pendant 20 minutes. Décidemment, on manque de personnel dans ce rafiot.
L'après midi se déroule sans encombres. Coudriou raconte à ses équipiers les exploits de son héro Mike Horn pendant que ces derniers se frictionnent mutuellement les doigts de pied. Lyuba est à la barre indifférente au froid et à l'obscurité. Martin ne la lâche pas d'une semelle: il Weil consciencieusement sur elle.
On roule les phoques à l'embouchure de la rivière et on continue au bourrin et à la GV. Puis on affale aussi la GV ne continuant qu'au moteur. Papi, toujours présent là où on l'attend le moins, danse le limousin sous un soleil déclinant et une température avoisinant les -3°C.
Louis lance un nouveau jeu : « on évite le cargo au dernier moment » puis les bateaux manoeuvrent impeccablement pour venir se placer parallèlement au quai. Vient l'heure de l'apéro... On s'attable autour d'un sceau de punch. Les anecdotes volent : Princesse Macha est à l'honneur.
Le dîner en équipage est savoureux. Le Jim se régale de petits pois al dente. Coudriou parle toujours de Mike Horn. Mathilde décide de changer de place avec Maylis pour le dîner qui se voit condamnée à partager le couvert du Mille Perthuis... Mathilde remettra ça au moment du coucher en piquant la couchette de Fred qui aurait bien aimé passer une deuxième nuit contre Simon.
Vers 23h, on se retrouve pour aller au bar : un premier café, juste à côté, a l'air trop sérieux pour nous; unilatéralement Louis décide d'aller tout droit : il affirme qu'il y a beaucoup de bars par là-bas, au port, au vrai. Le patron du café nous en avait indiqué à cinquantre mètres plus loin, mais dans une autre direction. Au bout de 300 mètres, Thibault réussi à convaincre Louis de faire demi-tour, et ce d'autant plus facilement qu'il n'y avait rien du côté du vrai port. Bref, nous retournons sur nos pas, toujours gelés... Pour arriver à 18 dans une espèce de bar. Nos valeureux voileux font leur entrée dans un mythique bar boite latino... Il n'était là rien que pour eux... Le patron paye sa tournée de rhum au caramel alors que les premiers toctoctoc font trembler les murs. Le DJ monte le volume de Frankie Vincent, mais rien n'y fait. Nos organes entraînés par une journée d'exercices se libèrent et les chants s'enchaînent. Le duo CC (Coudriou Combes) est très présent. Une première vague quitte la fête, mais alors que l'hygiaphone beugle « relaaaax », nos voileux poussent les tables et dansent jusqu'à l'aube (enfin presque).
Seule Caro n'aura pas le sommeil lourd cette nuit là... Elle est prise d'une crise de clostro et va se promener dans Rochefort pour oublier ça...
Chapitre 4 : Le dimanche
Vers 8h45, les réveils sonnent et nos valeureux marins se réveillent. Tout en s'extirpant de leur sac de couchage, ils redécouvrent le froid (-5°) qu'ils avaient oublié dans les vapeurs éthyliques de la veille. Après un presque bref passage de nos trois skippers amiraux à la capitainerie pour payer les frais de port, nous repartons enfin sur nos trois fiers navires à travers la Charente. Sur le chemin qui nous mène à l'océan, le grésillement de la radio nous annonce les 35-40 nœuds de vent qui nous attendent dans l'Atlantique. Louis, prévoyant et lucide décide d'opérer un changement tactique : conscient que ses compétences ne lui permettront pas d'affronter la tempête qui s'annonce, il décide d'appeler à la rescousse La Lorce et sa maîtrise illimitée du 27.7. Géraldine fait le chemin inverse et rejoins Charles qui très serein sur son Jim n'hésite pas à sacrifier son meilleur élément. (C'était bien ça l'esprit de ce nouveau schéma tactique Louis , non?). Ce changement s'opère facilement, les deux substitutes sautant allégrementles 4 mètres séparant les deux bateaux. A 2 nœuds, la Charente défile lentement mais l'escadre finir par rejoindre l'océan. Le vent commence à forcir et chacun se réjouit d'avance de pouvoir enfin faire de la voile. Les voiles sont aisément hissés et quelques départs au lofe plus tard, le rythme de croisière est atteint. Martin et Géraldine respectivement barreurs du Jules et du Jim reviennent toutes les dix minutes à hauteur du mille perthuis barré de façon peu académique et peu rectiligne par Mathilde. A chaque fois que ce dernier menace d'être dépassé, Louis leur enjoint de repasser derrière le navire animal, afin de respecter les convenances.
A 11h30, Princesse Macha se réveille.
La traversée se fera finalement sans encombre. Anne, avide de connaissances durant ce we, découvre la subtile différence entre un empannage et un virement de bord tandis que Mathilde entonne pour la 156 éme fois « La bohème » dont elle ne connaît en fait que le refrain. Sur chaque bateau les dernières bières sont sifflées et le déjeuner préparé tant bien que mal.
A bord du Jim, Fred barre avec précision et réussit à garder l'avance grignotée par Géraldine. Puis vient le tour de Simon. Il réussit tout le contraire mais ne blesse personne, et c'est déjà bien. Cécile est transie et empanne avec fureur, attentant ainsi à la vie de ses coéquipiers.
On rentre avec un vent forcissant et la pluie qui commence à tomber. Après deux bords de largue, on roule le foc et on affale la GV. Puis c'est à nouveau le ballet des manœuvres de port. Elles sont toutes plus réussies les unes que les autres, et ce malgré un vent de travers très pénible pour manœuvrer.
Pendant que les skippers récurent les bateaux, chacun vaque à ses occupations. Beaucoup font le choix de la douche gelée tout habillé sous la pluie et en plein vent. D'autres malins, comme Pom'pom' offrent leur tournée de chocolat chaud à la capitainerie.
On décolle vers 18h avec des conducteurs sereins, sous Gueronzan. Halte au McDo ds lequel Louis gagne un plateau moche, mais qui lui fait plaisir.
Arrivée vers 2h à Cergy.
« Ceux qui ont horreur de sortir des sentiers battus se demandent comment on peut rêver de passer un hiver dans le froid, le vent et l'obscurité. Que peut-on y trouver ? Je n'en sais rien - à moins que ce ne soit : des gens, de la mer, du ciel. » Björn Larsson et Stefan Jensen, Extrait de La Sagesse de la mer
26/11/2007
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