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Une fracture est une rupture de la continuité de l'os. On dit que la fracture est fermée lorsque la peau est intacte, qu'elle est ouverte lorsqu'il y a une plaie en regard de la fracture, avec ou sans extériorisation de l'os.
Les fractures ouvertes sont plus graves en raison du risque infectieux qu’elles présentent.
LES PREMIERS GESTES
- Il faut avant tout reconnaître la fracture. Elle est parfois connue du blessé (il a perçu un craquement) et se manifeste ensuite par une douleur aiguë au niveau de la lésion.
- La douleur conduit souvent la victime à prendre une position caractéristique, dite « position antalgique » (« en chien de fusil»), qui renseigne déjà beaucoup sur le type fracture.
- Il faut aussi rechercher les signes qui peuvent faire craindre une complication : déformation et raccourcissement du membre fracturé, atteintes nerveuses et vasculaires, qui se traduisent par une diminution de la sensibilité cutanée ou une disparition du pouls périphérique
IL FAUT
- Installer le blessé le plus confortablement possible, en immobilisant le membre fracturé dans la position où vous l’avez trouvé, y compris et surtout s’il présente une déformation importante.
- Si vous êtes amené à immobiliser le membre fracturé, faites en sorte qu’il ne coupe pas la circulation et surveillez régulièrement les pouls.
S’il y a une hémorragie abondante ou une détresse respiratoire, oubliez la fracture et occupez-vous d’abord de réanimer le blessé (respiration artificielle, massage cardiaque) si son état l’exige (asphyxie).
Dans le cas d’une fracture ouverte avec un os saillant dans la plaie, arrêtez l’hémorragie en refermant doucement les bords de la plaie ou en utilisant les points de compression (hémorragies), puis placez une compresse stérile sur l’os. Réalisez un coussinet autour de l’os saillant, à l’aide de compresses, afin d’éviter toute pression sur l’os, puis faites un bandage très peu serré.
Si aucun os n’est saillant, arrêtez l’hémorragie en refermant les lèvres de la plaie, puis faites un pansement stérile. Si le membre n’est pas déformé, soutenez-le par une écharpe qui permet d’immobiliser les articulations du coude et du poignet, puis avec une « contre-écharpe » qui permet d’immobiliser l’épaule (fractures de l’épaule et du bras).
IL NE FAUT PAS
- Bouger le membre fracturé si ce n’est pas absolument nécessaire.
- Chercher à réduire vous-même la fracture. Vous risquez d’aggraver l’hémorragie et de provoquer des lésions nerveuses.
- Déplacer le blessé, sauf si sa vie est en danger.
A L'HOPITAL
L’équipe des secours transportera le blessé sur un matelas-coquille qui permet une immobilisation complète. (Le matelas-coquille est un matelas pneumatique rempli de billes de polystyrène). Avant d’installer la victime sur ce matelas puis sur le brancard, le médecin pourra mettre en place un respirateur artificiel et une perfusion intraveineuse afin de parer les conséquences d’un éventuel choc cardio-respiratoire durant le transport.
Si la radiologie montre une fracture ouverte, le médecin nettoiera soigneusement la plaie et procèdera si nécessaire à une « mise en extension temporaire » afin de rétablir la continuité de l’os. Pour les membres inférieurs cette intervention exige parfois d’introduire une barre métallique dans le talon à laquelle on attache des poids. Parfois, il faudra procéder à une ostéosynthèse. Cette intervention chirurgicale permet de «recoller» les morceaux d’os ou de les réunir à l’aide de plaques et de vis. Une fois les plaies refermées, on pourra poser un plâtre.
Fracture de l'épaule et du bras
Les fractures du membre supérieur sont communes lors des accidents de sport (football, rugby, ski) chez les enfants. Il faut également les craindre en cas de chute chez les vieillards.
LES DIFFERENTES FRACTURES
La fracture de la clavicule est fréquente et bénigne, mais présente néanmoins un risque de calcification inesthétique. Les complications vasculaires et nerveuses sont rares.
La fracture de l’omoplate est peu fréquente ; elle touche surtout le col, parfois le corps de l’omoplate.
La fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus est assez commune dans la seconde moitié de la vie. Il s’agit en général d’une fracture du col huméral.
La fracture de l’olécrane (extrémité supérieure du cubitus) est souvent une fracture ouverte (fractures), compliquée de lésions cutanées, nécessitant un traitement chirurgical urgent.
Les fractures des deux os de l’avant-bras, le cubitus et le radius, sont des fractures fréquentes chez les enfants ; elles font suite à de violents mouvements de torsion (fracture du poignet).
LES PREMIERS GESTES
- L’impotence du bras blessé est totale et la douleur à la palpation est très vive à l’endroit de la fracture. Évitez de palper la blessure et ne pliez pas le coude de force si le blessé ne peut pas y arriver seul.
- S’il est possible de plier le coude, appliquez doucement l’avant-bras sur le thorax, puis soutenez le bras avec une écharpe englobant le coude et nouée derrière le cou.
- Pour plus de sécurité vous pouvez faire une contre-écharpe pour immobiliser totalement l’épaule.
- S’il est impossible de plier le coude, immobilisez le bras le long du corps. Vérifiez que le pouls radial est bien perceptible. Conduisez immédiatement le blessé à l’hôpital.
IL FAUT
- Immobiliser le bras et l’avant-bras avec une écharpe.
- Faire un pansement protecteur en cas de fracture ouverte.
- Surveiller la survenue d’une éventuelle hémorragie.
IL NE FAUT PAS
- Forcer le blessé à plier le coude : c’est impossible s’il y a une luxation du coude.
- Tenter de réduire une fracture ou une luxation soi-même.
A L'HOPITAL
L’examen radiologique permet d’évaluer l’étendue et la forme des fractures. S’il s’agit d’une fracture simple, sans déplacement, le médecin fera une immobilisation plâtrée. La durée de l’immobilisation (4 à 12 semaines) dépend de la gravité de la fracture et de l’âge du blessé.
Fracture de la colonne vertébrale
Toutes les fractures de la colonne vertébrale sont graves, en raison du risque d’atteinte de la moelle épinière et des nerfs rachidiens. Une fracture de la colonne vertébrale nécessite un soin extrême dans le transport d’un blessé afin de ne pas provoquer ou aggraver une lésion nerveuse.
RECHERCHER LA CAUSE
- Attention à ne pas confondre les fractures de la colonne vertébrale avec une hernie discale, une sciatique ou un tour de rein :
- Les fractures peuvent être provoquées par des chocs directs lorsqu’un objet très lourd tombe sur le dos du blessé, le plus souvent, par un mouvement violent. C’est le cas lors d’une hyper-flexion du cou, lorsque la tête de l’automobiliste heurte le pare-brise, lorsque le sportif est projeté violemment sur le sol ou lorsque le plongeur heurte brutalement le fond de la piscine. - - Elle peut également être la conséquence d’une hyperextension du cou, comme dans le « coup du lapin », lorsque la tête est violemment projetée en arrière, d’un choc vertical sur le sommet du crâne, ou d’une chute sur les pieds, sur les fesses, qui peuvent provoquer de graves lésions à tous les étages de la colonne.
- Une lésion de la moelle épinière (par compression ou section) peut provoquer une paraplégie (paralysie des membres inférieurs) ou une tétraplégie (paralysie des quatre membres et du tronc).
- La hernie discale peut être provoquée par un choc violent ou par un mouvement brusque. Cet accident extrêmement douloureux nécessite parfois une intervention chirurgicale, mais le pronostic est en général bon. La hernie discale est un glissement d’une partie du disque intervertébral qui vient comprimer la moelle épinière, ou, le plus souvent, un nerf rachidien, à l’endroit où il prend naissance dans la moelle épinière. Dans la grande majorité des cas, la hernie discale affecte la région lombaire et est souvent à l’origine de la sciatique, qui nécessite parfois une hospitalisation en urgence. La hernie discale cervicale, moins fréquente, est responsable de « névralgies cervico-brachiales », fort douloureuses.
- Le « tour de rein », beaucoup moins grave mais très douloureux, est une contracture musculaire qui touche la région lombaire et qui disparaît facilement avec du repos et un petit traitement antalgique ou anti-inflammatoire.
LES PREMIERS GESTES
- En fonction des circonstances de l’accident ou si le blessé se plaint de douleurs importantes au niveau du dos, il faut suspecter une lésion de la colonne vertébrale et éviter tout mouvement qui n’est pas nécessaire. Attendez que les secours arrivent avec un «matelas-coquille» qui permettra d’immobiliser le blessé et de le transporter dans les conditions maximales de sécurité. Le matelas-coquille est un matelas pneumatique rempli de billes de polystyrène au milieu duquel on place le blessé. On crée ensuite le vide dans le matelas, afin d’obtenir un «moulage» exact du blessé et une immobilisation complète.
- Un examen rapide permettra d’apprécier la gravité des lésions : demandez à la victime de bouger les doigts ou les orteils et touchez-lui doucement l’extrémité des membres en lui demandant si elle sent quelque chose.
- Si le blessé ne peut plus bouger les extrémités, ou s’il ne sent rien, il souffre probablement d’une lésion de la moelle épinière.
- En cas de suspicion de hernie, dont les symptômes sont bien connus des personnes qui souffrent de problèmes chroniques du dos, le traitement immédiat est l'immobilisation et la prise d'antalgiques. Selon les signes cliniques, le médecin demandera un scanner ou une IRM afin de déterminer exactement l'origine des troubles.
IL FAUT
- Conseiller au malade de ne pas bouger.
- Alerter les secours en décrivant les lésions et les circonstances de l’accident.
- Soutenir la tête de la victime et rouler des linges et des vêtements autour de son corps pour le soutenir.
- Si les secours tardent, dans le cas d’une fracture de la région cervicale, réaliser une minerve d’attente avec du papier journal roulé dans un linge. Installer cette minerve sur l’avant du cou et rouler le linge autour du cou, en maintenant la tête et sans gêner la respiration.
BON A SAVOIR
- Les deux régions les plus fragiles de la colonne vertébrale sont la colonne cervicale et la colonne lombaire.
- Pour fabriquer une minerve improvisée : enroulez un journal dans un linge puis enroulez-le autour du cou en faisant le n’ud en avant. Immobilisez bien la tête.
Fracture de la hanche
La hanche est souvent atteinte lors des accidents, et en particulier lors des chutes chez les personnes âgées. La fracture de l’extrémité supérieure du fémur est, en effet, très fréquente chez le sujet présentant une ostéoporose (maladie de déminéralisation de l’os). Lors d’un accident de voiture, la tête du fémur peut être violemment poussée en arrière, au point de sortir de son habitacle dans l’os du bassin, le cotyle, et parfois même le fracturer. Le conducteur du véhicule est le plus exposé à ce type de fracture.
LES PREMIERS GESTES
- Les fractures du cotyle et les luxations de la hanche se manifestent par une impotence totale.
- La fracture du col du fémur est souvent évidente du fait de l’impotence du membre et de l’impossibilité de se relever. Le membre est raccourci et le pied est tourné vers l’extérieur, du fait de la rotation du membre provoquée par la fracture.
IL FAUT
- Suspecter systématiquement une fracture de la hanche en cas de chute d’une personne âgée.
- Alerter les secours pour assurer un déplacement rapide avec un matelas-coquille.
- Surveiller les pouls afin de contrôler une éventuelle hémorragie.
IL NE FAUT PAS
- Déplacer le membre blessé.
- Donner à boire ou à manger au blessé.
A L'HOPITAL
- S’il y a une luxation de la hanche, elle sera opérée en urgence, sous anesthésie générale, afin d’éviter des lésions des nerfs et des artères, dangereusement étirés lors de l’accident.
- Si la personne est jeune, il est possible de faire une ostéosynthèse de la hanche afin de reconstruire la tête du fémur. L’immobilisation sera longue.
- Dans le cas d’une personne âgée, on préfère installer une prothèse de la hanche, car, après 70 ans, la consolidation de l’os est plus difficile. Les résultats sont excellents et permettent une reprise de la marche huit jours après l’intervention.
BON A SAVOIR
L’ostéoporose, maladie fréquente après la ménopause, fragilise les os. C’est pourquoi les femmes de plus de 60 ans présentent plus de risques de fracture du col du fémur.
Fracture de la jambe
Très fréquente, la fracture de la jambe est souvent une fracture ouverte et est à l’origine de lésions cutanées. La fracture atteint souvent le tibia et le péroné. Si elle touche les extrémités du tibia, elle expose à des complications vasculaires et nerveuses.
LES PREMIERS GESTES - L’examen rapide du blessé vous permet d’évaluer la gravité des lésions : ôtez doucement les chaussures et découpez le pantalon si nécessaire, afin de bien observer la jambe.
- S’il y a une fracture des deux os, vous observerez parfois une angulation ou une rotation suspecte de la jambe.
- Surveillez les pouls et soyez prêt à faire une réanimation (respiration artificielle, massage cardiaque) si vous constatez un état de choc.
- Il est possible de faire un garrot au-dessus du genou en cas d’hémorragie.
- Si l’accident a lieu dans un terrain accidenté ou en montagne (accident de ski), il vous faudra peut-être transporter le blessé dans des conditions précaires ; voici comment procéder : rapprochez la jambe blessée de l’autre jambe, puis attachez-les ensemble à l’aide d’un bandage. Autant que possible rembourrez avec des vêtements l’espace entre les deux membres inférieurs afin de bien les immobiliser. Vous pouvez également utiliser une attelle, de l’entrejambe jusqu’au pied que vous installez entre les deux membres avant de les attacher ensemble. Vous pouvez ensuite transporter le blessé sur un brancard.
IL FAUT
- Surveiller les pouls.
- Protéger la plaie en cas de fracture ouverte pour éviter une infection.
IL NE FAUT PAS
- Déplacer le blessé si ce n’est pas nécessaire.
A L'HOPITAL
- Pour les fractures simples sans déplacement, on fera une immobilisation plâtrée pendant deux mois suivie de la mise en place d’une botte plâtrée pendant un mois. L’appui avec plâtre dépend du type de fracture et se fait dans un délai de 30 à 60 jours.
- En cas de déplacement, s’il s’agit d’une fracture fermée, la chirurgie orthopédique sous anesthésie générale et une ostéosynthèse complètent la réduction de la fracture. Le clou est ôté 12 mois plus tard. On peut aussi placer une plaque qui sera retirée au bout de 18 mois. La reprise de l’appui est possible au 60e jour, avec un plâtre de marche.
- S’il s’agit d’une fracture ouverte avec risque de «nécrose» (mort tissulaire), une mise en extension continue pendant 15 jours est nécessaire. Elle est suivie d’une immobilisation plâtrée ou d’une ostéosynthèse par broche ou clou, après cicatrisation des lésions cutanées.
Fracture des côtes
Les fractures des côtes se produisent le plus souvent par enfoncement de la cage thoracique, à la suite d’un choc direct, lors d’un accident de voiture (par écrasement contre le volant lorsque l’automobiliste ne porte pas sa ceinture de sécurité).
LES PREMIERS GESTES - Dans les cas les plus simples, la fracture des côtes provoque une douleur bien localisée. La palpation est douloureuse et la douleur est exagérée par la toux.
- Mais la fracture des côtes peut présenter de nombreuses complications : la plus commune est la perforation du poumon, responsable d’un pneumothorax (de l’air en provenance des poumons s’infiltre entre les deux feuillets de la plèvre), ce qui entraîne une insuffisance respiratoire immédiate (asphyxie).
- La côte fracturée peut également être responsable d’une hémorragie importante si elle blesse le foie.
- Enfin, en cas de lésion du poumon et de fracture ouverte, on peut constater une plaie «soufflante» du thorax, en raison de la communication de la cage pulmonaire avec l’extérieur. On assiste à une «respiration paradoxale» : les côtes s’enfoncent dans le thorax lors de l’inspiration et sortent lors de l’expiration, ce qui est exactement le contraire de la respiration normale : il faut alors mettre le blessé en position «semi-assise», penché du côté de la fracture. S’il perd connaissance, il faut le mettre en position latérale de sécurité, le côté sain vers le haut. Procédez de la même manière en cas de plaie au thorax (blessure par balle ou au couteau). Les risques d’hémorragie et de choc cardio-vasculaire (choc cardio-circulatoire) sont importants et nécessitent un transfert urgent à l’hôpital.
IL FAUT
- Installer le blessé en position légèrement assise ou en position latérale de sécurité.
- Maintenir le bras du côté blessé dans une écharpe nouée autour du cou.
IL NE FAUT PAS
- Coucher le blessé du côté sain.
A L'HOPITAL
- Si la fracture ne présente aucune complication, elle sera simplement maintenue en place jusqu’à consolidation à l’aide d’un bandage à l’Elastoplast.
- En cas de complication (perforation pulmonaire), il faudra procéder à une ventilation assistée avant l’intervention chirurgicale puis refermer les plaies pulmonaires.
Fracture du bassin
La fracture du bassin est la conséquence d’un traumatisme violent. Elle est fréquente dans les accidents de la route, et associe des lésions des viscères, des vaisseaux et des nerfs, qui déterminent la gravité du diagnostic.
LES PREMIERS GESTES
- La fracture du bassin est facile à reconnaître lorsque l’accident a lieu pendant une activité physique violente, ou lors d’un mouvement brusque pendant une activité physique intensive (sprint, grand écart, étirement brusque des muscles de la cuisse, au football, à l’athlétisme, au rugby).
- Elle se manifeste par une boiterie, un gonflement de la cuisse au niveau du pli fessier et, pour calmer la douleur, le patient prend spontanément une position antalgique « en chien de fusil ».
- La douleur initiale est brutale, et s’accompagne d’un craquement. Le membre inférieur est totalement impotent, fléchi, interdisant la marche.
IL FAUT
- Suspecter des fractures du bassin lors des accidents de la route ou en cas de chute d’une personne âgée.
- Prendre les pouls au pli de l’aine et derrière les genoux pour surveiller la survenue d’une hémorragie.
- Suspecter une rupture de la vessie s’il y a du sang dans les urines ou une impossibilité d’uriner.
IL NE FAUT PAS
- Bouger le malade.
- Faire des massages.
A L'HOPITAL OU CHEZ LE MEDECIN
- La plupart des fractures du bassin bénéficient d’un traitement simple. Lors d’une fracture isolée de l’arc antérieur, il faut se reposer en position allongée pendant 8 jours, et deux semaines en cas d’arrachement de l’ischion. La marche avec béquilles est autorisée vers le 10 e jour. Les béquilles sont utilisées tant que durent les douleurs. Celles-ci s’atténuent puis disparaissent normalement en quelques semaines.
- Il est impératif d’arrêter le sport pendant deux mois s’il y a un arrachement de l’épine iliaque antérieure, et pendant six mois au minimum en cas d’arrachement de l’ischion. On ne fait pas de massages locaux ni de rééducation. Les disjonctions pubiennes (écartement des os du pubis) sont également traitées par le repos, ou avec des mécanismes orthopédiques de fixation et de traction si elles sont plus graves.
BON A SAVOIR
En cas d’arrachement de l’ischion, provoqué par une traction excessive des muscles ischio-jambiers, le gonflement de la cuisse s’accompagne d’une disparition du pli fessier.
Dans les poly-traumatismes (accidents de la route), les fractures des arcs antérieur et postérieur sont souvent associées. Les complications immédiates influent sur le pronostic vital : les atteintes urinaires (urines sanglantes ou impossibilité d’uriner), vasculaires (choc hémorragique) nécessitent un traitement urgent, faisant passer au second plan le traitement des fractures.
Fracture du fémur
La fracture du fémur est fréquente chez l’adulte jeune. Elle est souvent la conséquence d’un traumatisme violent (accident de la route, sport). Elle s’accompagne de lésions des parties molles (musculaires) et de compressions ou de rupture de l’artère fémorale. Il y a donc un risque majeur de choc cardio-vasculaire dans les heures qui suivent l’accident.
LES PREMIERS GESTES
- La fracture du fémur est caractérisée par une impotence totale du membre inférieur blessé. La cuisse est douloureuse, elle a augmenté de volume et présente parfois une angulation suspecte.
- Dans la mesure du possible, évitez de bouger le blessé, car les risques d’hémorragie sont majeurs : l’artère fémorale peut être atteinte.
- Alertez immédiatement les secours, qui se muniront d’un matelas-coquille pour transporter le blessé à moindres risques. En attendant, surveillez attentivement les pouls du membre atteint. Si vous sentez le sang battre dans le genou, dans le creux poplité et derrière la cheville, il n’y a pas d’hémorragie.
- Dans le cas contraire, si vous sentez que le pouls s’accélère et que la cuisse augmente dangereusement de volume, il faut tenter de faire une compression, à poing fermé et le bras tendu, sur l’aine, afin d’écraser l’artère fémorale.
- En même temps, un second secouriste doit surveiller le pouls, la respiration et l’état de conscience et être prêt à faire les gestes de réanimation (respiration artificielle, massage cardiaque) si l’état du blessé l’exige.
IL FAUT
- Alerter immédiatement les secours.
- Surveiller le pouls.
- Si la fracture est ouverte, immobiliser le membre pour empêcher le blessé de bouger et l'entourer d’un linge propre.
IL NE FAUT PAS
- Déplacer le malade.
- Chercher à réduire la fracture.
A L'HOPITAL
- Le chirurgien fera d’abord une extension continue du membre blessé avec des broches transosseuses placées sur la tubérosité tibiale pendant 15 à 20 jours. Il utilise ensuite un « clou » qu’il enfonce dans l’os, et qui est fixé en haut et en bas.
- Une rééducation de la marche avec et sans appui s’impose ensuite, ainsi qu’une rééducation du genou. Une nouvelle opération permet d’ôter le matériel au bout de quelques mois.
Fracture du genou
Les fractures du genou sont souvent graves, nécessitent de longs mois de rééducation et peuvent laisser des séquelles. Parmi les lésions possibles, on distingue les fractures du fémur, du tibia, de la rotule, et, enfin, celle des ménisques.
LES DIFFERENTES FRACTURES
La fracture du fémur est grave en raison du retentissement qu’elle a sur la fonction du genou. Due à un choc violent, elle est parfois associée à une rupture artérielle et plus rarement à une compression du nerf sciatique.
La fracture du tibia est également grave car il s’agit d’une fracture articulaire provoquée par un choc très violent. Elle s’associe à une fracture du péroné, de la rotule, des ménisques et à des déchirures des ligaments. Les lésions vasculaires et nerveuses sont rares.
La fracture de la rotule est fréquente. Elle est la conséquence d’un choc direct sur la rotule et est souvent ouverte, avec ou sans déplacement.
Les lésions des ménisques du genou sont dues à un mouvement de torsion forcée du genou. Le ménisque interne est trois fois plus touché que le ménisque externe. Il peut s’agir d’une déchirure du ménisque, d’une fente étendue qui peut provoquer une luxation d’une partie du ménisque, ou encore d’une luxation permanente. Il s’y associe fréquemment une lésion du ligament croisé antérieur.
Un craquement suivi d’un blocage articulaire gênant ou empêchant l’extension du genou révèle une fracture de ménisque. Le blessé se plaint d’une douleur sévère à la face interne du genou et il se forme un oedème dû à un épanchement de liquide synovial dans l’articulation. Par la suite, si le ménisque n’est pas opéré, on observe des épisodes répétés de blocage et de gonflement de l’articulation (on parle alors d’« hydarthrose »).
LES PREMIERS GESTES
- Les fractures de l’extrémité inférieure du fémur ou des plateaux tibiaux sont la conséquence d’un choc violent, comme il s’en produit lors des accidents de voiture ou de moto.
- Déplacez le moins possible le membre atteint, afin de ne pas aggraver d’éventuelles lésions nerveuses ou artérielles.
- Surveillez les pouls en attendant les secours. Si un déplacement est nécessaire (lors d’un accident en montagne par exemple), attachez les deux membres inférieurs ensemble afin d’empêcher tout mouvement, avant de transporter le blessé sur un brancard.
IL FAUT
- Immobiliser le genou atteint. Si le genou blessé est fléchi, ne tentez surtout pas de l’étendre.
- Surveiller les pouls.
IL NE FAUT PAS
- Marcher avant un contrôle radiographique de l’intégrité osseuse et ligamentaire des genoux.
A L'HOPITAL
- Le traitement est presque toujours chirurgical. Il existe de très nombreux procédés d’ostéosynthèse du genou : des vis et des plaques qui aident l’os à se reconstituer sont posées. - L’immobilisation est souvent très longue, par traction puis avec un plâtre.
- Dans le cas d’une fracture de ménisque vérifiée par l’arthroscopie, le traitement est le plus simple possible.
- En cas de déchirure musculaire ou ligamentaire périphérique, on fait si possible une suture, et un plâtre englobant la cuisse et le pied est posé pour six semaines. Si la déchirure est centrale, on enlève une partie du ménisque, en général au cours d’une arthroscopie. On peut reprendre une activité normale au bout de 15 jours et le sport au bout d'un mois. On évite en général de faire une ablation du ménisque dans sa totalité, car le genou risque d'être définitivement instable.
Fracture du pied
La fracture du cou-de-pied ou de la cheville se produit lors d’un mouvement forcé d’abduction et de rotation externe de la cheville, c’est-à-dire lorsqu’on se tord violemment la cheville vers l’intérieur.
C’est la «fracture de Dupuytren», qui atteint le tibia et le péroné. Cette fracture entraîne un élargissement de la distance entre les deux malléoles qui provoque un déplacement de l’astragale.
LES DIFFERENTES FRACTURES
La fracture de la cheville est aisément reconnaissable : le craquement initial est suivi d’une impotence complète et il est impossible de poser le pied sur le sol. La tuméfaction est importante, avec un épanchement sanguin.
Les autres fractures communes du pied sont la fracture de l’astragale et la fracture du calcanéum. Cette dernière entraîne d’importants dégâts osseux, articulaires, en particulier au niveau de l’articulation entre l’astragale et le calcanéum, ainsi que des troubles trophiques (oedème). Elle est provoquée par une chute violente sur les talons et est souvent bilatérale (les deux pieds sont fracturés), associée à des lésions traumatiques des vertèbres. Dans 70 % des cas, elle survient dans le cadre d’un accident du travail (travailleurs du bâtiment).
La fracture du tarse est rare. Elle atteint souvent le scaphoïde. Elle est parfois discrète et fragmentaire, et elle peut être responsable d’un écrasement. Elle est souvent déplacée.
La fracture des 2ème, 3ème et 4ème métatarsiens est bénigne. Les 2ème et 3ème métatarsiens sont le siège de fractures de fatigue, provoquées souvent par le jogging, avec douleurs locales et oedème.
La fracture des 1er et 5ème métatarsiens est plus grave car elle modifie l’appui du pied et compromet plus sérieusement la marche.
LES PREMIERS GESTES
- Le blessé doit être transporté immédiatement à l’hôpital afin de réduire chirurgicalement la fracture et de poser un plâtre.
- S’il est impossible d’enlever la chaussure, il est préférable de la laisser en place et d’entourer le pied, chaussure comprise, avec un linge.
IL FAUT
- Immobiliser le pied.
- Entourer la région blessée avec un bandage sans gêner la circulation sanguine.
IL NE FAUT PAS
- Négliger les accidents du pied, qui peuvent être à l’origine d’une boiterie et de troubles statiques ultérieurs.
- Ne jamais tenter de réduire soi-même une fracture ou une luxation.
A L'HOPITAL
- Le bilan radiologique permet d’évaluer l’importance et le nombre des fractures. Souvent les signes de fracture n’apparaissent que quelques semaines après l’accident.
- Le traitement nécessite la pose d’un plâtre et de pratiquer une ostéosynthèse dans certains cas.
- Pour certaines fractures peu graves, comme celles des os métatarsiens, on se contente d’un bandage élastique.
Fractures du poignet et de la main
En raison de la complexité de l’articulation de la main et des doigts, les fractures peuvent prendre des formes très variées. Elles sont souvent complexes et longues à soigner et sont à l’origine de séquelles parfois invalidantes. Devant toute suspicion de fracture de la main, du poignet et des doigts, il faut faire un bilan radio-logique soigneux afin d’éliminer les risques ultérieurs de douleurs et de raideurs persistantes de la main.
LES DIFFERENTES FRACTURES
La fracture du radius est provoquée par une chute sur la paume de la main. La plus fréquente est la fracture de Pouteau-Colles qui touche l’extrémité inférieure du radius avec déplacement du fragment inférieur (poignet élargi).Voir également fracture du bras.
La fracture du scaphoïde est la fracture la plus courante des os du carpe. Elle touche en général la partie moyenne de l’os. Le déplacement est peu marqué. Elle est sujette à des complication (arthrose). On la reconnaît à la pression au niveau de la « tabatière anatomique », région située à la base du pouce, qui est souvent douloureuse en cas de fracture.
Les fractures des autres os du carpe, provoquées par une chute sur la main avec le poignet en extension, sont longues à consolider. Elles sont souvent associées à d’autres lésions comme des ruptures tendineuses, des fractures d’autres os, des lésions nerveuses. Les symptômes sont discrets, avec une douleur et une impotence modérées qui font plutôt penser dans un premier temps à une entorse. Ces fractures peuvent toucher l’os pyramidal, le semi-lunaire, le trapèze, le trapézoïde, le grand os, l’os crochu, l’os pisiforme.
La luxation du carpe, fréquente et méconnue, survient après un traumatisme. Elle s’accompagne souvent d’une fracture du scaphoïde.
La fracture du premier métacarpien est délicate car cet os intervient dans la fonction d’opposition du pouce, mouvement qui consiste à opposer le pouce aux autres doigts, indispensable pour écrire ou pour saisir un objet.
La fracture des quatre derniers métacarpiens est fréquente et sans gravité. La principale complication est une limitation de l’extension du doigt. Les traumatismes des doigts sont en principe bénins. Cependant, ils exposent à un risque de raidissement en raison de l’importance de l’innervation au niveau de la main.
Les entorses et les luxations des doigts surviennent surtout à la suite d’un choc direct sur le pouce ou d’une chute sur la main, en particulier lors de la pratique d’un sport. Elles sont souvent négligées. Elles se manifestent au début par une douleur vive, localisée, entraînant une impotence des doigts. La préhension pouce-index est douloureuse et le pouce peut se dérober lors de la prise d’un objet. Dans les formes graves, il existe une laxité importante de l’articulation correspondant à la rupture du ligament. Les autres entorses digitales sont fréquentes lors de la pratique de certains sports comme le volley, le handball, le judo, la gymnastique au sol. Elles surviennent après un traumatisme violent et unique sur la face latérale d’un doigt, responsable d’une élongation ou de la rupture d’un ligament latéral. Dans un premier, temps les douleurs s’associent à une diminution de la mobilité et à une tuméfaction, puis elles s’estompent pour se manifester en fin de journée. La palpation des faces latérales du doigt atteint est douloureuse.
IL FAUT
- Immobiliser la région fracturée en l’entourant d’un linge. Bander ensuite le bras en écharpe contre le thorax pour le transport à l’hôpital.
IL NE FAUT PAS
- Tenter de réduire soi-même les fractures et les luxations.
- Négliger les traumatismes des mains : plus tôt le traitement est entrepris, plus grandes sont les chances de guérison complète.
A L'HOPITAL
- Le traitement à l’hôpital dépendra du bilan radiologique. Dans la plupart des cas, une immobilisation plâtrée sera suffisante, mais elle sera généralement longue (plusieurs semaines) et nécessitera une rééducation en raison des rétractions tendineuses.
- Il sera parfois nécessaire de faire une ostéosynthèse, c’est-à-dire d’installer, lors d’une opération chirurgicale orthopédique, des broches et des vis, afin de faciliter la consolidation osseuse.
BON A SAVOIR
Les traumatismes des mains entraînent souvent des raideurs. Leur traitement a pour but de garder la mobilité des articulations.
21/10/2004
Éruptions cutanées
Douleur dans la poitrine (d'origine non cardiaque)
Douleur abdominale
Mal de dos
Malaises d'estomac
voilà 8 semaines que j'ai un arrachement d'un bout de l'os pyramidal et peut être in petit arrachement du petit ligament, malgr'e les immobilisations, je ne sors pas de ce petit arrachement, est-ce normal ? que dois-je faire. MERCI. RENEE
07/06/2007 16:58:00 - ROMAN Renée
je desire avoir un renseignement concernant la conduite à tenir lors dun accident de foot ball d'origine blessure de cheville pouvons nous mettre une poche de glace sur une entorsee en attente des secours . des personnes m'ont dit que cela ete interdit !!!!! merci de bien me repondre bien cordialement votre
en plus sur la reduction
27/08/2005 15:50:00 - rahou