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sur la route de la dépendance : Le billet aller est facile à avoir, le retour est plus compliqué…
A partir de quand peut-on dire que quelqu’un est alcoolique ?
La frontière se définit-elle en fonction de la quantité d’alcool absorbée ?
Pas le moins du monde! : certaines personnes boivent ainsi beaucoup sans pour autant être alcoolo-dépendantes.
L’alcoolisme se définit, en fait, par le lien de dépendance qui unit l’individu au produit. Ce qui fait l’alcoolique est donc moins la quantité d’alcool qu’il boit que la relation qu’il entretient au produit.
La dépendance psychique à l'alcool, c'est l'impossibilité de maîtriser la consommation d'alcool avec une envie irréductible de boire de l'alcool, à toute occasion, pour tout prétexte, envie qui est une priorité sur toutes les autres activités.
La dépendance à l’alcool ne se remarque pas immédiatement :
On devient "buveur excessif" quand la consommation d'alcool dépasse la limite des trois à quatre verres de vin par jour, situation qui concerne 15 à 25% de la population.
Le passage d’une consommation récréative, festive et conviviale à un état de dépendance peut provoquer des ravages.
La descente aux enfers se déroule en trois phases :
1 - D’abord, une période pendant laquelle aucun symptôme n’apparaît : les activités professionnelles, sociales, familiales et culturelles ne sont pas altérées et la personne ne manifeste aucun trouble du caractère.
2 - Ensuite, une phase pendant laquelle la personne abuse régulièrement de l’alcool sans être encore dépendante mais les premiers troubles du comportement apparaissent.
3 - Enfin, une phase où la dépendance s’installe, accompagné de signes physiques ou psychiques avec des troubles du comportement, généralement relevant de la violence. La personne est alors alcoolo-dépendante, l’alcool devient un auxiliaire de vie indispensable
La dépendance physique à l'alcool est caractérisée par des signes de tolérance et des signes de manque (ou sevrage). -
- Les signes de tolérance sont la résistance aux effets de l'alcoolisation.
- Les signes de manque (tremblements, sueurs, malaises, envie impérieuse de boire de l'alcool, douleurs digestives, les crampes, l'accélération du rythme cardiaque, la baisse de la tension artérielle en se levant brusquement, les nausées, l'angoisse, l'irritabilité, l'insomnie, les cauchemars. ... ) rendent très difficile la maîtrise de la situation, d'autant plus que l'absorption d'alcool va précisément calmer ces signes de manque.
- A cet égard, l'alcool peut être considéré comme une substance particulièrement trompeuse puisqu'elle calme le manque tout en entretenant le cercle vicieux de la dépendance.
- Une autre caractéristique de l'alcoolo-dépendance est la tendance à cacher et à nier cet état.
- Autre point important, la dépendance alcoolique est le prélude une fois sur deux à une autre toxicomanie, elle génère et entretien la dépression
- Quant à l'association alcool + tabac, elle est encore plus élevée puisque 83 à 100% des alcoolo-dépendants sont également des fumeurs invétérés.
Les causes ?
Les raisons pour lesquelles un individu sombre dans l’alcoolisme, en termes de dépendance, sont multiples et relèvent plus du psychisme que de l’ordre physique :
- Le stress, une difficulté dans la vie, le souvenir « agréable » d’une bonne cuite ou encore l’environnement social sont quelques uns des facteurs entraînant un premier excès, puis un deuxième et c’est l’engrenage fatal.
- On notera cependant que tout le monde n’est pas physiologiquement égal devant la dépendance alcoolique : un terrain génétique prédisposant l’organisme d’un individu à ce type de dépendance a été découvert, ce qui expliquerait la survenue plus fréquente de ce type de problèmes dans certaines familles.
Que faire ?
- Le plus difficile est de sortir de cet état, de rompre le lien de dépendance.
Il faut pour cela un soutien psychologique car il n’y a pas de traitement contre l’alcoolisme.
- Mettre la pression n’est pas une solution !
Premier conseil
- si vous souhaitez aider un(e) alcoolique : cessez de lui répéter qu’il doit absolument arrêter de boire. Car mettre la pression, c’est amplifier la problématique contre laquelle il/elle se défend en buvant. Pour faire une démarche de soins, l’alcoolique doit donc d’abord prendre conscience lui-même de la réalité de sa dépendance et des conséquences néfastes qu’elle entraîne. Il/elle doit comprendre que la boisson constitue un véritable problème auquel il faut remédier, sans culpabilité, ni rejet, dans le but d’améliorer sa santé physique, psychique, et sa vie sociale. Et qu’il ne pourra pas s’en sortir sans l’aide d’amis et de professionnels.
- Vous aussi avez besoin d’aide !
Deuxième conseil
- pour être vraiment efficace dans le soutien que vous désirez apporter : faites-vous aider vous-même.
- En effet, les proches d'une personne alcoolique, concernés depuis longtemps par ce problème, peuvent développer un trouble spécifique. Se sentant chargés d'une mission de surveillance et de soins, chaque échec les plonge dans une profonde culpabilisation.
- Pour ne pas vous noyer à votre tour dans les difficultés, pensez donc à consulter un thérapeute (psychologue, psychothérapeute…) ou une association d’entraide. Evoquer, mettre des mots sur les difficultés que l’on rencontre dans la relation à l’autre soulage et permet de prendre du recul sur la situation.
- Par ailleurs, pensez aussi à mener votre propre vie sans vous laisser dévorer par la culpabilité : sortez au cinéma, voyez des amis…Cela vous permettra de ne pas jouer le jeu de l’alcoolique que vous souhaitez soutenir et de l’encourager à s’en sortir.
A chacun sa thérapie…
Différentes solutions s’offrent à la personne qui a décidé de sortir de l’alcoolisme :
- s’adresser à son médecin traitant. S’il n’est pas spécialiste de l’alcoolisme, il peut vous orienter vers un médecin spécialisé.
- suivre une cure de sevrage. Cela signifie l’arrêt complet de toute prise d’alcool grâce à une prise en charge dans un CCAA (Centre de Cure Ambulatoire et d’Alcoologie) ou un service d’alcoologie à l’hôpital. Le choix de l’un ou l’autre se fait avec le patient après information sur sa maladie, ses conséquences, éventuellement après un examen médical complet (digestif, neurologique, dentaire..) et en prenant en compte l’ensemble des problèmes. La durée du sevrage est de 7 jours (au-delà, il n’y plus de risque d’apparition du syndrome de sevrage).
- entamer une psychothérapie (psychanalyse, psychothérapie cognitivo-comportementaliste, thérapie de couple, familiale…). Cette solution permet d’aider le malade à comprendre le rôle de l’alcool dans sa problématique et de reconstruire progressivement une image valorisante de lui-même.
- suivre les réunions d’associations d’anciens buveurs. Les plus connus sont : Vie Libre, la Croix d’or, la Croix bleue et les Alcooliques Anonymes (« AA »). La force des ces mouvements repose sur leur disponibilité, le partage de l’expérience et de la connaissance de la maladie, l’accompagnement, le fait de retrouver une utilité sociale collective. Le mieux est de proposer au patient d’assister à diverses réunions, puis de choisir le mouvement au sein duquel il se sent bien.
En savoir plusA lire :
- Comment aider les alcooliques et ceux qui les entourent, Kiritze-Topor, éd. MMI (1998).
- Comprendre et traiter les alcooliques, JL Archambault, éd. Frison-Roche (1992).
- La personne alcoolique, H. Gomez, éd. Dunod (1999).
Minitel :
- 3614 Alcoolinfo pour trouver les centres de soin à proximité de votre domicile.
Adresses :
- Centres d’hygiène alimentaire et d’alcoologie (CHAA) : pour trouver les coordonnées, adressez-vous aux Comités départementaux de prévention de l’alcoolisme ou à la Ddass.
- Alcooliques Anonymes: tél 01 48 06 43 68
- Croix Bleue : tél. : 01 48 74 85 22
- Croix d’Or : tél. : 01 47 70 34 18
- Vie Libre : tél. : 01 47 39 40 80
- S.O.S Alcool Femmes : tél. : 01 40 71 04 70
- Que dois-je faire ? Il/Elle Boit : tél. : 01 42 26 17 00
- Centre After (Accompagnement des familles de toxico-dépendants par l’entraide en réseau) : tél. : 01 55 35 36 47
- ANPA (Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme : adresses des consultations d’alcoologie à l’hôpital ou des CCAA) : tél. : 01 42 33 51 04
29/09/2005
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