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Drogues et dépendances

Dossier du mois : quand votre santé trinque !

Dossier du mois : quand votre santé trinque !

Prendre l'apéritif entre amis, boire un verre après le travail… sans le savoir, votre consommation est peut-être excessive ! Le consommateur excessif est celui chez qui la prise d’alcool entraîne des ennuis de santé (irritabilité, insomnie, fatigue…), des problèmes psychiques, relationnels ou professionnels. La moitié des consommateurs excessifs sont dépendants. Connaissez-vous les seuils à ne pas dépasser ou les effets sur la santé ?


 

La plupart du temps, l'abus d'alcool est associé à l'ivresse ou l'alcoolo dépendance. Mais cette attitude caricaturale permet de stigmatiser certains comportements tout en se donnant des excuses pour justifier sa propre consommation. Pourtant, l'alcool devient problématique avant l'ivresse.

L'alcool est dangereux même si on n'en ressent pas les effets, même si on n'est pas ivre ou dépendant.

 

Des repères contre une alcoolisation au quotidien

Déjeuners de travail, pots entre amis, dîners en famille… Bien souvent l'alcoolisation se fait au quotidien et le buveur pense être "dans la norme". Il est ainsi important de rappeler les seuils d'une consommation modérée :

- Chez l'homme : 3 verres d'alcool par jour maximum (soit 36 g d'alcool pur) ;

- Chez la femme : 2 verres d'alcool par jour maximum (soit 24 g d'alcool pur) ;

- Femmes enceintes et enfants : consommation zéro.

Que l'on opte pour une flûte de champagne, une chope de bière ou un verre de vin, on consomme à peu près la même quantité d'alcool : 10 g par verre. Ainsi, le repère d'unité d'alcool correspond à un verre.

 

Le danger, ce n'est pas seulement l'ivresse

"Tenir l'alcool" est une sensation trompeuse. Malgré l'absence d'ivresse, les effets sur le long terme sont bien présents. Et il faut savoir, chez les buveurs réguliers qui ont l'impression de supporter facilement l'alcool, que le risque de dépendance existe.

- Sur le court terme, l'alcool entraîne l'ivresse, des comportements agressifs (50 % des rixes et des actes de criminalité) et peut favoriser la prise de risque sur la route (un accident mortel sur trois), au travail (10 à 20 % des accidents du travail) mais également lors de relations sexuelles (absence de protection vis-à-vis des infections sexuellement transmissibles).

- Sur le long terme, l'appareil digestif, le système cardiovasculaire et le système nerveux et psychique sont touchés.

 

Quels sont les symptômes de l'alcoolisme ?

Les alcooliques ne présentent pas tous les mêmes symptômes, lesquels dépendent également des différentes étapes de la maladie.

Les plus fréquents sont les suivants :

- voir dans l'alcool le seul moyen qui puisse donner confiance en soi et aider à se sentir à l'aise avec les autres ;

- vouloir fréquemment prendre « juste un dernier verre… » à la fin d'une soirée ;

- anticiper les occasions de boire et cette pensée occupe beaucoup l'esprit ;

- s'enivrer alors qu'on ne l'avait pas prévu ;

- essayer de contrôler sa façon de boire en changeant de sorte d'alcool ;

- s'imposer des périodes d'abstinence ou prendre toutes sortes de résolutions ;

- prendre quelques verres en cachette ;

- mentir au sujet de la quantité d'alcool consommée, cacher des bouteilles ;

- boire au travail (ou à l'école) ;

- boire seul ;

- présenter des trous de mémoire (ne pas se rappeler ce qu'on a fait ou dit la veille) ;

- boire le matin ;

- éprouver des sentiments de culpabilité et de crainte ;

- ne pas manger ou mal se nourrir ;

- souffrir de tremblements violents, d'hallucinations ou de convulsions en cas de privation d'alcool.

 

Il est essentiel de ne pas nier ces symptômes, car le fait de reconnaître en souffrir déclenche le passage à l'action, lequel débute par l'idée d'envisager l'abstinence et de rechercher de l'aide.

 

Petits verres et grandes vérités

Bien des idées fausses circulent encore au sujet de l'alcool

- Parmi les plus répandues de ces opinions erronées, celle que l'alcool “donne des forces”. C'est faux. Certes, l'alcool éthylique, ou éthanol, apporte 7 calories par g d'alcool lorsqu'il est métabolisé dans le foie, mais sa transformation produit aussi de l'acide lactique qui gêne le travail musculaire. De plus, ces calories sont dépourvues de pouvoir énergétique, en quelque sorte “vides”, car elles ne fournissent ni sels minéraux, ni protéines, ni vitamines. Comme la consommation d'alcool tend également à diminuer l'appétit, ce phénomène explique en partie pourquoi les grands buveurs présentent des carences en vitamines, qui peuvent déterminer des troubles cérébraux ou neurologiques.

- Par ailleurs, si la consommation d'alcool peut avoir initialement un effet stimulant chez certaines personnes en leur donnant un sentiment d'euphorie, lorsque la quantité d'alcool devient plus importante, elle provoque au contraire une somnolence car l‘alcool agit sur le système nerveux. Dans le pire des cas elle peut provoquer un coma.

- Les effets sur la sexualité n'existent pas plus. Au contraire, divers travaux ont montré que pour de faibles doses d'alcool, les performances masculines sont diminuées. Tout au plus, l'alcool provoque-t-il une certaine désinhibition en modifiant les centres de contrôle cérébraux des émotions !

- L'alcool ne réchauffe pas

Cela ne sert pas non plus à grand chose de boire de l'alcool dans l'idée de se réchauffer. Certes, l'ingestion d'une boisson alcoolisée procure une sensation de chaleur en dilatant les vaisseaux sanguins présents sous la peau. Mais, la chaleur produite s'échappe immédiatement de l'organisme par les pores du revêtement cutané. A terme, la température corporelle est donc diminuée (d'un demi-degré pour 50 g d'alcool absorbé) et les personnes ayant beaucoup bu risquent l'hypothermie, parfois mortelle.

- La consommation d'alcool ne désaltère pas non plus. Elle tend même à induire une déshydratation, car l'alcool possède un effet diurétique. Cette perte d'eau pourrait être à l'origine de la sensation si désagréable de “gueule de bois”, qui ne réclame d'autre traitement que le repos, la consommation d'eau ou de jus de fruits en abondance et, éventuellement, la prise d'aspirine.

- Enfin, sachez que si vous avez abusé de la bouteille, la consommation d'un café ne pourra guère vous aider à vous dégriser, car celui-ci ne modifie pas le taux d'alcool dans le sang (alcoolémie). Diluer l'alcool dans de l'eau avant de le boire n'arrangera pas plus votre affaire. Malheureusement, pour éliminer les effets de l'alcool, une seule chose est efficace, le temps !

- En revanche, il est vrai que la consommation d'un repas influence la façon dont l'alcool est assimilé et module le taux d'alcoolémie. Lorsque l'estomac est vide, l'absorption de l'alcool est plus rapide. A l'inverse, la présence d'aliments solides et gras ralentit le passage de l'alcool dans le sang car il retarde le déversement du contenu de l'estomac dans l'intestin, avant que l'alcool ne traverse le tube digestif et n'atteigne le compartiment sanguin. Mais, cela ne règle pas tout car l'alcool ne sera éliminé que plus lentement : plus de 4 heures d'élimination à la dose de 0,6 g/l

En fait, le taux d'alcool sanguin monte assez rapidement après la consommation d'une boisson alcoolisée, en une demi-heure à jeun, en une heure lors d'un repas.

Ensuite, l'élimination de l'alcool est assez longue, l'alcoolémie s'abaissant de 0,15 g/l par heure en moyenne. Quatre à 5 heures au minimum sont donc nécessaires pour qu'une alcoolémie de 0,6 g/l revienne à la normale, un taux atteint avec 2 ou 3 verres de vin maximum.

Toutefois, il ne s'agit là que de généralités. Parce que leur taille est en général plus faible, les femmes sont plus sensibles que les hommes et la concentration d'alcool dans le sang s'accroît chez elles plus rapidement et dans des proportions plus importantes. Les personnes de faible poids et de petite stature voient également, en règle générale, leur alcoolémie augmenter plus fortement. Enfin, certains individus réagissent particulièrement mal aux effets de l'alcool car ils manquent d'une enzyme, l'acétaldéhyde déshydrogénase, qui a pour fonction d'éliminer l'un des principaux produits de transformation de l'alcool, l'acétaldéhyde. D'autres paramètres entrent aussi en jeu dans le niveau d'alcoolémie comme l'accoutumance à l'alcool, les capacités de transformation du foie ou la consommation de médicaments.

 

 

Avez-vous un problème avec l'alcool ?

La toute première étape consiste à le reconnaître. Ensuite, il existe des solutions pour en guérir. Chacun trouvera la sienne, car il n'existe pas de remède unique.

 

Un apéritif entre amis, quelques verres lors d'une réception… Se peut-il que vous soyez alcoolique sans le savoir ?

- on ne peut pas ignorer un problème d'alcool. Certaines personnes ne veulent pas le savoir et peuvent occulter le problème... Par contre, il existe des personnes à risque. Il faut savoir que plus de huit personnes sur dix boivent de l'alcool. Parmi elles, 20 % ont des conduites à risques et 10% appartiennent déjà à la catégorie des "consommateurs excessifs". Le consommateur excessif est celui chez qui la prise d'alcool entraîne des ennuis de santé (irritabilité, insomnie, fatigue…), des problèmes psychiques, relationnels ou professionnels. La moitié des consommateurs excessifs sont dépendants, c'est-à-dire qu'ils ne vont pas réussir à arrêter de boire malgré les ennuis qu'ils connaissent. Ce sont eux qui se voilent la face et ne veulent pas faire le lien entre certains de leurs problèmes et l'abus de boisson.

 

Existe-t-il un alcoolisme mondain, c'est-à-dire des personnes de classes sociales élevées qui vont devenir dépendantes à l'alcool à cause de fêtes ou de cocktails trop fréquents ?

- Les facteurs sociaux ne créent pas des catégories dans l'alcoolisme. Il n'existe pas de différence entre la personne qui boit ses cinq whiskys lors de cocktails et celle qui boit une bouteille dans son HLM. Cette terminologie d'alcoolisme mondain n'est qu'une des multiples tentatives de rationalisation des personnes déjà dépendantes à l'alcool. La culpabilité les pousse à se raconter des histoires. Ce phénomène est humain. Des patients qui expliquaient qu'ils avaient commencé à boire après leur divorce pour affronter la situation. Au fil de la conversion, ils finissaient par avouer que ce problème d'alcool datait d'avant la séparation et était l'un des responsables de leur divorce. La plupart des personnes reconstruisent l'histoire et cherchent des prétextes pour justifier leurs actes.

 

Comment faire comprendre à quelqu'un qu'il a un problème d'alcool ?

Il faut réaliser tout un travail motivationnel, afin de faire prendre conscience aux gens de leur consommation excessive. Dans tous les cas, il faut éviter de culpabiliser la personne. Cette première étape peut se faire avec l'aide de l'entourage ou d'un médecin. Dans ce dernier cas, il s'agit d'entretiens motivationnels hebdomadaires. Le médecin se retrouve seul avec le patient et essaie de jouer cartes sur table. Certaines personnes sont réfractaires et ne veulent pas reconnaître leur problème. Dans tous les cas, ces entretiens sont bénéfiques. Il y a toujours une progression, même si elle est graduelle. Lorsque la personne prend conscience de son état de dépendance, on peut élaborer un projet de soins. Il n'existe pas de cas désespéré : on peut toujours se sortir de l'alcoolisme.

 

Une aide précieuse peut être trouvée auprès des Alcooliques anonymes (AA), une association mondiale d'hommes et de femmes qui s'entraident pour rester abstinents. Plutôt que de jurer de ne plus jamais boire ou de s'inquiéter de savoir si l'on sera sobre demain, les AA concentrent leurs efforts à ne pas boire maintenant, aujourd'hui, en encourageant à s'éloigner du premier verre

« une journée à la fois ».

Ne soyez pas trop dur avec les alcooliques en les accusant d'un manque de volonté. N'oubliez pas que l'alcoolisme est une véritable maladie dont il est très difficile de s'affranchir car la consommation chronique d'alcool crée une dépendance à la fois psychique et physique. En matière d'alcoolisme, comme pour bien d'autres affections, mieux vaut donc prévenir que guérir.

 

Des contacts et des sites pour en savoir plus

Pour plus d'informations ou de documentation, de nombreuses associations proposent des conseils, des services et des actions répondant à vos attentes. Vous trouverez ci-après des adresses, des sites et des numéros de téléphone indispensables.

 

Prévention

- Association Nationale de Prévention de l'Alcoolisme (ANPA)

et Comités Départementaux de Prévention de l'Alcoolisme (CDPA)

20, rue Saint-Fiacre

 75002 Paris Tél. : 01 42 33 51 04

- Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM)

68-80, avenue du Maine

75680 Paris Cedex 14 Tél. : 01 42 79 31 80

- Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES)

2, rue Auguste Comte

92170 Vanves  Tél. : 01 41 33 33 33

- Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières (Sécurité Routière)

Ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement

Arche Sud

92055 La Défense Cedex Tél. : 01 40 81 21 22

- Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt)

10, place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon

75015 Paris Tél. : 01 40 56 63 00

- La Prévention Routière - Centre national

6, avenue Hoche

75008 Paris  Tél. : 01 44 15 27 00

- Entreprise & Prévention

Groupe de réflexion et d'initiatives de producteurs de boissons

13, rue Monsigny

 75002 Paris  Tél. : 01 53 43 80 75

- Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies

75, rue Albert, pièce 300

Ottawa, ON Canada K1P 5E7 Tél. : (613) 235-4048 Tél. : (613) 235-8101

-  ISPA

Institut Suisse de Prévention de l'Alcoolisme et autres toxicomanies

Avenue Louis-Ruchonnet 14,

 Lausanne (Suisse) Tél: 021 / 321 29 11 Fax: 021 / 321 29 40

- A toi de juger

Programme pédagogique de prévention par l'éducation proposé aux enseignants par l'association Educ'alcool France

 

Etudes et recherches sur l'alcool

- Institut de recherches scientifiques sur les boissons (IREB)

19, avenue Trudaine

75009 Paris Tél. : 01 48 74 82 19

- La base de données bibliographique de l'IREB est sur Internet : www.ireb.com

Société Française d'Alcoologie

101, avenue Henri Barbusse

92141 Clamart Cedex : Tél. : 01 41 46 69 51

- F3A

Fédération des Acteurs de l'Alcoologie Fédération des Acteurs de l'Alcoologie et de l'Addictologie et de l'Addictologie

154 rue Legendre

75017 Paris Téléphone : 01 42 28 65 02 Fax : 01 46 27 77 51

 

Alcool : effets sur la santé

- Expertise de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

Rapport 2001 établi à la demande du Comité français d'éducation pour la santé (CFES), de la Caisse d'Assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt).

 

Prise en charge

- Fédération Française de l'Alcoologie Ambulatoire (FFAA)

154, rue Legendre

75017 Paris Tél. : 01 42 28 65 02

- Centre Dollard-Cormier

950 rue de Louvain Est

Montréal (Québec)

H2M 2E8 Tél. : (514) 385-0046

 

Modalités de l'accompagnement du sujet alcoolodépendant après un sevrage

- Conférences de consensus de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES)

 

Entraide, associations d'anciens malades alcooliques

- Al-Anon, Al-Ateen (Aide aux personnes vivant auprès de malades alcooliques)

4, rue Fléchier

75009 Paris Tél. : 01 42 81 97 05

- Alcooliques Anonymes

21, rue Trousseau

75011 Paris  Tél. : 01 48 06 43 68

- Fédération Nationale Joie et Santé

8, boulevard de l'Hôpital

75005 Paris Tél. : 01 43 36 82 99

- Intergroupe Paris-Région Parisienne

3, rue Frédéric Sauton

75005 Paris Permanence téléphonique 24h/24 : 01 43 25 75 00

Accueil tous les jours de 10 h à 22 h

- La Croix Bleue

47, rue de Clichy

75009 Paris Tél. : 01 42 85 30 74

- La Croix d'Or

10, rue des Messageries

75010 Paris Tél. : 01 47 70 34 18

 


28/09/2006


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