La méningite
le 08/06/2005 - par Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !La méningite correspond à l'inflammation des méninges le plus souvent d'origine infectieuse. Dans 75% des cas environ, la méningite est virale et généralement bénigne. Elle est en revanche très grave lorsqu'elle est d'origine bactérienne, d'où l'impérieuse nécessité d'hospitaliser en urgence toute personne présentant un syndrome méningé…
Quelles sont les causes ?
Les entérovirus (Echovirus, Coxsakie) sont les principaux responsables des méningites virales.- Les virus du groupe herpès (virus herpès 1 et 2, cytomégalovirus, virus d'Epstein-Barr,
- virus de la varicelle et du zona, (virus HHV6) peuvent aussi entraîner des méningites.
- Le VIH (virus du sida) peut être responsable de méningite lors de la primo-infection.
- Le virus des oreillons est moins souvent en cause depuis la généralisation de la vaccination ROR.
Deux germes bactériens sont essentiellement rencontrés :
- le méningocoque (Neisseria meningitidis)
- le pneumocoque.
Grâce à la vaccination, la méningite à Haemophilus influenzae de type B a quasiment disparu. D'autres germes peuvent être en cause comme staphylocoque, streptocoque, colibacille (chez le nourrisson), pseudomonas, listeria, bacille de la tuberculose.
Plus des deux tiers des méningites bactériennes surviennent chez les enfants de moins de 5 ans. La propagation de la maladie est liée à la vie en collectivité (crèche, école).
La méningite à méningocoque est la plus fréquente des méningites bactériennes.
Il existe 3 types de méningocoques, appelés A, B et C.
- Le méningocoque C est le plus grave car responsable du purpura fulminans. Le germe, présent dans les voies respiratoires des sujets infectés, se transmet par contact direct (toux, éternuement). C'est une maladie très contagieuse, d'autant plus qu'il existe également des « porteurs sains », c'est-à-dire des personnes hébergeant le germe au niveau du pharynx (gorge) sans être malades.
- La méningite à pneumocoque fait généralement suite à une infection des cavités internes de l'oreille ou des sinus et parfois des poumons. Le pneumocoque est le principal responsable des méningites bactériennes chez l'enfant de moins de 2 ans.
- Rares, les méningites parasitaires peuvent se voir dans la toxoplasmose, l'amibiase ou la trypanosomiase.
- Les méningites malignes sont secondaires à un cancer (sein, poumon) ayant métastasé.
Personnes à risques
Pour être considérée comme personne à risque il faut cumuler les 3 critères suivants :
- avoir eu un contact très proche (moins de 1 mètre)
- prolongé (plusieurs heures)
- dans un espace confiné (clos et mal ou non ventilé.)
Conseils pratiques
Appeler le médecin en urgence ou emmener à l'hôpital le plus proche tout malade qui, au cours d'une maladie ORL (angine, otite, sinusite, grippe…), présente des signes évocateurs d'une atteinte méningée.
Quand consulter ?
- Syndrome infectieux : fièvre élevée d'apparition soudaine, associée à des céphalées (maux de tête) intenses et à des vomissements.
- Signes méningés : photophobie (difficulté à supporter la lumière), raideur de la nuque, troubles de la conscience, coma, convulsions.
Chez le nourrisson et le petit enfant, les signes peuvent être moins francs : fièvre, somnolence et parfois diarrhée.
Purpura pétéchial : il s'agit d'une extrême urgence thérapeutique et il se traduit par de petits points de couleur bleue violette sur la peau, en particulier sur les membres, liés à des micro-hémorragies.
Quel est le traitement ?
Lors d'une méningite bactérienne, le traitement est démarré en urgence et consiste en l'administration intraveineuse d'antibiotique (céphalosporine de troisième génération). Il sera ensuite adapté aux résultats de l'analyse du liquide céphalo-rachidien et de l'antibiogramme. La durée du traitement est d'environ 10 jours.
De la précocité du traitement dépend le pronostic vital bien sûr, mais aussi le risque de séquelles neurologiques et auditives.
- En cas de méningite à méningocoque, une déclaration obligatoire de la maladie doit être adressée aux services départementaux afin qu'un traitement prophylactique puisse être instauré chez tous les sujets ayant été en contact rapproché et répété avec le malade dans les 10 jours précédant l'apparition des symptômes. Ce traitement repose sur la rifampicine, ou la spiromycine en cas de contre-indication.
- Il peut être complété par une vaccination selon le type de méningocoque. En France, les méningocoques du groupe B prédominent, contre lesquels il n'existe malheureusement pas de vaccin. De ce fait, la vaccination contre le méningocoque du groupe C ne fait pas partie des vaccinations recommandées.
Actuellement, la vaccination est uniquement recommandée en France lors d'une d'épidémie ou pour protéger les personnes ayant été en contact avec un malade. Les vaccins protégeant contre le méningocoque C (Méningitec® et Méninvact®) sont utilisables chez le nourrisson à partir de 2 mois, chez l'enfant et chez l'adulte (trois injections avant 1 an ; une seule après 1 an). En cas de séjour prolongé dans un pays à risque épidémique de méningite, la vaccination anti-méningocoque A+C est conseillée chez les enfants de plus de 18 mois et les adultes de moins de 30 ans.
Les méningites virales guérissent spontanément en 3 à 8 jours, et ne nécessitent qu'un traitement symptomatique (repos, antalgiques, antipyrétiques). Des patients immunodéprimés peuvent éventuellement bénéficier d'un traitement antiviral. En cas de méningo-encéphalite herpétique, il est en revanche urgent d'administrer un antiviral de type Acyclovir pendant 10 à 15 jours

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