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C’est une maladie provoquée par un premier contact avec le virus Epstein-Barr, un virus très contagieux de la famille des herpès. Elle est également appelée « maladie du baiser », puisqu'elle se transmet le plus souvent par la salive
On la connaît aussi sous le nom de « fièvre glandulaire », puisqu'elle provoque le gonflement des ganglions.
Une fois contracté, le virus reste toujours présent dans l'organisme; une cohabitation avec l'humain qui se perpétue depuis des millions d'années. Le virus est simplement contenu par le système immunitaire, sans être dommageable la majorité du temps, chez les personnes en bonne santé du moins.
Dans la majorité des cas, notamment chez les enfants de moins de cinq ans, les symptômes sont si bénins que l'infection passe inaperçue. C'est chez les adolescents et les jeunes adultes que l'infection s'accompagne (dans environ 50 % des cas) des symptômes caractéristiques de la mononucléose : de la fièvre, une fatigue intense, des courbatures, le gonflement ou une sensibilité des ganglions de la région cervicale, etc. Ce qui veut dire qu'on peut être porteur du virus Epstein-Barr (et donc, être immunisé contre une nouvelle infection) sans avoir développé les symptômes de la mononucléose.
Contagion
Le virus Epstein-Barr est très contagieux, mais moins que le rhume, car il ne provoque pas d'éternuements. Il se transmet par la salive, donc par des baisers, des échanges d'ustensiles, des objets souillés, ou de la mère à l'enfant. Il peut occasionnellement être contracté durant une transfusion de sang ou une transplantation d'organe.
Pour ce qui est de la période de contagion, elle varie passablement d'une personne à l'autre. Généralement, une personne infectée est contagieuse quelques jours avant l'apparition de la maladie et jusqu'à 18 mois après celle-ci.
Évolution de la maladie
Après son introduction dans l'organisme, le virus prolifère rapidement au fond de la gorge, plus spécifiquement dans les globules blancs. L'incubation, c'est-à-dire le temps entre l'introduction du virus et l'apparition des symptômes, varie de quatre à six semaines. Les signes de l'infection disparaissent au bout de deux à trois semaines, mais un état de fatigue peut persister durant quelques mois.
Complications
Bien que rarement, il peut y avoir des complications qui nécessitent des traitements d'urgence comme la rupture de la rate, caractérisée par une douleur aiguë localisée en haut et à gauche de l'abdomen, et une baisse de la pression sanguine. Parfois, on observe une gêne respiratoire liée au gonflement de la gorge. Le virus de la mononucléose pourrait jouer un rôle dans l'apparition du syndrome de fatigue chronique et est, en outre, en cause dans l'apparition de divers cancers (par exemple, le lymphome de Burkitt en Afrique et le lymphome post-transplantation chez les jeunes transplantés d'organe).
Principaux symptômes
- Une fatigue extrême.
- Un gonflement et une sensibilité des ganglions de la région cervicale (côtés et arrière du cou).
- Un accès de fièvre en fin de journée pouvant aller jusqu'à 40,5 ºC (105 ºF).
- Des maux de tête.
- Une perte d'appétit.
- Un mal de gorge.
Autres symptômes
- Des courbatures.
- Des rougeurs.
- Un gonflement du foie (dans 20 % des cas) ou de la rate (dans 50 % des cas).
- Une légère jaunisse causée par une surcharge temporaire du foie.
Personnes à risque
- Les adolescents et les jeunes adultes sont les plus touchés.
- Les personnes qui reçoivent des transfusions sanguines.
- Les personnes dont le système immunitaire est affaibli ou supprimé par une autre maladie ou des médicaments, comme les personnes porteuses du virus de l'immunodéficience humain (VIH) ou celles qui suivent un traitement antirejet après une transplantation d'organe.
Facteurs de risque
Les sociétés où l'hygiène est importante seraient les plus touchées par la mononucléose, car l'infection se transmet alors plus tardivement dans la vie (durant l'adolescence plutôt que l'enfance). Lorsqu'elle est acquise en bas âge, l'infection passe inaperçue et n'entraîne pas les symptômes de la mononucléose.
Prévention
Il n'existe pas encore de moyen de prévenir la mononucléose infectieuse, et on ne peut expliquer pourquoi certains adolescents ou jeunes adultes la développent, et d'autres non.
La grande majorité des individus à l'âge adulte, soit 90 %, seront infectés à vie par le virus Epstein-Barr. Il n'y a pas réellement d'intérêt à prévenir cette infection bénigne, sauf chez une personne plus vulnérable dont le système immunitaire est déjà affaibli par une autre maladie ou des médicaments. Dans ce cas, les personnes contagieuses peuvent réduire les risques de contamination par divers moyens (à appliquer durant les symptômes et les semaines qui suivent). Notez qu'il n'existe pas encore de vaccin contre ce virus.
Comment prévenir la contagion ?
- Se garder d'échanger les ustensiles de cuisine, les verres et les plats (et bien les nettoyer).
- Ne pas partager de nourriture.
- Bien se laver les mains.
- Protéger les autres de ses éternuements.
- Éviter les baisers sur la bouche.
- Attendre au moins six mois après l'apparition des symptômes avant de faire un don de sang.
N.B. Le virus ne se transmet pas par l'air, donc l'isolement n'est pas nécessaire.
Traitements médicaux
L'objectif du traitement est d'offrir des soins de soutien jusqu'au rétablissement, et de prévenir les complications. Un test de prélèvement dans la gorge permettra au médecin de distinguer la mononucléose infectieuse de l'infection du pharynx par des bactéries de type streptocoque. Une fois le diagnostic posé, le médecin ne recommandera généralement pas de médicament spécifique pour traiter la mononucléose, parce que la maladie est bénigne et disparaît généralement d'elle-même au bout de quatre à six semaines.
Il existe quelques médicaments qui permettent de soulager les symptômes et de soigner les complications le cas échéant.
Analgésiques. Pour la fièvre, les maux de tête, les douleurs de la gorge et les courbatures, le médecin pourra conseiller de prendre des comprimés d'acétaminophène (Tylenol®) ou d'ibuprofène (Advil®, Motrin®).
Mise en garde : l'aspirine est déconseillée dans les cas d'infections virales pour les enfants de moins de 16 ans, car elle peut provoquer le syndrome de Reye une affection rare, mais souvent mortelle.
Antibiotiques. Environ 20 % des personnes affectées par la mononucléose développent simultanément une infection bactérienne (de la gorge, des sinus ou des amygdales). Le médecin peut alors prescrire un antibiotique d'une famille autre que celle des pénicillines. En effet, les antibiotiques dérivés de la pénicilline provoquent des éruptions cutanées importantes chez 90 % des individus ayant la mononucléose1.
Corticostéroïdes. Les corticostéroïdes sont recommandés uniquement pour traiter les complications, comme une augmentation anormale de la taille des amygdales, ou pour prévenir une rupture de la rate.
Traitements non conventionnels |
Aucune étude scientifique n'a traité de l'utilité des approches alternatives pour soigner spécifiquement la mononucléose. Cependant, des traitements qui permettent de stimuler de façon générale le système immunitaire ont été utilisés traditionnellement.
Phytothérapie
- Astragale (Astragalus membranaceus). Également connu sous le nom de Huang qi en médecine chinoise, l'astragale est utilisé traditionnellement pour stimuler le système immunitaire. Des études préliminaires, in vitro et in vivo, ont effectivement indiqué qu'il pourrait stimuler certaines des fonctions du système immunitaire. Notamment, il agirait comme catalyseur de l'interféron (l'interféron induit des propriétés antivirales aux cellules immunitaires) ou en protégeant les cellules de la moelle osseuse, siège d'une importante activité immunitaire2.
Dosage : Prendre de 4 g à 7 g de racine par jour ou l'équivalent en extrait. Un autre moyen est d'en faire une décoction : prendre de 0,5 litre à 1 litre par jour, fait avec un maximum de 30 g de racines par litre d'eau. Noter qu'un surdosage (plus de 28 g par jour) pourrait avoir un effet immunosuppresseur.
- Échinacée (Echinacea sp.). L'échinacée est de loin la plante la mieux connue pour ses propriétés immunostimulantes. L'Organisation mondiale de la Santé souligne que ces propriétés ont été établies par plus de 350 recherches (in vitro, in vivo et cliniques) qui ont été menées au cours des 50 dernières années3. Les études portant sur l'efficacité de l'échinacée pour traiter l'herpès génital, un virus qui appartient à la même famille que le virus Epstein-Barr, ont mené jusqu'à maintenant à des résultats contradictoires4,5. Cependant, les propriétés immunostimulantes reconnues de l'échinacée en font un remède traditionnellement recommandé pour se rétablir d'une mononucléose.
Dosage : On peut prendre l'échinacée par voie interne sous forme de comprimés, capsules, en teinture ou infusion. Se référer à la fiche Échinacée pour connaître les différents dosages.
- Réglisse (Glycyrrizha glabra). La réglisse a été utilisée traditionnellement pour traiter les infections virales. Des essais sur des animaux menés en 1980 ont démontré que la glycyrrhizine et l'acide glycyrrhétinique, deux des principaux composants de la réglisse, pouvaient induire la production d'interféron (l'interféron induit des propriétés antivirales aux cellules immunitaires). D'après une étude in vitro, il semble que l'acide glycyrrhétinique inhibe la croissance de plusieurs virus et inactive définitivement le virus de l'herpès6.
Dosage : Pour ses usages antiviraux, utiliser par voie interne la racine séchée ou un extrait total (non déglycyrrhiziné). Se référer à la fiche Réglisse pour connaître les différents dosages.
- Mise en garde
Les effets (tant bénéfiques qu'indésirables) des corticostéroïdes peuvent être accrus par la prise de réglisse.
Acupuncture.
L'acupuncture est recommandée pour stimuler l'immunité, réduire les symptômes de la mononucléose et soulager la congestion du foie, de la rate et de la lymphe7.
Homéopathie.
À défaut de rencontrer un homéopathe pour des recommandations spécifiques, prendre Mercurius Solubilis 9 CH et Natrum Muriaticum 9 CH à raison de trois granules de chaque, trois fois par jour. Poursuivre le traitement jusqu'à ce que la fatigue ait disparu.
Massothérapie.
Les massages peuvent réduire les tensions musculaires et les douleurs associées à la maladie. Ils ont également un effet antistress (voir ci-dessous)7.
Techniques de relaxation et mesures antistress.
Il est reconnu que le stress diminue l'efficacité du système immunitaire et que la relaxation renforce celui-ci. Bien qu'on ne connaisse pas spécifiquement les effets d'une bonne gestion du stress sur la prévention et le traitement de la mononucléose, on sait néanmoins qu'en général, elle permet de mieux lutter contre les infections7. Les méthodes de réduction du stress sont nombreuses, comme la méditation et le biofeedback. Consulter le dossier Stress et anxiété pour en savoir davantage à ce sujet.
Quelques conseils pour un bon rétablissement
- Observer une bonne période de repos (certaines personnes auront besoin de quitter l'école ou le travail pour quelques jours) et reprendre progressivement ses activités antérieures. Sinon, la période de rétablissement risque de s'allonger.
- Boire beaucoup d'eau et de jus de fruits afin de prévenir la déshydratation.
- Pour soulager les maux de gorge, se gargariser avec une solution d'eau salée plusieurs fois par jour, boire et manger des aliments froids ou même glacés.
- Adopter un régime alimentaire équilibré permettant à l'organisme de reprendre le dessus sur le virus.
- Renoncer aux sports exigeants et aux sports de contact pendant au minimum deux mois pour éviter une rupture de la rate. La rate est fragile même si elle n'est pas gonflée.
- Éviter de lever des objets lourds pendant au minimum deux mois pour éviter une rupture de la rate.
28/09/2006
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