Home > Infirmerie ESSEC > Psychologie > La luminothérapie : un coup de pouce au moral !
La luminothérapie est une méthode qui utilise la lumière pour traiter des problèmes de déprime saisonnière liée au manque de soleil (l'organisme sécrète alors davantage de mélatonine, une substance somnifère qui rend apathique) ou au décalage horaire, car la lumière est différente
" Ces dépressions saisonnières, sont communément appelées SAD (Seasonal Affective Disorder) ou DHS (déprime saisonnière hivernale) ou encore TAS (Troubles affectifs saisonniers). Les symptômes du SAD sont entre autres la déprime, la dépression, l'impuissance, la diminution d'activité, la prise de poids, l'envie de sucreries, les maux de tête ou l'irritabilité. " La luminothérapie, pratiquée notamment chez le médecin, consiste donc à exposer le patient à une lumière qui restitue le déficit en soleil. L'organisme cesse alors de sécréter la mélatonine et le patient se sent moins las.
Principes de la luminothérapie
La luminothérapie consiste simplement en des séances d'exposition à une forte luminosité au niveau des yeux. Cette luminosité doit être comprise entre 2.500 et 10.000 lux (le lux étant l'unité d'éclairement).
S'il ne fait aucun doute que le processus se déclenche avec un message nerveux transmis par la rétine au cerveau, des inconnus persistent dans le mécanisme thérapeutique de la lumière. De la soixantaine d'études menées sur la luminothérapie, deux hypothèses se distinguent:
La première hypothèse suggère une action sur l'épiphyse (ou glande pinéale), située dans le cerveau, synthétisant une neurohormone appelée mélatonine. Cette dernière a un effet "somnifère", et se trouve être présente en quantités anormalement élevées pendant la journée (alors que sa sécrétion s'effectue essentiellement la nuit) dans le sang des personnes souffrant de dépression saisonnière. Il a été démontré que des séances de luminothérapie permettent de corriger rapidement ce problème. La luminothérapie jouerait donc un rôle de régulateur de "l'horloge interne" de l'organisme.
La seconde hypothèse penche pour une action de la lumière au niveau de neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine.
La piste mélatonine semble aujourd'hui remporter l'adhésion de la majorité des spécialistes.
Luminothérapie mode d'emploi
Les appareils de luminothérapie n'étaient initialement destinés qu'à l'usage de professionnels de la santé tels que les médecins ou les psychiatres, mais se sont "démocratisés" depuis quelques années. Toute personne qui en a besoin peut maintenant utiliser sa propre lampe de luminothérapie. Afin de s'administrer un traitement réellement efficace, quelques règles importantes sont à respecter:
Il convient tout d'abord de s'assurer que la lampe utilisée est bien suffisement puissante et qu'elle ne présente aucun risque pour son utilisateur. Les lampes produisant en grande quantité, rayons ultraviolets et infrarouges (comme les lampes halogènes), sont donc fortement déconseillées en raison des dommages qu'elles pourraient causer aux yeux et à la peau des utilisateurs.
La séance doit de préférence avoir lieu le matin. Quel que soit le type d'appareil, l'utilisateur doit l'orienter en face de lui afin que ses yeux soient dans le champs de la lumière. Eclairer toute autre partie du corps que les yeux ne présente aucun intérêt d'un point de vue thérapeutique.
L'utilisateur doit garder les yeux ouverts mais n'a nullement besoin de regarder fixement la source lumineuse. Tant que ses yeux sont éclairés il peut tout à fait lire ou regarder son écran d'ordinateur.
La durée d'une exposition varie selon l'éclairement. Pour une exposition à 2.500 lx il faut compter 2 heures, et à 10.000 lx, 30 minutes sont suffisantes.
Les bienfaits du traitement se font alors sentir au bout de quatre ou cinq jours d'utilisation. Toutefois chez certains patients les effets peuvent se faire attendre une dizaine de jours.
Une interruption des séances de un à trois jours n'occasionne une réapparition immédiate des symptômes. Il convient néanmoins d'effectuer au moins quatre ou cinq séances par semaine durant toute la période sombre de l'année.
Autres applications de la luminothérapie
La luminothérapie est principalement utilisée pour traiter les personnes souffrant du trouble affectif saisonnier ou de sa forme bénigne (le simple coup de blues hivernal qui n'empêche pas de mener une vie normale). Les séances de luminothérapie ont aussi d'autres applications dans le domaine de la santé psychique.
Des études ont ainsi mis en évidence l'efficacité de la luminothérapie pour corriger les dérèglements des rythmes circadiens causés par les vols long-courriers (jet lag) et le travail de nuit.
Enfin, des centres médicaux incluent la luminothérapie dans leurs programmes de traitement global de la douleur (certaines douleurs somatiques ayant pour origine des troubles psychiques).
- Contre-indications
La luminothérapie est contre-indiquée dans les cas suivants:
maladies des yeux telles que la maculopathie, la rétinopathie, le glaucome et la cataracte ;
lésions rétiniennes ;
psychoses maniaco-dépressives ;
certaines maladies rares telles que les porphyries.
Par ailleurs, il apparait que certains traitements augmentent la sensibilité à lumière (des antibiotiques comme les tétracyclines, et traitements au lithium). Il est donc recommandé à toute personne suivant un traitement médicamenteux de consulter son médecin traitant avant l'utilisation d'un appareil de luminothérapie.
D'une manière générale, toute personne pouvant s'exposer à la lumière du soleil peut utiliser sans risque une lampe de luminothérapie. A l'inverse, les personnes sensibles à la lumière doivent consulter un médecin au préalable.
- Effets secondaires
Les effets secondaires de la luminothérapie sont très rares, se limitant généralement à des maux de tête et à de l'irritation au niveau des yeux. Réduire l'éclairement en éloignant l'appareil permet le plus souvent à ces effets de disparaitre. S'ils persistent, il est recommandé de consulter un médecin.
- Sécurité
Les appareils de luminothérapie doivent être testés et agréés avant d'être mis sur le marché. Ils doivent répondre à des normes strictes de sécurité et appartiennent à la catégorie des appareils électro-médicaux, encadrée par la directive européenne 93/42/EEC. Il est ainsi préférable pour la sécurité de l'utilisateur et pour l'efficacité du traitement, de ne pratiquer la luminothérapie qu'avec des appareils spécifiquement destinés à cet usage.
24/10/2007
12 conseils pour bien manger
Comment éviter ou écourter un rhume ?
Douleur abdominale
Cernes et poches sous les yeux : les solutions sans chirurgie
Le sommeil et ses troubles